L’homéopathie, un effet placebo ?

Le débat récent sur l’homéopathie et son efficacité non mesurable chimiquement (bien que la grande majorité des Français qui l’utilisent puissent en éprouver des bénéfices objectifs pour leur santé) nous amène à une réflexion et une question : même si une médecine douce amène des effets positifs sur la santé uniquement par le biais de l’effet placébo, cela ne justifierait-il pas de la garder parmi les moyens de traitement ?

Quelle est la préoccupation de santé publique ? Utiliser telle ou telle médecine ou médicament, ou permettre aux personnes de se soigner efficacement, quelque soit le produit utilisé ? Si l’on appliquait à la psychologie les mêmes raisonnements qu’à l’homéopathie, combien de pratiques ou de praticiens survivraient ? Car tous ces domaines ne sont-ils pas liés à la spécificité de chaque individu et donc à la non-reproductibilité exacte des observations de cet exercice ?

Homéopathie, effet placebo ?

Homéopathie, effet placebo ?

Le mental de l’individu influe sur sa guérison

Quant à l’effet placebo (1) en tant que tel, qui est tellement pris au sérieux par les laboratoires que tous les tests sur médicaments en mesurant les effets sont fait en « aveugle », « double aveugle », « triple aveugle » … afin de le contourner (ce qui est donc la preuve de sa réalité), on sait aujourd’hui qu’il n’est pas seulement « dans votre tête ! ».

Il a été mesuré que la conviction profonde qu’a un individu de l’effet d’un médicament va déclencher dans son corps, via son cerveau, les mêmes modifications physiologiques que la substance chimique du vrai médicament, et que la production par le corps de ces vraies molécules déclenchera la guérison de la même façon.

Notre corps se nourrit également d’informations

Ainsi, outre le combat et les luttes de pouvoir (économique) entre laboratoires et alternatives médicales, nous sommes également face à une lutte de paradigme, de représentation du monde entre une science purement matérialiste (« nous ne trouvons pas de traces de molécules dans ce produit »), et les médecines douces « immatérielles ».

Celles-ci ont découvert ou redécouvert ce qu’on appelle dans d’autres domaines de la science la « théorie de l’information » et que la physique quantique a également mesurée, à savoir qu’une information peut être transmise par une matière qui en a été imprégnée, même si elle ne possède plus de traces physiques de ce qui en a été la cause.

Un rapport avec la mémoire de l’eau dites-vous ? … Sujet très polémique. Mais cela ne serait-ce pas la raison profonde du débat ?

Et par ailleurs elles utilisent aussi ce que les neurosciences ont maintenant prouvé, à savoir que notre cerveau, notre pensée peut modifier notre corps.

La psychologie et la psychiatrie nous montrent qu’il existe des méthodes de soins non chimiques qui soignent non seulement l’âme mais le corps, ce que les enseignements antiques nous ont transmis en savoir comme en pratique, de multiples façons : par les techniques de méditation, yoga, tai chi, qi gong, zen, …, en préventif comme en curatif (voir la méditation Pleine Conscience réintégrée par Kabat Zin dans ses soins).

La cause des maladies dans le plan mental et spirituel ?

La « philosophie pratique » antique, visant à harmoniser esprit, âme et corps, jouait ainsi un rôle préventif dans l’équilibre de santé de l’individu, même si cela n’en était pas le but premier. Dès l’Antiquité, les maladies du corps étaient considérées par de nombreux philosophes comme ayant leur siège dans le mental ou le spirituel (Platon, Confucius, et d’autres l’ont mentionné). En médecine chinoise, il est clairement établi que « se préoccuper de sa santé lorsque la maladie est là est aussi insensé que de se préoccuper de forger son épée au cœur de la bataille ».

Lorsque la maladie est dans le corps, c’est souvent la dernière étape d’un processus long. Avant, elle était dans le plan énergétique sous forme de stagnation ou de déficience, elle-même produite par la sphère émotionnelle qui va « bloquer » les énergies (comme lorsque vous ne pouvez rien avaler lors d’un repas de famille où explose un conflit fort), et souvent les émotions fortes sont une réponse à une incapacité à accepter ce que nous avons à vivre (sur le moment ou plus durablement) et ce que nous voudrions ou considérions juste comme devant nous arriver.

D’où les préceptes de pensées philosophiques « si tu ne peux vivre ce que tu aimes, apprends à aimer ce que tu dois vivre » (Sénèque)… La force morale au service de la santé…

Mais ceci peut être difficile à vivre aujourd’hui. D’où l’importance à attacher à la dimension psychologique de la santé et des moyens de l’entretenir ou rétablir.

S’ouvrir à l’altérité et à la complémentarité des formes des médecine

Aujourd’hui, de plus en plus de nos concitoyens, sont malades (maladie de l’existence autant que de maladie physique),et qui se préoccupe de rétablir durablement ces grands équilibres dont nous parlaient les Anciens ?

Il nous paraît ainsi très important de préserver toutes les formes de médecine, la santé et la préservation de la santé devant être l’essentiel et non le moyen pour y parvenir.

Mais cela demanderait aussi de s’ouvrir à l’« altérité » en matière de vision de la médecine, et de travailler la complémentarité des approches et des médecines, de façon à ne pas tomber dans le piège de retarder des traitements devenus indispensables par l’usage exclusif de traitements « alternatifs».

En Chine, l’expérience montre le très grand intérêt d’une meilleure complémentarité entre l’usage de la médecine moderne occidentale et de la médecine traditionnelle chinoise.

Un changement de paradigme disait-on…

(1) Effet subjectif, mais réel, produit sur une personne par un médicament n’ayant pas d’efficacité démontrée.
Par Jean-Pierre LUDWIG