Les champs morphogénétiques, une théorie hérétique ?

Biologiste et écrivain anglais, Rupert Sheldrake (né le 28 juin 1942) a développé le concept de «résonance morphique», en s’appuyant sur les champs morphogénétiques. Il a également étudié la télépathie notamment chez les animaux. Ses travaux très controversés bousculent les théories officielles scientifiques mécanistes. Un nouvel hérétique ?

Rupert Sheldrake

Rupert Sheldrake

Sabine Leitner : Pourriez-vous présenter vos travaux et votre recherche scientifique ?

 Rupert Sheldrake : J’ai débuté comme biologiste dans des travaux de biologie du développement à l’université de Cambridge. J’ai très vite compris qu’il n’était pas possible d’expliquer la biologie uniquement en termes de molécules et de gènes, comme l’a fait auparavant la théorie mécaniste. Une vision plus holistique semblait nécessaire et déjà autour de 1920 était apparue l’idée de champs qui façonnaient les formes en biologie, ce qu’on a appelé les champs morphogénétiques. Je me suis donc fortement intéressé à cette théorie. Personne ne sait ce que sont ces champs mais la plupart des biologistes disent qu’un jour ils apparaîtront comme étant de la physique et de la chimie ordinaires. Je suis arrivé à la conclusion qu’il s’agissait d’un nouveau type de champ et, puisque ce sont des champs biologiques et que les organismes évoluent, les champs eux-mêmes devaient renfermer une mémoire à l’intérieur d’eux-mêmes et c’est cela le concept de résonance morphique.

 S.L. : Pourriez-vous développer cette idée ?

R.S. : La résonance morphique est l’idée que des choses identiques influencent en conséquence d’autres choses identiques à travers l’espace et le temps. Tous les systèmes qui s’organisent eux-mêmes possèdent une sorte de mémoire inhérente. Par systèmes auto-organisés, je fais référence aux atomes, aux molécules, aux cristaux, aux cellules, aux tissus, aux organes, aux organismes, aux animaux, aux sociétés, aux écosystèmes. Je n’y englobe pas les machines ni les morceaux de roches, ni les chaises car ce sont des agrégats de matière mais qui ne s’organisent pas eux-mêmes.
L’idée de base est donc que chaque espèce possède une sorte de mémoire collective donnée par résonance morphique, chaque individu y contribue et est relié à cette même source. Les groupes sociaux possèdent également des champs morphiques – une nuée d’oiseaux ou un banc de poissons ou une colonie de termites sont tous organisés par des champs morphiques. Ces idées sont parues dans mes deux principaux livres théoriques : Une nouvelle science de la vie (1) qui vient juste d’être réédité dans une nouvelle édition mise à jour, et La mémoire de l’univers (2) qui développe le plus complètement possible ces idées avec un arrière-plan historique.

 S.L. : Vous faites également des recherches sur la télépathie. Est-ce un prolongement de vos travaux sur la résonance morphique ou est-ce un domaine complètement différent ?

R.S. : La première phase de mes travaux portait sur la résonance et les champs morphiques et une partie de mon travail a consisté à tester ces hypothèses. Les résumés de l’état actuel de cette recherche sont dans la nouvelle édition d’Une nouvelle science de la vie. La seconde phase consistait à rechercher la façon dont des champs morphiques sociaux – les champs des groupes – permettaient aux organismes de communiquer entre eux à distance. En y réfléchissant, je me suis rendu compte que la théorie des champs morphique prédisait l’existence de la télépathie en tant que moyen normal de communication entre les animaux. La télépathie est, bien sûr, un sujet tabou au sein des cercles académiques. En conséquence, très peu de recherches ont été effectuées et encore moins sur la télépathie chez les animaux ; mais il s’avère que la télépathie est courante chez eux, notamment chez les chiens, les chats, d’autres animaux domestiques et également dans la nature, chez les loups et autres espèces d’animaux.

S.L. : Comment avez-vous mené ces recherches ?

R.S. : A la fin du XXe siècle, je me suis trouvé à défricher un domaine de la science entièrement nouveau : l’Histoire naturelle ; j’ai donc commencé en observant les gens et en élaborant une classification de ces expériences et de ces cas. Ensuite, j’ai réalisé des expérimentations sur les chiens, les chats, les chevaux, les perroquets et autres animaux… et les résultats ont révélé qu’ils avaient vraiment l’air d’avoir des communications télépathiques avec leurs propriétaires ainsi qu’avec d’autres animaux. Cette théorie bien évidemment est controversée, notamment dans les cercles académiques mais pas chez la plupart des gens. Parfois lorsque je fais des conférences sur cette recherche, ils me demandent : «Pourquoi perdez-vous votre temps à essayer de prouver ce que tout le monde sait ?» Cependant, la science le rejette ou l’ignore.

S.L : Pourquoi la science a-t-elle autant de difficulté à accepter l’évidence ?

