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« L’Univers comme réponse »

Entre 1966 et 1991, Jorge Angel Livraga, fondateur de l’organisation internationale Nouvelle Acropole a donné de nombreuses conférences dans le monde. Dix-sept d’entre elles ont été regroupées dans un ouvrage récemment paru, « Comment s’incarnent les rêves » (1), à l’occasion du trentième anniversaire de sa mort en 2021.

Les conférences sont organisées dans trois grandes thématiques, base du programme d’études de Nouvelle Acropole : l’éthique, la sociopolitique et la philosophie de l’histoire.

Dans un premier extrait (2) de la conférence intitulée Comment s’incarnent les rêves, Jorge Angel Livraga s’est intéressé aux rêves en tant qu’espoirs, en tant qu’archétypes, c’est-à-dire tout ce qui se trouve derrière les choses physiques.

Dans un deuxième extrait d’une conférence, L’univers comme réponse, Jorge Angel Livraga nous fait découvrir le sens qui se cache derrière l’univers, en réfléchissant aux qualités et vertus liées au fonctionnement des éléments qui le composent. Une nouvelle manière de rentrer dans le sens caché des choses.

« Nous parlons fréquemment des étoiles, des planètes, des animaux, du ciel, de la terre, de l’eau, de la neige, et nous oublions le sens réel et la signification du mot « univers ». L’Homme s’interroge sur l’ensemble de la Nature, où il est lui-même intégré, mais il perd habituellement l’idée centrale à laquelle se réfère ce mot.
L’univers signifie ce qui va vers une partie unique, et ce qu’il nous faut découvrir, c’est vers où. Cette approche fut peut-être la première de l’humanité. Toutes les civilisations anciennes se sont demandé, à travers leurs religions, leurs métaphysiques, leurs philosophies, vers où marche l’univers et pourquoi. Mais les nouvelles aliénations de type matérialiste, surtout à l’époque postcartésienne, nous font des propositions différentes et alors l’homme commence à analyser les caractéristiques de l’univers, sa taille, sa forme, son poids, etc.

L’homme prétend connaître l’univers, parce qu’il a donné des noms aux étoiles, parce qu’il a mesuré la distance de la Terre à la Lune, parce qu’il connaît la relation des éléments chimiques, les caractéristiques des forces physiques, et pourtant, dans cette forme d’éclaircissement des connaissances, bien qu’il ait été possible d’approfondir chacun de ces domaines, ils se sont séparés les uns des autres. On enseigne, par exemple, en minéralogie, les différentes caractéristiques des roches, les mouvements orogéniques (3), qui ont apporté des changements à la surface de la Terre. Cependant, on n’enseigne pas le sens fondamental des choses matérielles.

Le sens fondamental des choses matérielles

Supposons que nous prenions n’importe quel objet et que nous le lâchions d’un coup ; nous remarquons qu’il tombe et cherche toujours le lieu le plus bas. Il y a toujours une attraction naturelle entre ce petit morceau de matière et le grand morceau où nous sommes. Cette attraction matérielle est inlassable. Que pouvons-nous dégager alors de la nature du minéral ? Nous pouvons en dégager une ténacité, une recherche de destin ; et qui d’entre nous peut dire que nous partageons avec les pierres cette recherche de destin ? Généralement, lorsque nous rencontrons une difficulté, nous la combattons pendant un temps et, si la difficulté ne cède pas, nous cédons nous-mêmes. Les choses de la Nature, les pierres par exemple, ont la ténacité d’être au-delà du temps, et de chercher toujours leur destin final.

Le sens final du fonctionnement des choses

On enseigne à nos enfants les différentes caractéristiques des plantes ; on connaît par exemple le phénomène qui permet à une plante de synthétiser la chlorophylle, mais on passe sous silence le fait qu’au-delà de tout phénomène lumineux, la plante a la capacité de savoir attendre et de savoir grandir. Une petite graine, enfouie dans la terre en hiver, sous la neige, attend patiemment l’avènement du printemps. Quand il arrive, cette petite graine se lève et cherche l’air et le soleil. C’est un autre enseignement de ténacité, de verticalité et, du point de vue philosophique, nous nous intéressons au sens final du fonctionnement des choses.

De même, peu importe où nous la versons, l’eau coule à la recherche de la mer, dans la mer elle s’évapore, monte à nouveau, se condense et reforme un grand cycle. L’univers entier a une finalité. Évidemment, dans les nouvelles conditions de vie des derniers siècles, aliénés par les choses matérielles, avec une psychologie de production et de consommation, l’homme a oublié les éléments naturels et leur interprétation. Les Anciens ne s’interrogeaient peut-être pas avec autant d’efficacité sur la distance de la Terre à la Lune mais ils essayaient de comprendre ce que la Lune signifiait dans l’univers. À travers des sciences anciennes comme l’astrologie et d’autres, ils essayaient d’interpréter le phénomène naturel et de voir de quelle manière il s’articulait avec ce phénomène qui s’appelle Homme. Et cela donnait à l’homme de l’Antiquité le sentiment d’être accompagné d’êtres intelligents et de l’être lui-même. »

(1) Jorge Angel LIVRAGA, Comment s’incarnent les rêves, Éditions Nouvelle Acropole, 2021, 288 pages, 17 €
(2) Extrait paru dans la revue Acropolis N° 335 (janvier 2022) « Comment s’incarnent les rêves »
https://www.revue-acropolis.fr/comment-sincarnent-les-reves-2/ 
(3) Orogénique : qui concerne l’étude des mouvements de l’écorce terrestre
par Jorge Angel LIVRAGA
Fondateur de Nouvelle Acropole international
La revue Acropolis est le journal d’information de Nouvelle Acropole
© Nouvelle Acropole

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