Avant la catastrophe   

À mesure que le temps passe, le catastrophisme paraît faire des proies plus faciles et abondantes. On se trouve devant un véritable fatalisme qui soustrait énergies et possibilités pour les événements de se dérouler de façon adéquate.

Comme cela est arrivé à d’autres moments de l’histoire, les hommes se sentent incapables de trouver une solution à tous les maux qui nous affligent, et bien que cela ne soit jamais reconnu publiquement, il est certain que le découragement et l’indifférence gagnent du terrain.

Ni fatalisme catastrophique

D’un côté, se trouve la simple apathie de ceux qui ne peuvent rien faire à partir de leurs humbles postes dans la société. De l’autre, l’abattement encore plus grand de ceux qui savent qu’on ne travaille qu’avec des hypothèses et non des assurances, concernant ce qui devra arriver.
L’absence de décision pour affronter la situation actuelle généralisée fait que les théories sur une possible fin du monde, sur d’importantes catastrophes qui pourraient survenir dans les prochaines années, deviennent plus concrètes dans l’imagination des gens.

Devant cet état de choses, il n’est pas question de s’asseoir en attendant le désastre d’une décennie ou d’une autre mais d’analyser sans précipitation nos agissements en tant qu’êtres humains.

Nous n’écartons absolument pas l’influence que les astres ont sur notre planète et, naturellement, sur les habitants de notre planète. Si l’univers est un grand Être Vivant, aux mouvements coordonnés, il est faisable de supposer que ses éléments sont reliés et que le mouvement des astres se reflète dans d’autres mouvements en concordance, que ce soit sur la Terre, que ce soit chez les hommes. De ce point de vue, il est probable que puissent survenir des catastrophes qui, de toute manière, se manifestent depuis longtemps, tant en ce qui touche les mouvements géologiques qu’en ce qui concerne l’agressivité croissante parmi les hommes.

Ni optimisme inconscient

Mais ces catastrophes ne sont pas déterminantes, ni ne supposent la fin du monde. L’Histoire enregistre beaucoup d’autres moments difficiles, cataclysmes et perturbations, peurs et psychoses d’une fin certaine, qui se sont résolus dans la continuité de l’existence et dans un plus grand nombre de problèmes à résoudre mais sans plus.
Notre attitude mentale doit être saine et décidée. Comme disait l’empereur philosophe Marc Aurèle : « Que peut-il arriver qui ne soit le propre de l’homme ? » Si des catastrophes se profilent, nous saurons les affronter. Et loin de se décourager devant cette probabilité, au contraire, il faudra accumuler plus d’énergies, plus de connaissances, plus de force de volonté, pour supporter dignement tout ce qui peut se passer.

Ni fatalisme catastrophique, ni optimisme inconscient. S’impose une manière d’être équilibrée, dans laquelle l’optimisme se manifeste seulement devant les résultats concrets, et le fatalisme se dissipe devant notre volonté mise en mouvement.
Il faut savoir vivre pour les temps nouveaux.

Extrait du livre, El heroe cotidiano
Traduit de l’espagnol par M.F. Touret
par Délia STEINBERG GUZMAN