R.S : La difficulté vient du paradigme mécaniste selon lequel la Nature est mécanique et que l’esprit n’est rien d’autre que le cerveau ; l’activité du cerveau est la résultante de processus physiques et chimiques et l’esprit est confiné à l’intérieur de la tête. En conséquence, les pensées et les intentions des gens ne devraient pas pouvoir affecter les animaux à plusieurs kilomètres de distance. La télépathie devrait être impossible. Donc, si les gens croient que la télépathie est impossible, cela ne vaut donc pas la peine de faire de la recherche sur ce sujet et si quelqu’un en fait et obtient des résultats positifs, comme moi, alors soit il est fou, soit il a été trompé, soit il a fait de mauvaises recherches ou encore c’est un fraudeur ou un charlatan. Les matérialistes évangéliques ont des réactions extrêmement hostiles sur le sujet mais pas tous les scientifiques. En privé, beaucoup d’entre eux ont l’esprit bien plus ouvert. J’ai fait des conférences sur le sujet dans de nombreuses universités et instituts scientifiques et, habituellement, la plupart des scientifiques écoutent avec beaucoup d’intérêt. Mais ils ne disent rien publiquement et ensuite, à la pause, ils viennent me voir et disent : «J’ai déjà eu ce type d’expériences, mon chien sait quand je rentre à la maison mais je ne peux pas en parler au laboratoire car mes collègues ont l’esprit très étroit.» En fait, je pense qu’il y a beaucoup de gens dans la communauté scientifique qui ont l’esprit tout à fait ouvert mais ils n’osent pas le dire. La situation est assez semblable à celle que vivaient les homosexuels dans les années 1950, avant le mouvement de libération gay. Le monde de la science changera suite à un mouvement social plutôt que d’autre façon. Lorsque des gens avec une vision holistique sentiront qu’ils pourront se mettre à parler franchement à leurs collègues de la télépathie, ils s’apercevront que beaucoup d’entre eux partagent les mêmes points de vue et les mêmes intérêts.

S.L. : Il me semble que vous avez fourni beaucoup de preuves solides de l’existence de la télépathie. Pourquoi y-a-t-il une si grande résistance à accepter cette évidence ?

 R.S : Eh bien, nous savons par la Philosophie de la science et par les travaux comme ceux de Thomas Samuel Kuhn (3) que la science est un paradigme social. Elle possède un modèle de la réalité qui n’est pas qu’un simple modèle intellectuel. C’est un modèle partagé par toute la société qui crée une sorte de pression de la part de groupe de pairs. La communauté scientifique est comme tout groupe social humain ; les gens veulent y appartenir et pour ce faire, il faut obéir à ses règles implicites et les règles de la science actuelles, de la biologie en particulier, sont la conception mécaniste du monde, le paradigme mécaniste. Si vous vous exprimez ouvertement contre lui, les réactions seront souvent hostiles.

S.L. : Personnellement, avez-vous eu beaucoup de réactions hostiles à vos recherches ?

R.S : Oui. Je suis continuellement attaqué, spécialement par des groupes organisés de sceptiques. Dans la plupart des pays, certains jouent le rôle de vigiles scientifiques, essayant de patrouiller aux frontières de la science et s’assurant que personne ne viole les règles et si quelqu’un le fait, celui-ci sera exclu. C’est simplement la sociologie de la science en action, les scientifiques qui suivent des règles sociales. Nous savons par l’Histoire de la science que lorsqu’un changement de paradigme se produit, notamment un changement de conception du monde, il ne s’agit pas d’un simple changement individuel, cela concerne l’ensemble de la communauté des chercheurs. Pour obtenir un PhD (4) – pour être un scientifique qualifié, il faut avoir un doctorat -, vous devez travailler dans un laboratoire officiel et vous n’obtenez un doctorat que si vous effectuez une recherche qui rentre dans le paradigme officiel. Je reçois six à dix courriels par an d’étudiants diplômés qui veulent faire un doctorat sur la résonance morphique, sur la télépathie ou sur d’autres sujets sur lesquels j’ai travaillé. Ils ne peuvent pas le faire parce que, tout d’abord, ils doivent trouver un laboratoire et un professeur qui acceptent ces recherches. S’ils parviennent à en trouver un, les autorités universitaires leur déconseillent de continuer en leur disant : «Vous ne trouverez jamais de travail parce que vous serez critiqués avant même que vous ne commenciez. Faites vos recherches dans un domaine classique et, ensuite, plus tard peut-être, vous pourrez aborder ce genre de recherche.» Plus tard ils y renoncent parce qu’ils ont peur de ne pas obtenir de subventions. Les scientifiques leur conseillent de se taire, de ne pas faire de vague et de reporter leurs recherches quand ils seront à la retraite. C’est l’effet de la pression sociale et le changement ne se fera que si la science est financée par des personnes autres que conservatrices. Actuellement, le financement des recherches est assuré par les conservateurs. Beaucoup de scientifiques voudraient vraiment effectuer des recherches et investiguer dans des domaines différents mais il n’y a pas de financement officiel pour cela. Je sens que cette situation pourrait également changer.

