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Deux philosophes du XIXe siècle se tournent vers la Nature

Cette nouvelle « petite conférence de philosophie » présente deux philosophes américains du XIXe siècle, Ralph Waldo Émerson (1803-1882) et Henry David Thoreau (1817-1862), et leur pensée face à l’essor de l’industrialisation. À l’heure de l’exode rural, ils se tournent vers la nature car elle leur permet de retrouver les fondamentaux de l’homme.

L’humain n’est pas un visiteur sur Terre mais il partage le cœur battant de la vie que manifeste la nature. « En Europe, une philosophie existentielle voit le jour, et explique que l’être humain est à l’origine de sa vie. Ainsi, chaque humain est unique et maître de ses actions et de son destin. « Ce qui manque le plus quand on s’égare, c’est toujours ce dont se doute le moins – évidemment, car y penser, ce serait se retrouver » énonce Soren Kierkegaard dans son Traité sur le désespoir. Se retrouver, malgré les changements massifs qui se produisent dans le monde, c’est également la volonté du courant transcendentaliste qui se développe outre Atlantique. L’humain est au centre des préoccupations de ces philosophes.

Méditation sur la Nature

Dans cette période de turbulences, l’important pour Emerson et Thoreau est de revoir les valeurs fondamentales de l’homme, pour donner de nouveaux repères et un usage sain des changements permis par les sciences et techniques. C’est un appel renouvelé à la nature humaine qui peut aider l’homme à ne pas se noyer dans cette vague de transformation rapide et puissante. Ainsi, l’homme pourra profiter de ce courant pour se voir avec un œil neuf. C’est ce que proposent Emerson et Thoreau, en invitant l’homme à une méditation sur sa condition et son rapport à la nature ; rapport inéluctable et indépendant des circonstances extérieures…. La nature est source d’inspiration et d’enseignement pour Thoreau, comme elle le fut pour Emerson…

La nature porte la vie. Elle est naturellement faite pour raconter à l’homme les vertus qui le rendront heureux. Elle entre en résonance avec l’homme. L’homme peut alors capter ses enseignements. Il peut les rapporter au monde par son langage poétique ou philosophique.
L’expérience vécue dans cette nature est une porte d’entrée à cette vérité. Pour Thoreau, ce sera dans un jardin qu’il va l’apprivoiser. Pour Emerson, la nature représente un temple permettant le contact avec le divin… Ainsi la nature pure est un modèle pour l’homme, un refuge authentique.

La nature est un lieu de contemplation. La nature offre des paysages. Ces paysages nous touchent par leur beauté qui dépasse les couleurs, les formes, ces éléments que nos yeux voient. Elle se manifeste dans l’harmonie de l’ensemble, l’instantanéité qui se confond avec l’intemporalité. L’Être est présent à notre être…

C’est la confrontation à la nature, vu dans ce sens large, qui amène un mouvement dans la pensée. C’est quand elle rebondit sur cette nature et qu’elle se redirige en soi, que notre pensée peut atteindre la vérité. C’est un moyen de se révéler à soi-même et intégrer la vérité.

Chacun peut prendre possession de ce « pouvoir savoir ». Le savoir n’appartient pas à un groupe de personnes, ni à une époque ni à un lieu… Servir la nature, y découvrir un aspect de la vérité constitue, pour Thoreau et Emerson, une voie d’accès au bonheur… Le bonheur est cet état dans lequel nous percevons, par le regard, l’absolu, la vérité, le divin et la nature rayonne le mystère de l’ordre des choses et celui de la vie. »

Extraits du livre
Emerson, Thoreau, Philosophes par nature
par Laley DESCLOUX
Éditions Maison de la Philosophie, 2021, 89 pages, 8 €
par Laleh DESCLOUX
Formatrice de Nouvelle Acropole Bordeaux Rive-droite
© Nouvelle Acropole

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