L’écologie en action  

C’est précisément un sujet qui, jour après jour, remplit les pages des publications, au point de se transformer en une authentique préoccupation pour tous les hommes.

 

On parle de sauver la Nature, d’éviter les contaminations, de réussir des travaux adéquats qui aient un maximum de rendement avec le minimum d’inconvénients. On commence à regarder d’un mauvais œil les machines (qui furent programmées comme « amies » de l’homme), on craint les combustibles, on fuit les déchets et on recherche la pureté, en observant avec regret la façon dont les vieilles sources d’eaux médicinales et curatives ne font plus aujourd’hui que montrer leurs panneaux « non potable ».

Tout cela et bien plus encore est ce qu’on dit mais personne – ou presque personne – ne fait d’efforts supplémentaires pour atteindre ces objectifs. Il y a plus : presque personne ne sait ce qu’il doit faire pour parvenir à cette prétendue pureté écologique. On sait ce qu’on veut mais on ne connaît pas les moyens de l’obtenir.

Une rencontre saisissante

Or donc, au milieu de ces pensées, une réalité concrète est venue frapper mon entendement, et je dis frapper car cette réalité a produit un impact puissant, contrairement aux rêves, à la fantaisie fourvoyée et aux spéculations mentales qui nous occupent souvent.

Au milieu d’une route de notre péninsule ibérique, l’écologie est venue à ma rencontre. Au milieu d’un de ces chemins sans signalisation ni revêtement brillant, au milieu de la simplicité campagnarde et montagneuse, une femme m’est apparue comme le modèle exact de ce que nous cherchons comme économie de la Nature. Ce n’est pas l’endroit pour de longues digressions sur les égalités ou les inégalités sociales… sur le bonheur ou le malheur des pauvres et des riches… Mais ce qui est sûr c’est que l’humble femme que j’ai pu voir m’a parue beaucoup plus située dans la vie, beaucoup plus sûre d’elle-même, beaucoup plus heureuse que différentes autres personnes que j’ai connues et connais quotidiennement.

Loin des préoccupations intellectuelles, des luttes de classes, de la crise de l’Orient ou de l’Occident ; par-delà les affrontements humains dans tous les coins de la Terre et les haines déchaînées par voie de conséquence, la femme que j’ai vue était un chant à la vie au sens le plus large du mot.

Une femme exemplaire…

Elle aurait pu avoir… je ne sais quel âge… ces années indéfinies qui signalent ces femmes fortes et simples qui vivent en contact avec la Nature. Elle était vêtue de son éternelle couleur noire, avec des vêtements qui n’ont pas été faits pour briller mais pour se couvrir.  Elle marchait d’un côté de la route d’un pas tranquille et assuré, sachant où elle allait et pour quoi faire ; rien ne la distrayait dans sa marche, ni les voitures ni les bœufs ni les ânes patients, ni les automobiles modernes avec leurs puissants klaxons.
Elle allait, son panier sur la tête, comme si porter une charge à sa destination était la chose la plus importante au monde… et ce l’était, bien sûr.
Mais tout ne se réduisait pas à son pas soutenu ou au panier qu’elle portait sur la tête. Pendant ce temps, on voyait dans ses mains de longues tiges de paille, avec lesquels elle tressait un nouveau panier… et pendant ce temps, ses lèvres murmuraient des paroles muettes… une ancienne prière peut-être ? Le rappel de rêves humbles et simples ? Ce qu’on demande à Dieu, le silence dans la bouche et l’âme pleine ?

… source d’inspiration

Je l’ai vue à peine quelques instants mais je n’ai pu éviter que mes yeux la suivent. Combien parfaite, combien saine, combien propre, combien utile m’a paru son attitude ! Il n’y avait en elle aucune trace de gaspillage, aucune indolence, aucune peine stérile, aucune joie excessive…
Uniquement le juste, le bon, l’exact, pour tirer parti au mieux de chaque minute de vie. J’ai pensé que si tous, chacun à sa place, nous apprenions à utiliser notre temps et nos énergies dans la même mesure, notre monde serait bien différent de ce qu’il est. Nous souffrons aujourd’hui de maladies civilisationnelles diverses mais peut-être la pire de toutes est-elle le temps que nous perdons en doléances et que nous ne savons pas gagner en actes utiles.
J’ai pensé que cette femme sait faire l’Histoire.

Son monde – son petit monde – sa maison, ses êtres chers, toutes les circonstances qui l’entourent, ne seront plus les mêmes lorsqu’elle s’en sera allée…
Quelque chose aura changé en mieux, quelque chose aura grandi en elle et dans les autres. De vieux paniers de paille tressée nous parleront de ses mains, des milliers de pas sur les chemins seront comme ceux qu’elle faisait chaque jour et de ferventes oraisons se feront l’écho de sa prière silencieuse et murmurée.

Tout chemin commence par le premier pas. Tout changement est initié par une petite activité consciente. Et l’écologie du monde part aussi de l’ordre et de la pureté personnelle que chacun de nous pouvons mettre dans nos vies… comme la Femme que j’ai vue aujourd’hui.

Extrait du livre intitulé, Aujourd’hui j’ai vu…, juin 1980
Par Délia STEINBERG GUZMAN

À lire

Depuis des millénaires, les plantes ont trouvé les meilleures solutions aux problèmes qui se posent à l’humanité. Contrairement aux animaux qui ont choisi de se déplacer pour chercher la nourriture dont ils ont besoin, les plantes ont décidé de rester sur place, de tirer du soleil toute l’énergie nécessaire et de résister à toutes formes de prédateurs par la diffusion et la concentration. Les plantes perçoivent leur environnement avec une sensibilité largement supérieure à celle des animaux. Elles ont une capacité stupéfiante à innover, à se souvenir et à  apprendre, à résister aux évènements catastrophiques répétés sans pour autant perdre leur fonctionnalité. Ainsi les plantes ont beaucoup à nous apprendre et permettent d’imaginer des solutions créatives aux problèmes écologiques et technologiques du XXIe siècle.