S.L. : Je suppose qu’il y a toujours quelques scientifiques idéalistes qui font de la recherche avec leurs propres ressources.

R.S. : Il n’y en a pas beaucoup. Au cours de toute ma carrière scientifique – et je travaille comme scientifique professionnel depuis quarante ans déjà -, je n’ai pratiquement pas croisé de chercheur individuel. Il y a très peu de personnes qui travaillent en dehors du système académique. En ce moment, je dispose d’un poste académique de recherches à Cambridge ; mais pendant plus de vingt ans, je n’ai eu aucun poste académique parce qu’il était impossible d’effectuer ce type de recherche au sein du système. C’est un gros problème pour la science parce qu’au cours des XVIIIe et XIXe siècles, une grande partie de la science innovante était réalisée par des chercheurs indépendants comme Charles Robert Darwin (5). Celui-ci n’a jamais obtenu de poste académique ni de subvention gouvernementale ; il vivait comme gentilhomme particulier en Angleterre. Il a fait fortune en spéculant sur les actions de chemin de fer et il a épousé l’héritière de Wedgwood, la compagnie de poterie. Il vivait à la campagne, dans une petite maison, disposait de ses propres revenus et rentrait dans la catégorie britannique de naturaliste amateur. Beaucoup de prêtres de l’église anglicane étaient des naturalistes. En fait, Darwin a étudié la théologie à Cambridge. Il avait tout d’abord l’intention de devenir prêtre de campagne et de faire ses recherches naturalistes en tant que prêtre, comme beaucoup d’autres. Il a fait des recherches sans devenir prêtre. Il a donc pu travailler en penseur libre, sans les contraintes de la vie académique, et cela a été le cas de beaucoup d’autres grands scientifiques. James Clerck Maxwell (6), pendant un temps, n’avait pas de travail ; c’était un aristocrate écossais. Il a élaboré la plupart de ses grandes lois de l’électromagnétisme alors qu’il vivait dans son château en Écosse. Plus tard il a obtenu un poste à Cambridge, aussi a-t-il terminé sa vie avec un poste académique, mais sa période la plus créative a été celle où il vivait dans sa propriété. Ainsi, dans l’Histoire anglaise, probablement plus qu’en Allemagne et qu’en France, une grande partie de la recherche a été réalisée par des chercheurs indépendants ; en Amérique aussi, beaucoup de travaux ont été faits par des chercheurs indépendants, comme Thomas Alvas Edison (7) par exemple.

S.L. : Pensez-vous que ce soit encore possible aujourd’hui d’être un chercheur indépendant ?

R.S. : Non car la science est devenue très institutionnalisée, beaucoup plus bureaucratique et contrôlée par le gouvernement. Au XIXe siècle, elle était très libre et dans le monde de langue anglaise, elle était à peine institutionnalisée. En Allemagne et en France, elle l’était davantage parce que le travail dans le domaine de la science a commencé dans les universités plus tôt en France qu’en Angleterre. Depuis la seconde guerre mondiale, la science a été financée par certains états à une plus grande échelle. De plus, un grand nombre de recherche industrielle et des entreprises est contrôlée car elle est conçue pour faire des produits qui rapporteront des bénéfices. La recherche scientifique académique est maintenant liée à des intérêts privés. Il y a donc une restriction basée sur des contrôles bureaucratiques mais aussi sur le contrôle social de scientifiques qui ont peur de dire ce qu’ils pensent et de s’exprimer librement. De bien des façons, la limitation est bien plus grande en biologie et en psychologie qu’en physique. La physique quantique a détruit la conception du monde ancienne et a ouvert la physique à un nouvel éventail de possibilités. La cosmologie moderne pousse les théories encore plus loin. Les cosmologistes se sentent libres de postuler des milliards d’univers qui n’ont pas encore été observés et cela ne rend personne nerveux ; tandis qu’en biologie, le simple fait de suggérer qu’un chien sait télépathiquement quand son maître rentre à la maison crée une tempête de protestations. Il y a donc une double norme à l’œuvre en science. Dans tous les domaines les plus proches des préoccupations humaines, telles que la biologie et la psychologie, il y a une attitude mécaniste dogmatique. En physique et en cosmologie, les choses sont beaucoup plus libres.

S.L. : On a dit que vous étiez un «hérétique» et quelques personnes ont même suggéré de brûler vos livres. Qu’est-ce qui dans votre travail met certains scientifiques autant en colère ?

