Yves Lenoble, 50 ans au service de l’art royal de l’astrologie

À l’occasion de la parution du livre de Yves Lenoble, mémoire de l’astrologie en France, « L’astrologie, le grand voyage en soi et dans l’avenir » (1), nous l’avons interrogé sur l’astrologie.

Dans un premier article, il aborde son parcours, les clés du métier d’astrologue.

Acropolis : Vous avez 50 ans de carrière comme astrologue, pouvez-vous nous retracer les grandes étapes de ce parcours et comment êtes-vous arrivé à l’astrologie ?

Yves Lenoble : Avant de débuter ma carrière d’astrologue, parallèlement à des études en sciences humaines, je me suis formé à l’astrologie pendant sept ans auprès d’André Barbault et de Jean-Pierre Nicola. En classe de philo j’étais féru de la caractérologie de René Le Senne et j’ai découvert qu’André Barbault établissait des liens entre les huit types de Le Senne et l’astrologie. La réponse aux tests me classait dans les Flegmatiques (Actif, Non Emotif et Lent) de Le Senne, mon meilleur ami étant lui Colérique (Actif, Emotif, Rapide). Je suis Capricorne, mon meilleur ami était Bélier. Or les petits livres de la collection du Seuil d’André Barbault établissaient la correspondance entre le Capricorne et le Flegmatique et le Bélier et le Colérique. Grâce à l’astrologie on pouvait faire l’économie des tests.
J’ai eu la chance à partir de 1970 de pouvoir travailler à Astroflash sur les Champs-Elysées. Deux cents personnes venaient chaque jour faire faire leur étude astrologique par ordinateur. Je leur donnai le petit plus. Je pouvais également donner à ceux qui le souhaitaient le soir une vraie consultation et par ailleurs proposer à ceux qui le désiraient d’apprendre l’astrologie dans le cadre de l’école de Jean-Pierre Nicola.

Dès 1971, j’introduis dans mes interprétations une nouvelle technique prévisionnelle, la technique des cycles. En fait j’applique en astrologie individuelle la technique des cycles utilisée par André Barbault en astrologie mondiale.

A. : En quelle année avez-vous créé votre propre école d’astrologie ?

Y. L.  : Les circonstances m’ont amené à créer mon école en 1975. Les élèves restaient deux ans et ensuite ils pouvaient continuer à approfondir l’astrologie en participant chaque mois à une soirée astrologique que j’ai organisée dans le cadre de l’ARRC (Association pour la Recherche des Rythmes Cosmiques). Intervenaient à ces réunions des anciens élèves comme Suzel Fuzeau-Braesch ou des astrologues de courants différents du mien, comme Alex Ruperti, Robert Amadou, Joëlle de Gravelaine.

A. : Que représente pour vous l’année 1989 ?

Y. L. : 1989 a été une année de grands changements.
En 1989, au moment où Neptune fait un carré à mon Neptune natal, trois grands changements s’annoncent. Solange de Mailly Nesle crée une école et me propose d’en être l’un des membres fondateurs. Je connais ma consœur et j’apprécie son approche de l’astrologie. J’accepte de cesser mon école et de participer à la création du Gapp que l’on connaît maintenant sous le nom d’Agapè. Je prépare un DESS d’ethnologie sur l’enseignement de l’astrologie à Paris VII et Yves Lecerf, mon responsable de mémoire me propose de donner une série de cours sur l’astrologie à des étudiants en master d’ethnologie.
Enfin je décide en septembre 1989 d’organiser en mars 1990 un colloque autour de la symbolique de Mercure. J’attendais une cinquante de personnes 150 personnes sont venues.
Et je renouvelle l’expérience au Palais des congrès chaque année pendant une douzaine d’années. Aborder chaque année une nouvelle symbolique planétaire me permettait de donner la parole aux représentants des différents courants.

