Images du féminin

Le psychiatre Carl Gustav Jung a dit : « Depuis toujours, chaque homme porte en lui l’image de la femme ; non l’image de telle femme déterminée, mais celle d’un type de femme déterminé. » Cette image inconsciente qu’il nomme anima,il la projette toujours de façon inconsciente sur l’être aimé.

Il a décrit quatre stades de l’image de l’anima, qui correspondent à l’évolution psychologique de l’homme, aux quatre âges de la vie, et dans lesquels nous retrouvons les quatre déesses grecques, Aphrodite, Athéna, Déméter, Héra, représentant les quatre images de la féminité mais exprimant aussi la maturation progressive de l’archétype féminin dans l’inconscient de l’homme, évoquant le principe de l’eros, le sentiment.

Le premier stade, propre à l’adolescence, identifie l’anima à une Vénus sensuelle. Le second, lié au jeune adulte qui entre dans la vie active, s’apparente à la femme d’action, combattante, proche d’Athéna (ou farouche comme Artémis). Le troisième stade concerne l’homme qui rencontre l’archétype de la mère aimante et protectrice, Déméter et fonde alors une famille. Le quatrième, avec la maturité, prend le visage de la sagesse, Héra (sous les traits de Sophia dans la terminologie de Jung), et prépare à la réunification de son propre être.

Ainsi, l’image de la femme est à l’intérieur de chaque homme qui, s’il rencontre des difficultés avec les femmes, en rencontre également avec sa propre intériorité.
Pour sa part, la femme porte en elle l’animus, image inconsciente de l’homme qui connaît aussi ces quatre phases d’évolution, évoquant le principe du logos, la raison.

Hommes et femmes se font miroir, et si l’on est attentif, ces images nous aident à mûrir et à progresser dans la connaissance de nous-mêmes.

L’âme humaine évolue quand elle parvient à la réunion progressive de ces images de soi et à la réunification de ses propres principes masculins et féminins, ce  qui permet la réalisation du Moi profond, nous explique Laura Winckler (1). Dans cette perspective, on pourrait s’interroger sur la légitimité de consacrer une journée à la Femme, mais compte tenu de la difficulté de nos sociétés à intégrer la complémentarité et du rôle important de la femme dans la progression de nos sociétés et civilisations, il nous semble très  juste que le 8 mars soit consacré à la journée internationale des Droits des Femmes.

La revue Acropolis a voulu s’associer à cet événement en consacrant une partie de son numéro à mettre en avant des femmes qui ont marqué l’histoire par leurs actions et par leurs idées : une interview de la Présidente Internationale de Nouvelle Acropole fait le point sur la situation homme-femme ; nous rendons hommage à la philosophe Simone Weil qui s’est distinguée par sa pensée humaniste et avant-gardiste ; sans oublier  Esther Duflo, qui, à 47 ans est la plus jeune s’être vue décerner le Prix Nobel, et la seconde femme à recevoir le Prix Nobel d’Économie pour ses expérimentations réussies sur l’éradication de la pauvreté ;  et enfin un hommage à Jacqueline Kelen qui a écrit sur la Dame à la Licorne.
Rendons hommage à ces femmes et également à toutes celles qui partout dans le monde, ont osé conquérir des terrains réservés aux hommes et défendre les droits des femmes, tout en gardant leurs qualités féminines et humaines.

(1) Auteur de :
– Dieux intérieurs, comment identifier votre archétype personnel, Éditions Nouvelle Acropole, 2017, 252 pages
– L’alchimie du couple, sept clés pour le bonheur, Éditions Cabédita, 2017, 167 pages
– Femmes, fille de déesses : ses visages cachés, Éditions Nathan, 2005, 139 pages
Par Fernand SCHWARZ
Président de la Fédération Des Nouvelle Acropole