R.S. : Je pense que ce qui ne leur plaît pas c’est que mes théories puissent aller au-delà de la conception mécaniste et matérialiste du monde. Depuis le XVIIe siècle, les fondateurs de la conception mécaniste comme Descartes et Newton pensaient que le monde était une machine et que la nature était mécanique. Mais ils croyaient aussi que Dieu avait créé le monde et que les lois de la nature étaient des lois divines ; et ils croyaient que l’esprit humain était immatériel et que l’âme humaine pouvait survivre à la mort du corps. Ainsi donc, ils combinaient une conception mécaniste du monde avec une foi religieuse et une conception de la conscience comme étant non mécaniste mais réelle. Par la suite, aux XVIIIe et XIXe siècles, la philosophie matérialiste s’est débarrassée de Dieu et de l’âme et il n’est resté que la nature mécanique. Cette conception matérialiste du monde est alors devenue une sorte de foi religieuse sous forme d’athéisme. L’athéisme est une sorte d’hérésie protestante ; il a poussé la réforme plus en avant. Celle-ci s’est débarrassée des saints, des autels et des pèlerinages ; c’était donc une attaque sceptique sur de larges aspects de la foi catholique. Mais lorsque cette sorte de scepticisme s’est dirigée vers la foi protestante, le résultat en a été l’athéisme, auquel est encore attachée une qualité évangélique ; et c’est pourquoi des personnes comme Richard Dawkins (8), néo-darwiniste (9) parcourent le monde en essayant de convertir tout le monde à l’athéisme, une sorte de religion évangélique.

S.L. : Le matérialisme est-il devenu une conception du monde ?

R.S. : Oui, pour beaucoup de personnes, le matérialisme est devenu une conception du monde, une position de foi. Personne n’a prouvé que la conscience n’existe pas, que la matière est seulement mécanique. Mais beaucoup de gens ont bâti leur vie entière sur cette foi : ils ont rejeté la religion et la foi de leurs parents et de leurs ancêtres. Ils ont tourné en ridicule les croyances religieuses conventionnelles de la civilisation occidentale chrétienne. Ils ont rejeté toutes les contraintes morales normales qui y étaient associées, celles qui soutenaient des choses telles que le mariage et d’autres encore, et le résultat en a été une dissolution de la foi religieuse en Europe, beaucoup plus qu’en Amérique, et un ébranlement des institutions sociales traditionnelles au nom de la libération sociale. C’est une conception du monde à grande échelle, associée à un humanisme laïc, à l’athéisme et au matérialisme. Mais le soubassement de toute la conception du monde athée et humaniste est la science matérialiste.

S.L. : Un scientifique qui remet en cause ouvertement cette conception du monde est vu comme une menace ?

R.S. : Beaucoup de personnes ont construit toute leur identité sociale sur la base de cette conception et ils se sentent supérieurs à ceux qui ont une foi religieuse parce qu’ils pensent qu’ils l’ont transcendée, qu’il s’agit d’une tromperie enfantine et qu’ils se sont élevés à un niveau de compréhension supérieur. Par exemple, si vous dites que l’esprit pourrait être plus étendu que le cerveau, c’est en apparence semblable à que ce que les gens croyaient avant la révolution scientifique ; et c’est considéré par les matérialistes comme une régression, comme une superstition à laquelle il faut résister et qu’il faut combattre. Et c’est cela, je pense qui sous-tend les attaques contre moi. Et les gens qui m’ont attaqué le plus violemment sont des athées agressifs : Sir John Royden Maddox (10), Richard Dawkins, Lewis Wolpert (11) et d’autres encore. Leurs réponses émotionnelles n’ont rien à voir avec l’évidence. L’évidence qu’un chien sait quand son maître rentre à la maison est-elle valide ? Ils ne regardent même pas l’évidence. Ils savent que cela doit être faux et, dans ce sens, c’est comme essayer de discuter avec les créationnistes. Ceux-ci ne sont pas persuadés de l’évidence de l’évolution parce qu’ils ont décidé par avance que tout cela est faux.

S.L. : Sur votre site internet, j’ai découvert que vous avez récemment lancé un pari sur le génome. De quoi s’agit-il ?

R.S. : C’est un pari sur le pouvoir de prédiction du génome et c’est une sorte d’exemple de la réalité sur cette différence d’opinion ou de conception du monde. Le projet du génome représente le dernier cri en biologie mécaniste. Mais, au lieu d’être le triomphe qui amène à une compréhension de notre nature et de la nature de la vie comme on nous l’avait raconté dans les années 1980 et 1990, il semble inutile. Les compagnies de biotechnologie ont perdu au moins cent milliards de dollars de l’argent provenant des investisseurs sans obtenir pratiquement aucun résultat. Arthur Levinson, le fondateur de Greentech, la compagnie américaine d’ingénierie génétique, a décrit l’industrie de la biotechnologie comme «l’une des industries qui ont perdu le plus d’argent de l’histoire de l’humanité.»

Pour revenir, sur le pari, j’ai parié avec Lewis Wolpert, éminent biologiste britannique. Il a parié que le 1er mai 2029 il sera possible de prédire tous les détails d’un organisme sur la base du génome d’un œuf d’animal ou de plante. J’ai parié que ce ne sera pas le cas. Il est déjà clair que cela n’arrivera pas et la soi-disant «héréditabilité (12) manquante» est une crise au sein de la science moderne parce que les gènes n’expliquent pas tout ce qu’ils sont supposés expliquer. J’ai toujours dit qu’on exagérait l’importance des gènes parce que je pense que la plus grande partie de l’hérédité dépend de la résonance morphique et pas des gènes. C’est pour cela que je ne suis absolument pas surpris de l’existence de ce problème d’héréditabilité et, en fait, je pense que le niveau d’héréditabilité manquante qui est d’environ 90%, est une mesure de la contribution de la résonance morphique.