A. : Et dans les années qui ont suivi ?

Y.L. : Mon idée était d’approfondir l’astrologie ancienne.
En 2000 le congrès porte sur les signes fixes. J’y convie les grands chercheurs de l’astrologie ancienne : l’Américain Robert Hand qui vient de lancer un vaste projet de traductions en anglais des textes astrologiques anciens, Denis Labouré qui vient de publier un livre sur Les origines de l’astrologie, Pascal Charvet qui traduit directement du grec le Tetrabiblos de Ptolémée et l’Italien Giuseppe Bezza qui connaît l’ensemble des textes astrologiques en grec, en latin et en arabe. Giuseppe Bezza qui a vécu quelques années en France et parle parfaitement français nous a partagé lors de séminaires et de stages sa vaste connaissance de l’astrologie ancienne. Ces moments furent pour moi un véritable enchantement. Enfin je comprenais le Tetrabiblos, le texte fondateur de l’astrologie sur lequel je me penchais depuis plus de vingt-cinq ans. Parallèlement je tentais à travers l’astrologie des groupes d’établir un lien entre l’astrologie et mes études de psychosociologie, ce qui établissait un pont entre deux disciplines bien séparées : l’astrologie mondiale et l’astrologie individuelle.

A : Pouvez-vous nous présenter l’astrologie en tant que science, art et sagesse ?

Y.L.  : J’aime cette définition de l’astrologie de Raymond Abellio : « L’astrologie est tout à la fois une science, un art et une sagesse ». Le calcul du thème astrologique relève de la pure astronomie et, à ce titre-là, l’astrologie a un côté scientifique au sens moderne du terme. Les logiciels facilitent la tâche de l’astrologue en effectuant rapidement et efficacement toute cette partie « calcul du thème ».
L’interprétation des symboles astrologiques (dix planètes, douze signes et douze maisons) nécessite de respecter des règles bien précises mais surtout elle fait appel au sens des analogies. À ce titre l’astrologie est un art. De même qu’une valse de Chopin sera interprétée différemment selon le pianiste qui joue l’œuvre, de même le rendu de l’interprétation d’un thème dépend de la compétence, de l’expérience et surtout des qualités humaines de l’astrologue.
L’astrologie, enfin est une sagesse car elle témoigne d’un ordre qui nous dépasse. Ce que nous vivons sur terre est de manière subtile en lien avec ce qui se passe dans le ciel. Tout sage de l’Antiquité ou tout sage actuel accordait ou accorde une belle place à l’astrologie mais jamais il n’en fait un absolu.  « Astra inclinant, non nécessitant » (les astres inclinent, ne déterminent pas).

A : Quelles sont les qualités essentielles pour pratiquer l’astrologie ?

Y. L. : Dans la mesure où l’astrologie a une base astronomique et des règles d’interprétation bien précises il est nécessaire d’avoir de la rigueur. Mais, comme l’astrologie est un art, il faut faire appel constamment à l’intuition. Il faut que l’astrologue se lâche et qu’il se fasse confiance. Chaque thème astrologique est unique. Pour parvenir à découvrir la spécificité de chaque thème et son originalité, la rigueur ne suffit pas. Il faut faire appel à ce que Pascal appelait l’esprit de finesse, il faut sentir, avoir de l’empathie et de l’intuition.
La troisième grande qualité entre rigueur et intuition est l’humilité. L’astrologue doit se considérer comme un canal. Se dire qu’en lui-même il n’est rien, s’il a cette attitude d’humilité chaque interprétation est une aventure et au bout d’un certain temps, on entre dans un autre univers, l’univers symbolique. À un moment donné, il décroche du plan terrestre et est dans un autre univers qui est celui de la personne dont il interprète le thème. Il faut être au centre du thème de l’autre personne, ce qui exige de se décentrer de soi-même, s’oublier, ne pas jouer le super interprète qui va tout trouver.
Il faut être complètement loin de soi-même pour qu’on puisse être au cœur de l’autre, et aider l’autre à découvrir son univers. La personne cherche à mettre des mots sur ce qu’elle vit. On n’apprend rien aux gens, on leur permet simplement de confirmer ce qu’ils savent déjà. Trois qualités : rigueur, intuition, humilité.

Dans un second article, Yves Lenoble évoquera les différents courants de l’astrologie contemporaine ainsi que les tendances de l’astrologie mondiales pour l’avenir.

(1) Consulter le blog d’Yves Lenoble pour commander son ouvrage et pour consulter des articles très intéressants sur l’astrologie : www.yveslenoble.com

Propos recueillis par Laura WINCKLER
Co-fondatrice de Nouvelle Acropole France

© Nouvelle Acropole

  • Le 25 mai 2021

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