Les fêtes de fin d’année, retrouver le sens des traditions

Décembre est le dernier mois de l’année mais également le moment où la lumière du soleil est au plus bas, pendant que la nature organise sa vie sous terre, le moment où l’on organise les festivités de Noël et enfin la fin d’un processus et son renouveau. Une période riche en symboles qui rendent les traditions toujours vivantes.

Extérieurement, dans la nature tout paraît mort. La vie se concentre complètement dans le monde souterrain, elle germe dans l’invisible en attendant qu’elle s’éveille au printemps prochain.

Le 21 décembre, jour du solstice d’hiver, la lumière visible est la plus faible, le jour est le plus court de l’année, la nuit est la plus longue.

De la lumière à l’obscurité

Le début de l’hiver commence le 21 décembre, jour du solstice d’hiver. La lumière visible est la plus faible, le jour est le plus court de l’année, la nuit est la plus longue. La crainte est que le soleil ne se lève plus, d’où le symbole de la fête du Sol Invictus, le soleil invaincu, qui a triomphé des ténèbres.

Au Solstice d'Hiver, la partie de la Terre de l'Hémisphère Nord est plongée dans l'obscurité.

Au Solstice d’Hiver, la partie de la Terre de l’Hémisphère Nord est plongée dans l’obscurité.

La renaissance

Le solstice d’hiver symbolise le renouveau qui naît à Noël, d’où la faible lumière des bougies, et la naissance d’un enfant innocent, potentiel originel, qui inaugure la promesse d’un futur qui apportera à nouveau la lumière, la paix, la joie et la chaleur.

"Sol Invictus", Soleil invaincu

« Sol Invictus », Soleil invaincu.

Noël viendrait de Nouvel Hélios, qui signifie nouveau soleil.
Noël est la naissance de l’enfant, le « sauveur ». On dit que Mithra et Krishna seraient nés le même soir que le Christ. Nés au cœur de la nuit la plus longue de l’année, au moment où l’on touche le fond, au bout de l’année, là où tout semble mort.
Les premiers chrétiens orientaux primitifs et les juifs fêtaient la naissance du Christ le 6 janvier – date de l’épiphanie et du baptême du Christ dans le fleuve le Jourdain, considérée comme la véritable naissance spirituelle –. Au IVe siècle Rome fixe la naissance du Christ le 25 décembre, fête de la lumière, « soleil de justice » ou « lumière du monde ».

Entre le 21 décembre et le début janvier, la lumière du soleil est au plus bas et ensuite elle augmente jour après jour, de même que les jours rallongent, comme une promesse de salut.
Le moment du solstice nous permet de prendre conscience de la présence de l’esprit dans la matière comme un éclair de lumière dans l’obscurité, qui grandira jour après jour.

De l’intériorisation aux fêtes

De même que la vie germe sous terre, l’hiver est une saison propice à l’intériorisation. La nuit tombant vite, chacun rentre chez soi pour se consacrer à ses activités mais également pour s’intérioriser, réfléchir à l’année écoulée, faire le bilan des réussites et des efforts restant à fournir, avant de se lancer dans la nouvelle année et de nouveaux projets.
Noël est également une période de fraternité, de paix d’amitié et de confiance. Tout peut devenir plus lumineux ; on voit, on entend, on comprend ! il est un appel puissant à sortir de nous-mêmes et à initier des gestes généreux qui créent le bonheur. C’est l’époque des rencontres familiales et d’amitié, des échanges de cadeaux, de nourriture et de repas, un appel à un nouveau cycle de richesses et de prospérités que la nouvelle période doit engendrer.

Les symboles de Noel

À Noël, nous retrouvons des symboles qui nous rappellent des traditions toujours vivantes au cours des siècles : les étrennes, les cartes de Noël, les repas de fêtes et les veillées, la guignolée, le Père Noël, le sapin, le houx, la couronne de l’Avent, les bougies, les illuminations et les bûches et la fête de la Saint-Sylvestre.

          Les cartes de Noël et les étrennes

La première carte de vœux est à l'initiative de Sir Henry Cole en Angleterre.

La première carte de vœux est à l’initiative de Sir Henry Cole en Angleterre.