S.L. : Comment pensez-vous que l’ADN et les champs morphiques interagissent ?

R.S. : Je vais essayer de traiter ce sujet brièvement. Les gènes produisent des protéines. Ils sont un code pour la structure primaire des protéines, mais la façon dont la protéine se replie est le premier problème pour la théorie génétique, parce que vous ne pouvez pas prédire la structure tridimensionnelle de la protéine uniquement à partir de la séquence des acides aminés. Si vous essayez de la calculer, vous aboutissez à des centaines de questions, des centaines de formes possibles et elle ne prend qu’une seule de ces formes. La résonance et les champs morphiques jouent, je pense, un rôle dans le repliement (13) de la protéine. Et ils aident également à organiser la façon dont les protéines interagissent et dont la cellule est organisée. Les champs morphiques interagissent avec les gènes parce que ceux-ci fournissent les matériaux de construction – une analogie très grossière serait la façon dont les transistors, les fils de cuivre et les puces mémoires interagissent avec le fonctionnement d’un ordinateur. Des transistors défectueux, un ordinateur qui ne fonctionne pas très bien, présentent plusieurs défauts ou donnent des résultats anormaux. C’est comme une mutation ; mais le fonctionnement d’un ordinateur, les programmes, les logiciels, la conception des circuits, toutes ces choses-là ne sont pas intégrées au transistor. Il y a donc une interaction : les gènes défectueux peuvent donner un organisme défectueux mais cela ne prouve pas que tout dans l’organisme est codé ou programmé dans les gènes. L’hérédité est donc seulement en partie génétique.

S.L. : Les champs morphiques sont-ils seulement formels et abstraits ou bien ont-ils une forme d’énergie ?

R.S : En un certain sens ils sont téléologiques (14). Ils contiennent des attracteurs qui attirent vers eux les organismes en cours de développement. Ils organisent l’énergie. Tous les champs organisent l’énergie. Prenez le champ de l’électron dans la théorie du champ quantique : le champ électronique organise l’énergie et un électron est une vibration dans un champ électronique. Le champ électronique est-il de l’énergie ? Pas vraiment, c’est un champ qui contient ou organise de l’énergie. Les champs morphiques contiennent de l’énergie, mon champ morphique contient et organise l’énergie à l’intérieur de mon corps. L’énergie provient de la nourriture, du petit déjeuner, par exemple. En science, on fait partout la distinction entre champs et énergie. Karl Raimund Popper (15), le philosophe de la science, a dit qu’à travers la science moderne, le matérialisme s’est transcendé, parce que la matière n’est plus le principe d’explication fondamental, ce sont les champs et l’énergie qui le sont. Les champs et l’énergie peuvent prendre n’importe quelle forme, et la forme qu’ils prennent dépend des champs à l’intérieur desquels elle se trouve. Donc, ces champs ne sont pas purement formels, mais il y a une distinction mentale entre les champs et l’énergie. L’énergie contenue dans un morceau de pain grillé aide sur l’instant mon cerveau à fonctionner mais si ce même morceau de pain grillé a été jeté dehors, soit il pourrira et aidera à fournir du combustible à la croissance des champignons, soit il sera mangé par les oiseaux et il fournira de l’énergie au vol d’un oiseau, c’est pourtant le même morceau de pain grillé. L’énergie est une mixture hétéroclite – elle peut prendre n’importe quel aspect, n’importe quelle forme. Elle peut passer au travers de n’importe quel organisme, mais la forme qu’elle prend est donnée par les champs, et les champs organisent l’énergie. Ils ne sont pas eux-mêmes de l’énergie, ce sont des récipients ou des organiseurs d’énergie. Le champ morphique d’un chien, notamment d’un chien affamé, organise le comportement de celui-ci de telle façon qu’il essaie de trouver de la nourriture ; ainsi, s’il y a un chien affamé et qu’il y a un os avec de la viande à quelques mètres de lui, il essaiera d’atteindre l’os. Si vous introduisez un système à ressort dans sa laisse, vous pourrez mesurer concrètement sa force et vous obtiendrez une mesure de la force de ce champ.

S.L. : Pensez-vous qu’un jour il sera possible de mesurer les champs morphiques avec une machine ?

