Nouvelle Acropole, un nouveau paradigme pour une nouvelle éducation

Dans l’âge du doute et de tous les possibles, quelle boussole peut nous aider à nous orienter durablement ?  La confiance en soi, la capacité de résilience, la conscience  éclairée d’une destinée commune à l’humanité sont des biens intérieurs atemporels que cultivent depuis toujours les écoles de philosophie.

Quelle boussole peut nous aider à nous orienter durablement ?

Quelle boussole peut nous aider à nous orienter durablement ?

La caractéristique principale de Nouvelle Acropole est de proposer une vision unitive, qui renoue les liens de l’homme avec lui-même, les autres et son environnement, visible et invisible. Ce triple niveau de relation qui configurait l’humanisme de la Renaissance,s’est depuis dilué dans le matérialisme scientiste : l’homme orphelin compense par les techniques de développement personnel la perte du lien spirituel. Il faut entendre par spirituel non pas l’obédience à une religion particulière mais le souffle vital qui traverse et anime toutes les dimensions du vivant.
La tendance holistique de retour à la nature pour une vie plus saine et respectueuse de l’environnement, propre aux mouvements de transition, secoue positivement les consciences et doit aussi nous alerter sur la principale espèce en danger : l’homme dénaturé (1).

Le développement de l’homme intérieur

À Nouvelle Acropole, nous avons comme objet de développement l’homme intérieur à travers la recherche des valeurs permanentes : notre école de philosophie « à la manière classique » n’est pas simplement un lieu pour étudier mais « pour se former soi-même, pour pouvoir contrôler notre corps, contrôler notre mental et ouvrir notre cœur : à la façon des anciens mystères, nous reconnectons l’homme à lui-même. » (2)
À partir des sources de sagesses atemporelles, dont l’approche comparée des pensées (philosophies) de l’Occident et l’Orient, l’étudiant va déduire un réseau de significations propres à développer la pensée analogique, sans jamais tomber dans le syncrétisme ou la confusion des genres simpliste.

Le cycle probatoire de Nouvelle Acropole s’articule autour de 3 matières complémentaires, l’éthique, la sociopolitique et la philosophie de l’histoire que l’on peut associer aux 3 axes de déploiement de la conscience : le lien à soi-même, aux autres et à l’univers.

L’homme-pont a la tête dans les étoiles et les pieds sur terre

L’homme-pont a la tête dans les étoiles et les pieds sur terre

L’homme, pont entre le Ciel et la Terre

L’homme-pont a la tête dans les étoiles et les pieds sur terre ; il sait regarder les autres êtres vivants avec bienveillance, sans désir de possession ; et il se tourne vers sa propre intériorité au lieu d’attendre de son image sociale des réponses à ses questions existentielles.
Ni homme des bois ni écolo du dimanche, c’est un homme naturel et simple car riche de son intériorité patiemment construite dans le service et l’engagement.
L’homme-pont est cet être humain réconcilié avec ses contradictions. En effet, sans activité symbolique ou pouvoir de l’imaginaire capable de contenir les paradoxes de l’existence, la raison toute puissante assèche l’âme et enferme dans des catégories figées. Et l’on constate que « malgré la sécularisation de nos sociétés contemporaines, le fond archaïque symbolique de l’être humain n’a pas disparu mais les traces du sacré se retrouvent aujourd’hui camouflées dans nos pratiques quotidiennes » (4).

Le modèle du guerrier de la paix nous inspire : sortir du sentiment d’impuissance orchestré par les « Maîtres de la caverne » (5), recouvrer la force morale, oser les justes combats pour un monde de solidarité et de bien commun en sont les moteurs. « Apprendre à croire en soi, passer une à une les étapes de son parcours intérieur en dévoilant peu à peu son potentiel est la seule voie opérationnelle pour découvrir la liberté de son propre destin. » (6)

Chacun de nous doit se compléter, se polir au travers d’expériences multiples pour révéler la perle cachée en chacun

Chacun de nous doit se compléter, se polir au travers d’expériences multiples pour révéler la perle cachée en chacun

Le défi du bien vivre ensemble

Nous faisons nôtre l’aphorisme de Gandhi que tout monde nouveau et meilleur s’appuie sur notre propre transformation. L’accélération de nos modes de vie et la tyrannie de l’information en temps réel peuvent donner l’illusion d’un sentiment de proximité et d’appartenance à l’humanité mais c’est déjà l’implication citoyenne au quotidien sur nos lieux de vie qui tisse les liens durables d’une véritable solidarité. Lorsque nos intérêts propres semblent menacés et que le repli séparatiste nous guette, nous avons besoin de nous rappeler de ce qui nous unit avant ce qui nous sépare. C’est le rôle d’un idéal philosophique de mailler les différences autour d’une vision unitive, riche de l’expression de ses différences.

