Un samu animal ?

 

Il semblerait que l’entraide ne soit pas réservée uniquement au monde humain mais que certaines espèces animales recourent à cette technique pour secourir les membres blessés de leur communauté. Témoins en sont les fourmis africaines matabele.

 

Deux à trois fois par jour, les fourmis matabele (Megaponera analis), répandues dans le sud du Sahara, lancent des raids contre les ouvriers termites, dans une bataille rangée de 200 à 500 fourmis (pouvant représenter une colonne de 50 mètres de longueur). Les termites assiégés résistent et avec leurs puissantes mâchoires blessent, voire tuent les fourmis attaquantes.
Les fourmis blessées émettent alors un signal chimique en excrétant deux substances présentes dans les réservoirs de leur glande mandibulaire (disulfure et trisulfure de dimethyle). Des fourmis « secouristes » accourent et les ramènent au nid pour les soigner. On pourrait parler d’un « Samu » des fourmis.

Érik Thomas Frank, entomologiste et chercheur au Biocentre de l’Université de Würzbourg (Allemagne) constate : « C’est la première fois que nous observons un comportement d’aide à un animal blessé par ses congénères chez les invertébrés. […]  Cet investissement dans un système de secours est avantageux pour l’ensemble de la colonie.» (1). Une découverte surprenante et intéressante chez les insectes où généralement les individus comptent peu. Un moyen de préserver la colonie, peut-être, mais de développer également une solidarité de groupe.

(1) Publié dans la revue américaine Science Advance
Tiré de la revue Science et Avenir (avril 2017)
Lire sur internet
https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/dans-leur-guerre-contre-les-termites-les-fourmis-matabele-sauvent-leurs-blesses_112189
http://www.larecherche.fr/zoologie/des-secouristes-chez-les-fourmis
Par Michèle MORIZE

 

 

À lire

L’entraide
L’autre loi de la jungle
par Pablo SERVIGNE et Gauthier CHAPELLE
Éditions Les Liens qui Libèrent, 2017, 400 pages, 22 €

Darwin, dans sa théorie sur la survie des espèces avait misé sur la compétition et la coopération. Mais la loi du plus fort n’a retenu que la compétition. Beaucoup de disciplines, de l’éthologie à l’anthropologie, en passant par l’économie, la psychologie et les neurosciences montrent aujourd’hui que l’entraide et la coopération existent depuis plus de 3,8 milliards d’années : au sein d’une espèce (les manchots qui se regroupent quand il fait froid) mais également entre espèces (les variétés de coraux qui se mutualisent, le transport de pollen par les abeilles, les pins qui se connectent aux bouleaux pour leur transférer de la nourriture et des informations…) ; chez les humains lors de catastrophes, de projets en commun… Il semblerait que ceux qui survivent le mieux aux conditions difficiles ne sont pas forcément les plus forts mais ceux qui s’entraident le plus. Un monde nouveau, une autre « loi de la jungle » où entraide, solidarité, coopération, altruisme, mutualisation, bonté ne sont plus des mots désuets mais des valeurs de plus en plus pratiquées.

 

Le cœur de l’homme est noble
Par Ogyen Trinley DORJÉ, 17e Karmapa
Préface de Sa Sainteté le dalaï-lama
Éditions Presse du Chatelet, 2013, 288 pages, 22 €

Sa sainteté le Karmapa a reçu un groupe d’étudiants pour répondre à leurs questions sur l’environnement, le changement climatique, la résolution des conflits, les relations entre les sexes, l’identité. Il propose de mettre l’action sociale au centre de sa vie, à ouvrir son esprit et et son cœur en pratiquant la compassion. La noblesse du cœur est une richesse que nous pouvons donner en abondance et de laquelle il est possible de faire naître un monde nouveau.