R.S. : Il n’y a aucune raison pour qu’on le mesure avec une machine. On mesure les champs électriques avec des machines électriques, les champs magnétiques avec des machines magnétiques, les champs gravitationnels avec des pendules et d’autres phénomènes gravitationnels, les champs morphiques se mesurent à travers leurs effets : tous les champs se mesurent à travers leurs effets. Je propose des expériences qui consistent à entraîner des rats à apprendre un nouveau truc et à voir si des rats peuvent mieux réussir quelque part ailleurs. Ceci implique la mesure des champs morphiques à travers leurs effets et, si le champ est plus fort, l’effet sera plus fort. On doit mesurer tous les champs à travers des effets appropriés. Il n’y a aucune raison pour qu’on puisse les mesurer par le biais d’un appareil électromagnétique. Après tout, on ne peut pas mesurer la gravité avec un appareil électromagnétique.

S.L : Est-ce que la photographie Kirlian (16) révèle un aspect du champ morphique ?

R.S : Je ne sais pas. La plus grande partie du travail effectué sur la photographie Kirlian n’a pas été très rigoureuse. Ce procédé est basé sur des décharges électriques avec une tension élevée et on obtient cette décharge avec de l’humidité dans l’air. Le problème est qu’une grande partie de cette recherche a été faite par des expérimentateurs extrêmement amateurs et naïfs et non des scientifiques sérieux.

S.L. : À propos de la question sur le schisme moderne entre la science et la spiritualité, je connais beaucoup de personnes qui ont de fortes intuitions spirituelles et, en même temps, qui appartiennent à cette conception du monde et à cette société qui très réductionniste et matérialiste. Elles sont véritablement déchirées entre les deux positions. Qu’en pensez-vous ?

 R.S. : À vrai dire, je pense que notre civilisation toute entière est déchirée, en raison de la conception mécaniste du monde qui dépeint le monde comme une machine, les esprits humains simplement comme l’activité du cerveau, les émotions humaines comme de simples réactions de nos corps, l’art et les expériences esthétiques comme de simples phénomènes subjectifs qui se produisent dans nos têtes. Cette conception du monde, si aliénante, qui était celle de l’époque des Lumières, a créé une réaction à la fin du XVIIIe siècle sous la forme du mouvement du Romantisme. Les Romantiques les plus intéressants et les plus sérieux se trouvaient dans les pays de langue allemande où s’est développée la philosophie de la Nature – Naturphilosophie – qui était elle-même un élément de cette réaction des Romantiques contre la conception mécaniste du monde. En Angleterre, cela s’est exprimé principalement sous la forme de la poésie. Les poètes Romantiques disaient que la nature est vivante, que les émotions sont réelles, que notre expérience émotionnelle est intense, que notre imagination est valide, que tout ceci n’est pas invalide du simple fait que cela ne rentre pas dans des lois mathématiques. Les mécanistes ont nié tous ces aspects et le mouvement Romantique a eu une influence profonde sur la civilisation européenne. Le résultat a été une scission. Du lundi au vendredi, les intellectuels et les gens cultivés sont d’accord avec la conception mécaniste du monde parce qu’elle sous-tend l’industrialisme, le machinisme, les bureaucraties d’état, les armements, les investissements, et tout le reste. Toutes les affaires importantes, les travaux et les entreprises sont basés sur un mode de pensée mécaniste. Ils mettent en avant l’exploitation de la nature, la recherche du profit par les mines et l’extraction des matières premières, la déforestation, l’industrialisation des fermes et l’agriculture industrielle. Tout ceci constitue le monde réel de l’économie, et on l’accepte. Les gens s’enrichissent en exploitant la nature. Le week-end et pendant les vacances, ils prennent leur voiture et fuient les villes pour retourner à la nature et s’éloigner complètement de tout. Bien évidemment, lorsqu’ils sont à la campagne, ils ne veulent pas que la nature soit détruite, qu’une autoroute passe devant leur porte, qu’on abatte les arbres des forêts ni que les gens dispersent des poisons sur les champs autour de leur maison ; ils deviennent conservateurs pendant les week-ends.

S.L. : Tout cela donne l’impression d’être une façon de vivre plutôt hypocrite …

R.S. : Eh bien, je pense que cette scission mécaniste-romantique est complètement intégrée dans notre civilisation occidentale, nous y sommes tous habitués, nous menons tous des doubles vies. La religion et la spiritualité trouvent leur place le week-end. C’est ainsi que certains scientifiques et certains mécanistes continuent à suivre leur foi chrétienne et, pendant les week-ends et dans leur vie privée, ils sont souvent des chrétiens très conventionnels. D’autres personnes, qui sont passées à travers tout un processus éducatif et intellectuel qui les a éloignées de la tradition chrétienne, sont alors devenues des chercheurs dans le cadre de la spiritualité du Nouvel Âge, bouddhistes, adeptes de méditation, du yoga, de pratiques spirituelles ou tentent de se reconnecter à la nature. Mais la scission entre la vie privée et la conception mécaniste du monde est ancrée dans notre culture occidentale et, qui plus est, nous l’avons maintenant exportée dans le reste du monde. Si vous allez en Chine, en Inde, au Japon ou en Indonésie, pendant le temps de travail, les fonctionnaires du gouvernement, le personnel des agences de développement, les employés du ministère de l’agriculture, du ministère du commerce et de l’industrie, du système éducatif, des écoles d’ingénieurs, propagent la conception mécaniste du monde. Cependant, le soir, pendant le week-end et les vacances, la plupart d’entre eux retournent à leur propre culture. J’ai passé cinq ans à travailler en tant que scientifique en Inde et, au travail, mes collègues indiens se comportaient comme des scientifiques de type occidental complètement conventionnels mais, dès qu’ils rentraient chez eux, ils redevenaient hindous ou musulmans. S’ils étaient hindous, ils croyaient à la réincarnation, allaient avec leur famille sur les lieux de pèlerinage et aux temples et faisaient des offrandes aux dieux et aux déesses. S’ils étaient musulmans, ils étaient habituellement très dévots, jeûnaient pendant le Ramadan et priaient tournés vers La Mecque, et ainsi de suite. Ils acceptaient simplement cette scission comme normale parce que nous l’avons rendue normale.

