Il y a 45 ans, une grande aventure commençait

La revue Acropolis : une aventure qui dure depuis 45 ans

Laura Winckler

Laura Winckler

En mai 1973, deux mois après notre arrivée en France, paraissait un modeste bulletin tiré sur un duplicateur à alcool, acheté avec nos maigres économies. Le contenu de ces premiers bulletins rudimentaires tendait déjà des ponts entre l’Orient et l’Occident, entre le passé et l’avenir, avec des rubriques abordant l’art, la morale, le politique et l’histoire sous un angle philosophique.

Fidèle à la tâche qu’elle s’est donnée, notre revue œuvre toujours au renouvellement d’un monde vieilli et incertain, à l’époque transitoire que nous vivons.
Dans le dixième numéro de notre revue, on pouvait lire : « Avant que la roue tourne, transformant le mythe en histoire et l’histoire en légende, il nous faut rêver le mythe, il nous faut accomplir l’histoire qu’ensuite les poètes raconteront. »
Notre grande confiance dans l’idéal humaniste qui nous portait et le besoin de répandre son message, ainsi que le souffle enthousiaste de notre jeunesse, sans crainte du ridicule ni des critiques, nous ont permis de toucher l’étoile du mythe et de la faire descendre dans l’histoire. Tels de nouveaux Socrate, nous demandons toujours à nos contemporains : « et toi, qu’as-tu fais pour laisser après ton passage sur terre un monde plus juste, plus beau et plus authentique ? » »

Par Laura WINCKLER

L’impression de la revue Acropolis,
un mythe

Olivier Larrègle

Olivier Larrègle

Dans les années 1973, les premiers numéros sont imprimés sur une ronéotype (1). En éditant les premières revues avec cette machine, le président-fondateur de Nouvelle Acropole France montre que l’invraisemblable est possible avec les outils de l’impossible. Le mythe de l’impression de la revue est lancé. Au début des années 1980, grâce à la générosité des membres, apparait une multilith 1850, véritable machine d’imprimerie pour le format 30×40. Elle bercera les nuits d’un étrange monsieur qui, le jour, était cadre technique chez Renault, et le soir, philosophe imprimeur, imprimant en costume cravate des heures durant sans jamais se tacher. Ensuite, on passe au format 60×80 avec l’Aurélia, une machine qui avale des pelles d’encres. La revue devient un journal de rue.

1993. L'imprimerie de l'époque pour la revue Acropolis

Au début des années 1990, un membre offre une Heidelberg, « Rolls » des machines à imprimer, baptisée Old James, nom du whisky préféré de son donateur. Elle imprime sans relâche, jusqu’à ce que dix années plus tard, le digital prenne le relais. En respect des temps anciens, il reste aujourd’hui la belle aventure de notre magnifique Hors-série. Édité une fois par an, il porte la mémoire des revues des premiers jours et l’aventure humaine des milliers d’heures d’impression qui leur ont donné le jour.

(1) Machine à alcool où chaque page est imprimée à la main
Par Olivier LARRÈGLE