Face à la crise, deux attitudes

Le vieux concept des Grecs classiques concernant la crise est aujourd’hui plus actuel que jamais. De toute évidence, que cela nous plaise ou non, nous sommes en crise et cela signifie que nous sommes dans un moment de changements, au sommet où l’angle présente un double versant.

Dans les moments de crise, c’est-à-dire de changements, toutes choses se présentent habituellement instables ; l’insécurité et le doute sont à l’ordre du jour et personne ne veut risquer de grandes entreprises parce on ne sait jamais ce qui se passera le lendemain.
Ce sont ces instants de crise qui sont les plus propices pour que les hommes s’affrontent sans trêve. S’affrontent ceux qui sont d’un côté et de l’autre du changement : ceux qui regardent vers ce qu’on laisse derrière et ceux qui rêvent de ce qui viendra à l’avenir. Chacun a de bonnes raisons à revendre pour défendre sa position ; et chacun la défend avec les méthodes propres à la crise : violence et incompréhension.

Face à la crise, deux attitudes

Ceux qui ont le regard tourné vers le passé avec nostalgie sont appelés avec mépris « immobilistes ». On les critique durement de ne pas se lancer à fond dans l’aventure de ce qui est à venir. Mais eux ne se sentent pas immobiles, ils essaient simplement de ne pas perdre ce qui a été vécu jusque-là et de recueillir des expériences utiles. Ils essaient d’amasser souvenirs et connaissances comme celui qui rassemble des richesses pour pouvoir vivre demain.
Ceux qui ne regardent que vers le futur – qu’ils ne connaissent évidemment pas encore – sont appelés avec mépris « révolutionnaires ». Pour eux, rien de ce qui a été vécu ne sert plus, ne reste que le changement constant, la rupture totale avec tout l’ancien et l’adoration de ce qui, étant nouveau, est supposé meilleur. Cependant, eux ne se sentent pas révolutionnaires dans le sens destructif du terme mais ils ont constaté qu’aucune des solutions proposées jusque-là n’a apporté à l’humanité le bonheur tant présumé. Par conséquent, il convient de penser que la solution réside dans quelque chose de différent de ce qui est connu à ce jour et que, de ce fait, toutes les formules usées doivent être rejetées comme inutilisables.

Dans la crise, dans le changement, à la charnière de l’Histoire, il est difficile de voir avec clarté. Ceux qui sont d’un côté comme de l’autre des choses sont aliénés dans leur propre vision et ne peuvent en rien apporter une solution harmonieuse.
Dans la crise, les philosophes que nous sommes proposons de garder – et l’exemple est valable – la figure géométrique de l’angle, avec ses deux côtés dans des directions différentes mais unis en un sommet pour avoir un sens.

  • Dans le passé existent, sans aucun doute, des éléments usés et impropres, vérifiés dans l’échec et invalides du fait de leur inutilité ; mais dans le passé s’accumule aussi la riche expérience qui permet de renouveler les succès et d’éviter les échecs.
  • Dans le futur sont conçus, sans laisser place aux doutes, les gloires à venir et nous ne pouvons les ignorer car nous avançons tous vers elles ; mais ne pas accepter sans plus que tout ce qui viendra sera mieux du seul fait d’être différent.
    S’il est bien certain que nous sommes en crise, elle ne peut être éternelle. Le changement est rénovation : construire sur l’assise des vieilles et puissantes colonnes du passé, les beaux chapiteaux du travail actuel. Ce n’est qu’ainsi que nous érigerons l’édifice de l’Histoire.
Extrait de El Heroe cotidiano de Délia Steinberg Guzman (page 15) et traduit de l’espagnol par M.F. Touret
par Délia STEINBERG GUZMAN

 

 

Par Yves COCHER
Éditions Les Liens qui Libèrent, 2019, 254 pages, 18,50 €

Précurseur de la collapsologie, l’auteur s’interroge sur la possibilité d’un effondrement d’ici quelques années (des années 2020 jusqu’en 2050), comme d’autres auteurs internationaux qui depuis quelques années tentent d’alerter l’opinion publique. Il décrit d’abord les origines, les causes, les prémisses de l’effondrement, les étapes de l’effondrement et sur ce qui se passera après;  en matière de liens sociaux, de regroupements humains. On s’aperçoit ainsi que beaucoup d’entre nous ignorent cette perspective et comme le dit l’auteur en sous-titre de son livre : le compte à rebours a commencé.