Éveiller le meilleur en soi-même pour mieux s’ouvrir aux autres

C’est pourquoi notre programme éducatif s’appuie sur la très ancienne doctrine de l’évolution selon laquelle chacun de nous doit se compléter, se polir au travers d’expériences multiples pour révéler la perle cachée en chacun. À cet égard la philosophie n’est plus une discipline parmi d’autres, un ornement intellectuel : c’est un questionnement et une pratique de l’art de vivre et de servir. L’éducation philosophique tend à éveiller le meilleur du potentiel de chacun dès le plus jeune âge, à conquérir l’autonomie face à tout type de dépendance, intérieure ou extérieure. Elle s’appuie sur une pédagogie qui prend en compte tous les besoins de l’être humain et une mise à l’épreuve respectueuse des caractéristiques individuelles de chacun.
La fraternité se nourrit d’esprit de sacrifice, pas de déclarations d’intention. L’égalité se trouve dans le respect intrinsèque auquel a droit tout être humain mais la dignité se gagne par les choix de vie et d’engagement. Seules des finalités transcendantes peuvent nourrir le sens d’un destin commun.

Est libre celui qui sait obéir à sa loi d’action intérieure dit Lao Tseu, pas aux diktats de ses désirs passagers. Cette loi que les Orientaux appellent le dharma (et dont le pendant est la loi de rétribution karmique où chacun récolte ce qu’il a semé) s’appuie sur une vision holistique du vivant où chacun a sa place et son rôle à jouer, s’il en décide ainsi.

Seules des finalités transcendantes peuvent nourrir le sens d’un destin commun.

Seules des finalités transcendantes peuvent nourrir le sens d’un destin commun.

La responsabilité de l’homme vis-à-vis des autres règnes

C’est celle de la plus grande responsabilité, comme le dit la philosophe Délia Steinberg Guzman (7). L’homme fait partie de la nature mais il n’en est pas le maître. Une véritable écologie commence par une écologie de l’esprit, le savoir-penser qui gouverne nos sentiments et nos actes.
Et qui écrit le grand livre de l’histoire ? Avons-nous quelques lignes à y tracer ?
L’étude des cycles historiques que l’on trouve déjà dans les Puranas(8) et autres textes sacrés de l’Inde ancienne, révèle de troublantes analogies avec la vision platonicienne et apporte un éclairage puissant sur les soubresauts de notre période historique. Et c’est justement dans ces périodes d’incertitude que peuvent émerger les potentiels latents enfouis au cœur de chacun.

Nouvelle Acropole se veut un module de survie qui participe à ce grand souffle de la transition, engageant chacun à se faire acteur d’un défi majeur en assumant notre responsabilité historique.

(1) Éditorial de Fernand Schwarz, Qu’est-ce qu’une vie humaine ? Revue Acropolis, n°294, mars 2018
(2) Jorge Angel Livraga, interview réalisée au Salvador, 1990
(3) Historien des religions roumain (1907-1986), pour qui la principale caractéristique de l’homme est sa conscience du sacré, du « tout autre »
(4) Le sacré camoufléou la crise symbolique du monde actuel, Fernand Schwarz, Éditions Cabedita, 2012, 4ede couverture
(5) La Républiquede Platon, Livre VII
(6) Persée, le guerrier de la paix, Fernand Schwarz, Editions Acropolis, 2016, 110 pages
(7) Directrice internationale de Nouvelle Acropole depuis 1991. www.nouvelle-acropole.fr
(8) Textes littéraires sanscrits référencés chez les hindous et les jaïnistes, composés entre 400 et 1000 de notre ère, traitant à la fois des mythes religieux, divinités hindoues, légendes et contes traditionnels et des histoires de rois, incluant également des réflexions sur la cosmogonie, la cosmologie, les généalogies, la médecine, l’astronomie, la théologie et la philosophie
par Sylvianne CARRIÉ

Humanitas
Portrait de l’Humanité qui s’éveille
Par Jean-Luc LEFEBVRE
Les Éditions du net, 2018, 185 pages, 15 €

Nous sommes à la fois acteurs et spectateurs de la transformation la plus profonde ayant affecté notre espèce. Au XXIe siècle, se profile l’avénement d’une humanité consciente d’elle-même, Humanitas. L’auteur en fait la définition : « Organisme planétaire constitué par l’ensemble structuré des êtres humains, de leurs créations et de leurs relations physiques, sociales, culturelles et spirituelles. »Humanitaspeut se résumer en trois termes : Unité, cohérence et diversité.
Une humanité qui devrait être plus responsable et plus solidaire. Comme le dit l’auteur «  Se comporter durant notre brève existence en cellule active d’Humanitas, solidaire de nos consœurs, coopérant en pleine conscience au développement harmonieux d’un organisme qui nous transcende. Voilà de quoi donner sens à notre vie ! » Un être dont le corps en en pleine croissance (sept milliards et demi de cellules humaines), qui dispose d’une intelligence collective, un cœur sensible et une conscience.