Polymnie, Muse de la poésie sacrée, retrouver la Beauté et la Mystique

L’auteur fait allusion à Polymnie, dernière des neuf muses, dédiée à la poésie sacrée, aux hymnes et aux danses rituelles. Un appel à retrouver la Beauté et la Mystique.

Aujourd’hui, j’ai vu Polymnie, muse prudente, réservée, circonspecte, modulant des hymnes dans de vieilles langues que nos oreilles ne parviennent pas à comprendre. Au milieu du désert de la vie quotidienne, ce fut une bénédiction réconfortante de percevoir ces sons étranges et rythmiques, porteurs de souvenirs d’ordre et de paix.

Polymnie, dernière des neuf muses, dédiée à la poésie sacrée, aux hymnes et aux danses rituelles.

Polymnie, dernière des neuf muses, dédiée à la poésie sacrée, aux hymnes et aux danses rituelles.

Les Grecs l’appelaient Polymnie… celle des nombreux hymnes, celle du chant sacré, celle des danses rituelles en l’honneur des dieux… Les Grecs l’ont faite belle et discrète, ils ont voilé ses traits pudiques et ont, par contre, ouvert les cœurs pour écouter la mélodie intarissable de la foi devenue musique.
Les Grecs de Polymnie s’y connaissaient dans la force d’un hymne, en tranquillité spirituelle d’un sentiment religieux et, l’ayant laissé chanter parmi les hommes, un beau jour les immortels l’emmenèrent au ciel des immortels pour qu’elle enchante les dieux, croyant que sur la Terre la leçon avait déjà été apprise…
Mais rien de plus loin des hommes que la muse du rythme religieux. À peine savons-nous ce qu’est le rythme. La religion s’est confinée dans de rares réduits et la vulgarité obscène a gagné ses autels. Chants, danses ? La poésie est sur le point de mourir ; on ne chante que la poussière qui balaie les chemins, on ne danse que la dégradation d’un corps humain qui s’y connaît en débilités, en peurs et en mort… Des hymnes ? Pour quoi faire…? Vers qui faire monter des strophes de reconnaissance et d’espérances ? Au nom de quoi renforcer l’âme et le caractère ? Qui rêve de marcher d’un pas ferme vers les étoiles ? Qui cherche à tourner dans l’espace en figures spiralées qui conduisent au trône de Polymnie ?

Pauvre muse qui est descendue sur la Terre, et a assumé de fugaces visions aux yeux des hommes déshérités…? Il nous faut profiter de ton apparition et reprendre les rites de mystique et de beauté…

Des rites de mystique et de beauté à retrouver

Nous sommes au mois de mai, le mois de la Vierge, des fleurs qui s’ouvrent devant les rayons renouvelés du soleil, c’est le mois du parfum et des brises chaudes qui présagent la vie éternelle, par-delà les ombres de l’hiver. En ce mois de mai, donc, nous essaierons de recouvrer la douceur discrète de tes voiles et la réserve de ton regard limpide qui ne sait que les anges et les dieux.

Nous guérirons nos corps par l’harmonie et le rythme de la danse.

Nous guérirons nos corps par l’harmonie et le rythme de la danse.

En ce mois de mai, nous essaierons d’harmoniser nos voix pour entonner de vieilles chansons qui parlent de l’homme et de son chemin ascendant ; nous guérirons nos corps par l’harmonie et le rythme de la danse.
En ce mois de mai, nous commencerons à veiller à nos paroles, nos gestes, nous multiplierons nos sourires et modèrerons nos impulsions, dans une tentative pour convertir en attitude sacrée chacun de nos mouvements.
En ce mois de mai, ton nom, Polymnie, sera une nouvelle promesse de pureté et de fertilité. Nous te verrons dans les fleurs et dans les nuages, dans les enfants et dans les oiseaux, et nous aurons appris l’art de tes vieux hymnes. Nous aurons appris le langage perdu que comprennent les dieux et que nous, les hommes, avons oublié depuis que nous avons abandonné la prière.

Oraison, prière, chant, danse aux pas sévères, rythme, hymne, joie ; printemps, foi et espérance. Tout cela, je l’ai vu, parce qu’aujourd’hui, j’ai vu Polymnie.

Traduit de l’espagnol par Marie-Françoise TOURET
N.D.L.R. : Le titre, le chapeau et les intertitres ont été rajoutés par la rédaction
Par Délia STEINBERG-GUZMAN