S.L : Pensez-vous que la force qui pourrait guérir cette scission viendra de la science plutôt que de la religion ? Nous ne pouvons pas continuer de vivre divisés.

R.S. : Je pense que cette guérison doit venir de la science et non de la religion. Elle peut venir de la religion, d’une façon individuelle car les gens veulent trouver leur propre salut, pour ainsi dire, dans leur propre vie. Mais pour que cette guérison arrive individuellement et collectivement dans notre culture toute entière, il faut que le changement passe par la science, par une conception plus holistique du monde. Bien évidemment, la manifestation collective de cette division se voit à travers notre effet sur notre environnement, le changement de climat et la destruction de l’environnement. Tout ceci est une conséquence inévitable de la conception mécaniste du monde associée à un capitalisme global et à la technologie moderne. C’est en train de détruire l’environnement, donc, en un certain sens, nous allons être forcés de changer, que nous le voulions ou non. Mais je pense que nous devrons dépasser la conception mécaniste du monde non seulement pour des raisons politiques ou sociales mais parce qu’elle est inadéquate, dogmatique, étroite, limitée et exclut beaucoup de phénomènes de la nature. Je pense que ce qui va arriver tôt ou tard – en fait, c’est déjà en train d’arriver –, c’est une conception plus holistique et plus inclusive de la biologie, de l’écologie, de l’esprit, de la psychologie et ainsi de suite. L’hypothèse Gaïa (17) est une étape dans cette direction, qui est venue du monde scientifique mais elle n’est pas suffisante ; nous avons besoin d’une conception du monde qui reconnaisse que la nature est organique, que l’univers est un organisme, que les organismes vivants, les humains, les sociétés sont des organismes et pas des machines. Nous devons reconnaître l’importance des habitudes et de la mémoire qui font toutes partie d’une cosmologie organique évolutive. Un changement de conception du monde est déjà en train de se produire mais la science officielle est encore bloquée dans la vieille idéologie mécaniste.

S.L. : Pensez-vous que le fait d’étudier les philosophies traditionnelles, la sagesse atemporelle peut nous aider à être inspirés, à redécouvrir des idées qui ont existé autrefois et à formuler notre propre version de cette sagesse ?

R.S. : Oui. Je ne pense pas que nous puissions tirer grand-chose de la philosophie étroite du XXe siècle telle que le positivisme logique ou les philosophies matérialistes de l’esprit. Une philosophie qui nous aide à reconnaître la nature de l’âme ou la conscience dans la nature peut être très utile, comme par exemple la philosophie d’Aristote et particulièrement celle de saint Thomas d’Aquin avec sa philosophie sur les âmes des animaux, des plantes et de l’âme dans la nature, le rôle de l’âme dans l’organisation des choses vivantes et pas seulement des êtres humains. C’est une philosophie animiste de la nature qui a été rejetée au cours de la révolution mécaniste du XIIe siècle mais qui a été redécouverte de différentes façons. Et je pense que la Naturphilosophie allemande est une étape très importante vers une philosophie de la nature plus organique. D’une certaine façon, la Philosophie de la Nature a eu le plus de succès avec les théories de l’évolution. Celles-ci se sont d’abord développées à la fin du XVIIIe siècle et ont émergé du mouvement de la philosophie naturelle. Selon la conception Romantique, la nature est vivante et non mécanique. Les premiers penseurs de l’évolution comme Erasmus Darwin, le grand-père de Charles Darwin et Lamarck, pensaient que la nature était vivante et dotée d’un esprit créateur, si bien que le processus tout entier de la vie était un processus d’ascension évolutive ou de développement, pas simplement en raison de forces mécaniques aveugles mais parce qu’il y avait un esprit vivant et créateur dans la nature.

S.L. : Y-a-t-il un auteur en particulier qui a défini ce type d’approche ?

