À lire revue 310

Le crépuscule du matérialisme
par Richard BASTIEN
Éditions Salvator, 2019, 192 pages, 20 €

La science peut-elle être un chemin vers Dieu ? Les intellectuels athées et postmodernistes (Jean-Paul Sartre, Albert camus, Michel Onfray, Richard Dawkins ou Yuval Noah Harari), qui n’admettent pas d’autre raison que la raison scientifique, répondent que la science est incompatible avec la foi chrétienne. L’auteur, journaliste économiste et ancien haut fonctionnaire pour le gouvernement canadien, déconstruit cette pensée en prétendant que la science ne comporte aucune vérité contraire à la foi chrétienne. Le pape Jean-Paul II, dans son encyclique Fides et Ration’a-t-il pas affirmé que « la foi et la raison sont comme deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité ? ».

Dans l’intime d’un chemin
Disciple et compagne
par Véronique DESJARDINS
Éditions Le Relié, Collection Sagesse, 2019, 260 pages, 18 €

Élève en 1973 et compagne et collaboratrice d’Arnaud Desjardins (1925-2011) depuis 1996, l’auteur nous offre ce qu’il y a de plus intime dans les treize premières années de son cheminement spirituel en compagnie d’Arnaud Desjardins, maître spirituel qui a rencontré Swami Prajnanpad. Celui-ci lui a demandé ensuite d’enseigner en France dans un ashram qui serait un lieu de rencontre entre les différents courants spirituels. Arnaud Desjardins a également réalisé des films pour faire connaître au grand public les spiritualités d’Orient. Véronique raconte son travail intérieur parsemé de questions existentielles ordinaires et sa détermination pour vaincre les obstacles. Il y a également tout ce rapport au maître spirituel, parfaitement décrit et analysé, qui s’est transformé en amour pour son maître.

Les météores
par René DESCARTES
Éditions Rivages poche, 200 pages, 17,50

Le père fondateur du rationalisme moderne, Descartes, se révèle ici sous un autre jour. Très proche de la nature, il s’ouvre à un autre monde   et s’exprime à la fois en scientifique qu’il est, et en poète en explorant l’intelligibilité des choses. La poésie et la science se tiennent la main. Il parle du vent et ses conséquences par exemple ou de la couleur des nues, ou des cercles de couronnes autour des astres et cherche à percer le mystère de la brume. Descartes chante son amour pour les choses du monde.

 

Le naufrage des civilisations
par Amin MAALOUF
Éditions Grasset, 2019, 331 pages, 22 €

L’auteur observe le monde et le parcourt depuis plus d’un demi-siècle. Il l’analyse en spectateur engagé, penseur et historien. Né dans le Levant qu’il désigne comme « l’ensemble des lieux où les vieilles cultures de l’Orient méditerranéen ont fréquenté celles, plus jeunes, de l’Occident », il affirme que les lumières du Levant se sont éteintes et que les ténèbres se sont propagées à travers la planète. Un ouvrage très touchant qui affirme que l’humanité est au seuil du naufrage et qui souhaite qu’elle en prenne conscience pour effectuer un sursaut qui s’impose et non une attitude telle que les passagers du Titanic écoutant l’orchestre jouant plus près de toi seigneur et s’abreuvant du champagne qui coulait à flots.

Sagesse et folie du monde qui vient
Comment s’y préparer ? Comment y préparer nos enfants ?
par Luc FERRY et Nicolas BOUZOUO
XO Éditions, 2019, 440 pages, 21,90 €

Les Français, notamment les intellectuels d’aujourd’hui, sont pessimistes, à en croire les enquêtes. Pourtant, par rapport à certaines époques, aujourd’hui il fait bon vivre, compte tenu des progrès réalisés en termes d’espérance de vie, de santé et de conditions de travail. Alors pourquoi les Français ont-ils peur de la troisième révolution industrielle (règne de l’informatique, robotique et intelligence artificielle) ? Pourquoi écoutent-ils les scénarios catastrophes, les fake news (fausses nouvelles) ? Pourquoi n’ont-ils plus confiance dans l’Europe et dans l’avenir ? Les solutions ? Préparer nos enfants à un monde nouveau. Ce livre s’appuie sur des conférences tenues au théâtre des Mathurins à Paris et passe en revue certaines thèses actuelles. Les auteurs nous invitent à ne pas céder au pessimisme ambiant (folie) et à préférer la sagesse pour appréhender l’avenir d’une façon plus constructive.

La vie spirituelle au-delà des religions
Ces dogmes qui ont vidé nos églises
par André VANDAMME
Éditions Les Deux Océans, 2018, 280 pages, 20 €

L’auteur communique sa vision de la spiritualité qui transcende toutes les religions. Il utilise pour cela un scénario qui allège la sévérité du sujet : un dialogue entre un grand père qui transmet ses connaissances et sa foi dans l’ésotérisme à son petit-fils qui sort, avec scepticisme, d’une adolescence ayant connu l’éducation religieuse catholique. Un ouvrage qui parle aux êtres humains de ce XXIesiècle qu’André Malraux a prédit spirituel et qu’Henri Corbin espère être le moment d’une chevalerie universelle.

L’amour m’a sauvé du naufrage
par Michel VAUJOUR
XO Éditions, 2019, 239 pages, 18 €

Un enchaînement d’évènements en cascade entraîne l’auteur sur le chemin de la prison à plusieurs reprises.  Blessé grièvement et dans le coma, il se réveille et se rééduque tout seul. Jamila, étudiante en droit lui écrit tous les jours. En prison, en quartier de haute sécurité, l’auteur apprend le Yoga, pratique le jeûne, lit, s’intéresse à la spiritualité. Jamila qui entre temps est devenue sa femme, le décide à tenter une ultime évasion pour vivre ensemble au bout du monde. L’opération échoue. Jamila est condamnée à sept ans de prison. À sa sortie, elle convainc Michel Vaujour de recommencer une nouvelle vie, une fois sorti, À 52 ans, il sort de prison, après près de vingt-sept ans passés en détention. Ce livre est son histoire avec des réflexions profondes sur le sens de la vie, de la liberté et la force des sentiments.

Science, Religion, Philosophie
Trois manières d’appréhender le monde
par Bernard JOLIBERT
Éditions l’Harmattan, collection Éducation et philosophie, 2019, 188 pages, 19 €

Selon l’auteur, coordonnateur du Groupe de Recherche en philosophie de l’éducation, il y a trois manières d’appréhender le monde (science, religion et philosophie) malgré la confusion du « tout se vaut » et le relativisme psychologique, social et historique. Il met en valeur « l’épistémologie qui se dissout dans un sociologisme dominant », « la philo qui devient surenchère idéologique » et « le projet scientifique  de vérité universelle potentielle, réduit à une adhésion subjective sans la moindre légitimité ». Est-il légitime de cliver esprit religieux, esprit scientifique et esprit philosophique ou de les amalgamer dans leur équivalence ? L’auteur nous invite à réfléchir sur le danger du fanatisme qui est de « présenter la science comme une religion, et la philo comme un verbiage religieux ». En résumé, « science, philosophie et religion apparaissent comme autant de formes d’aspiration au vrai », ou « trois faces de la vie », chacune possédant ses principes et ses limites propres.