Journée mondiale de la philosophie, À l’école de la dignité, rempart contre les barbaries 

L’actualité nous montre l’émergence de nouvelles barbaries, fondées sur la violence et les comportements de destruction. Comment y faire face ? Nouvelle Acropole, en tant qu’école de philosophie, promeut la voie de la dignité.

Ce fut le thème des nombreuses activités organisées dans le cadre de la Journée mondiale de la philosophie, décrétée par l’UNESCO le 3eme jeudi du mois de novembre.
Les centres de Nouvelle Acropole présents dans dix villes de France ont décliné comment la philosophie permet de respecter et développer la dignité humaine et se présente comme un rempart contre les barbaries modernes.

Y a-t-il un principe universel et invariable qui fonde la dignité humaine ? Si de nombreux philosophes, de Platon à Kant, ont posé le fondement de la dignité sur la pensée, la dignité ne peut être définie de manière purement rationnelle. Souvenons-nous d’Œdipe qui résout intellectuellement l’énigme du sphinx et qui n’arrive pas pour autant à percer le mystère de ses origines, à savoir qu’il est le fils de Laïos et de Jocaste. Il n’y parvient pas car l’homme est une idée invisible et impalpable, une énigme qui ne peut être posée rationnellement. Mais ce qui compte n’est pas de résoudre l’énigme, c’est de la vivre. Nous sommes l’énigme et l’essentiel n’est pas de trouver des réponses mais d’être en quête, d’avancer et de devenir. Devenir Homme. Être l’énigme nous ouvre les portes de l’infini, du tout possible, en tant qu’Homme.

Bordeaux
La dignité face aux nouvelles barbaries

Comme Socrate, qui descendait dans la rue pour questionner les passants, nous sommes allés à « l’Agora de Bordeaux », le marché des capucins, pour interroger chacun sur ce qu’est la Dignité. Une vidéo des perles de sagesses recueillies a été diffusée le jeudi soir, devant une trentaine de personnes venue à l’Espace Mouneyra pour l’occasion. Les nombreux témoignages sur le respect nous ont amené à nous questionner sur les nouvelles barbaries, de la nuit de la purge d’Halloween aux gilets jaunes, et sur la possibilité d’exprimer notre liberté en tant qu’individu, qui, s’il est autonome, est également un être de relation et un citoyen. Pour vivre ensemble dans un monde multiculturel, il est urgent d’accorder nos représentations de la dignité humaine.

Marseille
L’éducation nouvelle, une philosophie pour la dignité humaine

Au début du XXesiècle, émergent de grandes figures de la pédagogie, comme Maria Montessori, John Dewey, Célestin Freinet qui proposent tous des conceptions solidement argumentées sur l’éducation. Membres du puissant courant pédagogique L’Éducation nouvelle, ils ont tous quelque chose à nous donner à penser sur les manières d’apprendre, de former, de transmettre et en définitive de forger la dignité humaine. De nombreux éléments que les neurosciences actuelles, un siècle plus tard, redécouvrent, aidés par les technologies du XXIesiècle. Cette conférence a été animée par Brigitte Boudon, créatrice de la collection de livres Petites conférences philosophiques et des Jeudis philo.

 

Paris V
Pour faire face à la barbarie, restaurons la dignité

Après avoir défini la dignité, les participants se sont interrogés sur les causes de la dignité et de la barbarie. Selon Confucius, c’est la bienveillance qui permet à devenir humain et celle-ci s’acquiert par l’éducation et l’enseignement permanents. Selon Platon nous tombons dans la barbarie par « par manque d’éducation à la noblesse et aux sentiments supérieurs dont l’âme a besoin pour se nourrir ». Il nous appartient alors de prendre de la hauteur, d’élever notre conscience et de répondre à nos aspirations profondes. Il nous faut parvenir à être moteur d’action dans ce monde sans pour autant se laisser phagocyter par celui-ci. Comme l’exprimait saint Augustin :« Je suis dans ce monde mais je ne suis pas de ce monde ».

Paris XV
La philosophie peut-elle changer le monde ?

Après une réflexion commune à travers quizz et débats, les animateurs ont présenté le mythe de Persée. En assumant le combat intérieur, en dépassant sa peur, Persée se montre digne de modifier le monde qui avait produit l’injustice, à l’image des grands hommes de l’histoire qui ont assumé le combat intérieur pour changer le monde. Si l’on veut changer le monde et créer un environnement digne pour tous les êtres humains, il apparaît donc nécessaire de se changer soi-même et d’affronter ses peurs. Le poème Invictus qui avait inspiré Nelson Mandela, a été lu en clôture de cette soirée pour rendre hommage à un authentique philosophe, image de la dignité humaine qui a fait avancer l’histoire.

 

Lyon
À l’école de la dignité

Cinq générations cohabitent aujourd’hui dans l’évolution des mentalités moderne, post-moderne et transmoderne. Si on sait intégrer la valeur originale de chaque génération, on pourra s’enrichir et vivre cette transition dans la dignité et la créativité en associant l’innovation du futur et les valeurs sûres de tous les temps. Ce nouvel apprentissage de la relation digne est aussi valable dans le couple. Apprendre à réussir son couple va au-delà du confort d’une relation bien huilée, car le couple est cet « autre » dont on se sentira le plus proche, en partageant notre intimité et en dévoilant notre vulnérabilité.

Rouen
Gandhi, le guerrier de la Paix

Le conférencier, Fernand SCHWARZ, président-fondateur de Nouvelle Acropole en France, a présenté Gandhi comme le modèle du philosophe en action, dont la dignité est de vivre ses principes.  Les principes philosophiques du swaraj, l’auto-gouvernance, ahimsa, la non-nuisance, dont on retiendra l’idée de la non-violence, et du satya graha,  la force d’âme sont des armes pacifiques. Nous en avons besoin dans nos combats les plus justes, car nous portons tous en nous les germes de la violence, de la lâcheté et de la soumission. La philosophie de Gandhi s’adresse aux idéalistes qui aspirent à changer le monde en se changeant eux-mêmes. Sa doctrine de la non-violence et ses applications pratiques, puisées au cœur de la tradition de sagesse de l’Inde, restent tout à fait actuelles pour relever les défis personnels et collectifs, qui s’offrent à nous aujourd’hui.