Aujourd’hui, j’ai vu l’espérance  

Aujourd’hui, j’ai vu l’espérance… Don étrange, sorti il y a des milliers d’années de la boîte mythique de Pandore, elle reste encore fondamentale pour les hommes. Et il est probable que nous la voyions, en levant les yeux vers elle, chaque fois que le désarroi et l’angoisse s’emparent de nous.

Il y a bien longtemps, les dieux envoyèrent sur terre une femme-robot d’une extraordinaire beauté, Pandore, qui profita pour ouvrir la boîte de son trésor caché qui l’accompagnait toujours, laissant tomber tous les maux connus sur cette terre.

Il y a bien longtemps, les dieux envoyèrent sur terre une femme-robot d’une extraordinaire beauté, Pandore, qui profita pour ouvrir la boîte de son trésor caché qui l’accompagnait toujours, laissant tomber tous les maux connus sur cette terre.

Les vieilles traditions de notre ancêtre hellénique disent qu’il y a bien longtemps, alors que les hommes avaient gaspillé leurs opportunités de croissance et de rédemption, les dieux les punirent en envoyant sur terre une femme-robot d’une extraordinaire beauté. Pleine de perfidie, cette femme –Pandore – fut facilement acceptée par les hommes et même par les héros, confiance dont elle profita pour ouvrir la boîte de son trésor caché qui l’accompagnait toujours, laissant tomber tous les maux connus sur cette terre… Mais, dans le fond de la boîte, resta l’espérance.

Tout au fond de tous les hommes, l’espérance

Au fond de tous les hommes, vit un reste d’espérance lorsque tous les chemins ont été bouchés, lorsque toutes les illusions ont été réduites à néant, lorsqu’aucune lumière n’est visible à l’horizon.

Précisément, j’ai vu aujourd’hui l’espérance et sa vision m’a aidée à comprendre combien de choses il a fallu que nous ayons perdues, nous, les humains, pour que cette image doive se présenter devant nous.

À coup sûr, beaucoup de choses ont été perdues ; beaucoup de valeurs ont été brisées en cet étrange moment de transition historique. En vérité, il manque la  lumière, la clarté de concepts ; le mental et les sentiments sont comme émoussés face à l’accomplissement de leurs fonctions naturelles. Tout paraît s’enfoncer dans une inertie dangereuse, dont la force d’entraînement se traduit en destruction et en violence de tout ordre. C’est alors, lorsqu’apparemment rien ne reste au fond de la boîte de la vie, que l’Espérance se fait voir.

L’espérance, c’est attendre… c’est avoir la dose de patience et de foi qui nous permet de surmonter le mauvais moment présent pour diriger nos énergies vers un avenir meilleur. Mais, attention… l’espérance ne peut être attendre indéfiniment.

L’espérance suppose l’action

Ce don mystérieux des dieux est aussi fragile et subtil que les ombres magiques qui se dessinent à la tombée du jour. Il faut savoir saisir l’image avec rapidité avant qu’elle ne se dissolve dans les ombres plus grandes de la nuit. Il faut savoir agir avec promptitude une fois que la dose d’espérance nous a permis de récupérer notre souffle.

L’Espérance n’est pas un don pour les hommes inactifs : elle ne l’est pas non plus pour ceux qui se sont laissés tomber définitivement devant les difficultés. L’Espérance est une promesse mais il faut lutter courageusement pour concrétiser cette promesse… Elle promet,  nous, nous réalisons.

La vision de l’Espérance m’a remplie d’allégresse. Nous ne pouvons pas – nous ne devons pas – renoncer à l’effort constant que suppose l’existence. Il n’est pas noble de relâcher notre élan lorsque les difficultés sont plus importantes. C’est précisément quand tout paraît impossible et insurmontable que l’Espérance sort du fond de sa boîte magique et promet d’autres temps à ceux qui savent la voir.

Veux-tu, toi aussi, voir l’Espérance ? Tu la verras derrière le voile du moment actuel qui obscurcit aujourd’hui notre entendement. Tu la verras enveloppée dans des voiles d’illusion, ténue comme les songes mais aussi réelle que l’enthousiasme qui, j’en suis sûre, vit au fond de ton cœur.

par Délia STEINBERG GUZMAN
Traduit de l’espagnol par M. F. Touret