Ne laissons pas la fatalité décider à notre place !

Le déconfinement a bien évolué depuis le mois de mai et tout le monde est heureux de se retrouver physiquement, et bien qu’il faille respecter les gestes-barrière, la convivialité s’installe. Tout le monde s’accorde à dire qu’aucun écran ne peut remplacer la relation directe entre les êtres humains.

Maintenant nous sommes dans « l’après », et c’est le moment de réfléchir sérieusement au mode de vie dans lequel nous voulons nous engager et quels attitudes et comportements nous devons modifier si nous voulons véritablement changer.
Le confinement a permis à plusieurs d’entre nous de pratiquer davantage d’introspection et de vivre plus sobrement pour mieux nous retrouver et reconsidérer la vie que nous voulons mener.
Nous avons réalisé collectivement que l’adversité fait partie intégrante de la condition humaine et que ce que l’on vit aujourd’hui peut être utile, en dépit des désagréments, des incertitudes et des peurs.
Le sens des épreuves humaines est le propre de la philosophie. Elles conduisent généralement vers l’espoir et le sacrifice.
Demain ne sera pas forcément mieux qu’aujourd’hui mais nous pouvons le rendre meilleur en nous transformant et en accompagnant nos semblables dans la même direction.

Les épreuves ne peuvent pas être vécues en soumission mais en liberté.
La liberté des philosophes est celle de choisir de changer, de se transformer et de devenir meilleur malgré les circonstances. Bien sûr, nous sommes également libres de rester tels quels, ou de changer en pire. Mais ces formes de liberté contiennent un piège parce que, dans un monde qui évolue et se transforme, celui qui n’avance pas recule, et finit par être saisi par la peur et se replier sur lui-même.

C’est l’heure de se tenir à ses propres résolutions, de réaliser les actions que nous avons conçues comme étant les meilleures pour nous-mêmes et notre entourage. Il s’agit d’honorer un engagement intérieur avec des actes. Nous pouvons libérer cet homme intérieur, l’homme réel que chacun porte en soi et que certains d’entre nous ont retrouvé dans le confinement.

La philosophie nous conseille de voir l’avenir avec prudence, vertu par excellence capable de nous tenir loin des extrêmes. Entre l’inertie et le danger, la prudence est le sens de l’action positive. Comme l’explique Bertrand Vergely, il n’y a pas de frilosité en elle, mais bien plutôt une dynamique créatrice. « Il est prudent d’aller de l’avant sans fuir en avant ».

Selon le philosophe Hartmut Rosa (1) l’avenir dépend, non pas de notre savoir mais de notre action.
Ne laissons pas la fatalité décider à notre place !

(1) Sociologue et philosophe allemand, qui fait partie d’une nouvelle génération de penseurs travaillant dans le sillage de la théorie critique (École de Francfort)
Par Fernand SCHWARZ
Président de la Fédération Des Nouvelle Acropole