Publiée pour la première fois en Angleterre au siècle dernier à l’initiative de Sir henry Cole, la carte de vœux est devenue une habitude, un lien avec ceux que l’on aime, dans les pensées et le cœur. Des souhaits de bonheur pour la nouvelle année.
Les étrennes est une coutume empruntée aux Romains pour fêter la nouvelle année. On consacrait des branches d’arbres à la déesse Strenae. À des branches d’arbre, les Romains substituèrent des figues, des dattes, du miel, des pièces d’argent, vêtements, objets précieux, meubles… puis cadeaux de toutes sortes.

          Les repas des fêtes, les veillées et la guignolée

Noël est l’occasion des repas de fêtes, des rencontres, l’oubli des vieilles rancœurs pour faire place à la bienveillance et à la joie, dans la famille comme dans les amitiés. On porte un toast, on boit à la santé de la nouvelle année jusqu’à en avoir parfois le nez rouge ! C’est également l’époque des veillées de Minuit pour les chrétiens qui prient et attendent ensembles la venue du Christ.

La guignolée est un partage généreux avec les plus démunis de la société. Collectes de vêtements, de nourriture non-périssable (paniers de Noël), argent mais également repas de Noël sont organisés par des particuliers et des associations humanitaires.

          Saint Nicolas (Santa Claus, Nicolaus) et le Père Noël

Saint Nicolas est représenté avec son habit, sa mitre et sa crosse d’évêque.

Saint Nicolas est représenté avec son habit, sa mitre et sa crosse d’évêque.

Saint Nicolas était évêque de Myre, en Turquie au IVe siècle. Il est représenté avec son habit, sa mitre et sa crosse d’évêque. On dit qu’il a ressuscité trois enfants assassinés par un aubergiste et mis au saloir. Il a lancé trois bourses remplies d’or à trois jeunes filles, pour qu’elles puissent avoir la dot nécessaire à leur mariage. Saint Nicolas est fêté le 6 décembre et est le patron des écoliers, des pêcheurs, des débardeurs, des brasseurs, des pélerins et des aubergistes.

Le Père Noël a un visage rose, une barbe blanche, un habit rouge.

Le Père Noël a un visage rose, une barbe blanche, un habit rouge.

Associé au Dieu Thor germanique, au XVIIe siècle, Nicolas est relié au Père Noël. Il proviendrait d’Angleterre ou de Finlande, ou encore de New-York aux États-Unis. Il a un visage rose, une barbe blanche, un habit rouge, il porte à rire et à se détendre, et les enfants le connaissent bien. Des rumeurs courent selon lesquelles la marque Coca Cola aurait lancé la mode du Père Noël habillé de rouge. Il vient le soir de Noël sur son traîneau dirigé par des rennes et, avec sa hotte de cadeaux, il rentre par la cheminée et dépose dans chaque foyer le cadeau demandé par les enfants. Tino Rossi en a fait une chanson célèbre Petit Papa Noël en 1946, en hommage aux enfants dont les pères étaient absents du fait de la guerre.

         

Le sapin, le houx et la couronne de l’Avent

Le sapin ou épicéa étant lui-même devenu une belle pyramide vivante et naturelle, on transféra peu à peu toute décoration au sapin.

Le sapin ou épicéa étant lui-même devenu une belle pyramide vivante et naturelle, on transféra peu à peu toute décoration au sapin.

Au Moyen-Âge on dressait un arbre « arbre du paradis », garni de pommes en souvenir d’Adam et Êve. Il y avait également la Pyramide de Noël, poteau ornée de verdure et de boules de verre colorées. Au sommet de ce mat était fixé une bougie symbolisant l’étoile d’Orient. Le sapin ou épicéa étant lui-même devenu une belle pyramide vivante et naturelle, on transféra peu à peu toute décoration au sapin : boules et pommes. Le Christ, nouvel Arbre de vie est également le nouvel Adam venu apporter la vie au monde.
Le sapin reste toujours vert même en hiver, et sa couleur symbolise l’espérance, l’éternité, la vie qui dure au-delà des saisons.

Du temps des Romains, pendant les fêtes saturnales, on offrait des guirlandes de houx aux jeunes mariés ou à ses amis en guise de vœux. C’est comme un mini-sapin décoré, feuilles vertes et baies rouges.

Une couronne de verdure avec quatre bougies érigées était placée dans la maison au début de l’Avent (entre le 27 novembre -3 décembre, jusqu’au 24 décembre) et chaque jour, la famille se rassemblait devant elle pour se préparer intérieurement à Noel. Chaque dimanche on allumait une bougie et plus on approchait de Noël, plus il y avait de lumière. On attendait la naissance du Christ.

Couronne de l'Avent.

Couronne de l’Avent.

          Les bougies et les illuminations

Dès les premiers siècles, on dressait la veille de Noel une grande bougie allumée, symbolisant le Christ. La bougie brillait à l’intérieur des maisons, annonçant la foi de ses habitants. Les Slaves plantaient une bougie sur une miche de pain.
Au XVIe siècle, en Allemagne, on se mit à allumer des feux et des lumières en décembre, comme symboles de l’Avent. En Irlande on plaçait des lumières aux fenêtres des maisons durant la semaine de Noël. C’est à Boston que naquit en 1912, la coutume de dresser de grands arbres de Noel illuminés dans les endroits publics.

          Les bûches

Une grosse bûche était portée à la maison en grande cérémonie. Elle devait être brulée dans l’âtre pendant la saison.

Une grosse bûche était portée à la maison en grande cérémonie. Elle devait être brulée dans l’âtre pendant la saison.

Vers le Haut-Moyen-Age, une grosse buche était choisie avec soin et portée à la maison en grande cérémonie parmi les préparatifs de Noel. Elle devait être brulée dans l’âtre pendant la saison. Comme la bougie, elle invite au rassemblement autour de l’âtre pour une expérience intérieure et pour l’intimité. Les morceaux non brulés étaient mis de côté et conservés, parce que la nouvelle bûche de l’année suivante devait être allumée avec du bois de l’ancienne, en une merveilleuse continuité.
Quant aux cendres, on les recueillait soigneusement et à la Chandeleur (en février), et les fermiers devaient les répandre sur les champs pour en assurer la fécondité.
Quand on déguste une bûche en chocolat, elle représente toute la joie et l’intimité qu’apporte la période des fêtes.

         La crèche

La crèche de Noël, représentant la naissance du Christ (Nativité), est une tradition importante de Noël qui remonte au IIIe. Siècle. Jésus est né dans une étable et aurait été déposé dans une mangeoire (cripiaen latin,) d’où l’origine du mot « crèche ». La crèche désigne aujourd’hui l’étable toute entière et les personnages qui y sont présents. Au XIIIesiècle, saint François d’Assise instaure la tradition avec des personnages vivants puis au XVIe siècle des figurines les remplacent et sous la Révolution, les crèches apparaissent dans les maisons. Au XIXesiècle, la crèche provençale avec la présence de santons en costume local devient très populaire. Dans la nuit du 24 au 25 décembre, on dépose l’enfant Jésus dans la crèche autour de Marie et Joseph, en présence d’un âne, d’un bœuf et d’un berger et ses agneaux. Plus, tard, les Rois mages y seront déposés. On peut y mettre une étoile, en relations avec l’étoile qui guida les Rois Mages vers l’enfant Jésus.

La crèche représente la Nativité (naissance du Christ). Elle devient populaire en Provence.

La crèche représente la Nativité (naissance du Christ). Elle devient populaire en Provence.

         La fête de la Saint-Sylvestre

Décembre c’est enfin les fêtes de la Saint Sylvestre, à cheval sur deux mois (décembre et janvier) et sur deux années, comme Saint Sylvestre qui fut élu pape, un an après l’édit de Constantin, mettant fin aux persécutions et proclamant le christianisme religion officielle de l’Empire.
Le 31 décembre marque donc la nuit de transition ou la mi-temps d’une période de douze jours qui va de Noël à l’Épiphanie (fête de Noël chez les Orientaux), période pendant laquelle tout peut arriver, période d’exorcisme, de purification et de régénération, de pause et de repos.

Ainsi à travers toutes ces traditions, s’exprime le besoin de l’homme de vivre plus consciemment les cycles de la vie et de la nature pour mieux en comprendre le sens, prendre contact avec sa vie intérieure, et renaître de l’obscurité, régénéré et prêt à aborder la nouvelle année avec courage et détermination.

Par Marie-Agnès LAMBERT