R.S. : Henri Bergson l’a étudié en détail dans son livre Evolution créatrice, un des grands ouvrages de philosophie. Bergson est mon philosophe préféré et sa conception de l’évolution est, à mon avis, une conception très importante parce qu’elle met en avant l’idée de l’évolution de la vie sur terre et plus largement, le processus d’évolution cosmique comme faisant partie d’un énorme processus de développement constant. Nous en faisons partie et il ne s’agit pas uniquement d’un hasard aveugle ni de sélection naturelle. La sélection naturelle joue un rôle mais ce n’est qu’une petite partie d’un processus bien plus large.

S.L. : Y a-t-il d’autres mouvements philosophiques actuels qui vous intéressent particulièrement ?

R.S. : La philosophie qui m’intéresse le plus en ce moment dans le monde anglophone – je ne connais pas bien la philosophie germanique actuelle – est la tradition du Panexpérientialisme d’Alfred North Whitehead (18). Celui-ci était un philosophe anglais important qui a travaillé avec Bertrand Russell au début du XXe siècle. Il a écrit un livre sur les mathématiques et la logique mathématique intitulé Principia Mathematica. Ensuite, dans les années 1920, il a développé une théorie de la relativité, différente de celle d’Einstein, mais une théorie mathématique qui a fait les mêmes prédictions que celle d’Einstein et qui a passé les mêmes vérifications. On parle beaucoup d’Einstein mais peu de Alfred North Whitehead. Celui-ci en est arrivé à conclure par la suite que la conscience ou une certaine forme de pensée ou d’expérience devait être inhérente dans toute la nature, que même les processus quantiques – il a été sans doute le premier philosophe à comprendre la théorie quantique et à voir ses implications – mettaient en jeu ce qu’il a appelé un pôle physique et un pôle mental. Il ne suggérait pas que les atomes ont des cerveaux ou qu’ils ont une conscience comme la nôtre mais qu’un certain type d’expérience était inhérente à tous les systèmes physiques auto-organisés. On pourrait donc appeler sa philosophie «pan-psychisme» – la pensée en tout – mais on l’appelle plus justement, panexpérientialisme – l’expérience en tout – et, par ce mot «tout», on n’entend pas des tables, des chaises, des roches… mais des systèmes auto-organisés. Les atomes auraient cette expérience mais pas les agrégats parce qu’ils n’auraient pas une individualité inhérente.

Je suis donc intéressé par cette tradition particulière de la philosophie, ainsi que par la «théologie du processus», aspect plutôt peu connu, mais intéressant, de la théologie anglo-saxonne contemporaine. La plupart des théologiens de cette tradition s’appuient sur la conception de Whitehead et interprètent la théologie chrétienne en termes de processus évolutif : la découverte individuelle et la réalisation du divin à travers un processus évolutif. Dans la théologie chrétienne traditionnelle et plus clairement dans la tradition orthodoxe orientale, un aspect de la Sainte Trinité, le Saint Esprit est le souffle de la vie dans toute la nature. C’est un esprit créateur qui coule à travers toutes les créatures vivantes, dans l’univers, à travers les étoiles et les planètes. Cet esprit immanent dans toute la nature est un aspect de la nature de Dieu. Dans toute la Bible, le Saint Esprit est décrit comme le souffle créateur, pas seulement un souffle de vie mais le Souffle créateur de la Vie, faisant partie du processus évolutif. Le processus évolutif tout entier n’est pas simplement aveugle mais il se dirige vers une sorte de complexification ou de découverte, ou d’auto-découverte du divin. C’est là une théologie intéressante.

 Par Sabine LEITNER
Directrice de Nouvelle Acropole en Grande Bretagne
(1) Une nouvelle science de la vie, Editions du Rocher, 2003, 233 pages
(2) Traduction de Paul Couturiau, Editions du Rocher, 2002, 370 pages
(3) Philosophe et historien des sciences américain (1922-1996) qui s’est principalement intéressé aux structures et à la dynamique des groupes scientifiques à travers l’Histoire des sciences
(4) Doctorat de philosophie (terme attribué à la science)
(5) Naturaliste anglais (1809-1882) auteur de la sélection naturelle et de l’Origine des espèces. Lire les articles sur Darwin dans la revue Acropolis n° 212
(6) Physicien et mathématicien écossais (1831-1879) qui a montré que la lumière était un phénomène électromagnétique et que les champs électriques et magnétiques se propagent dans l’espace sous la forme d’une onde et à la vitesse de la lumière
(7) Industriel américain  (1847-1931), inventeur de plus de 1 093 brevets  dont l’électricité, le téléphone, le cinéma et l’enregistrement du son
(8) Biologiste, éthologiste britannique (né en 1941), professeur à l’université d’Oxford, popularise la théorie de l’évolution centrée sur les gènes et introduit le terme de «même». Ardent défenseur du rationalisme
(9) Appelée théorie synthétique de l’évolution ou synthèse néo-darwinienne (1905-1930), fondée au départ sur l’apport de la génétique des populations. Elle intègre des concepts de nombreuses branches des sciences comme la biologie, la géologie, la biogéographie et les mathématiques
(10) Physicien, (1925-2009), écrivain, journaliste, militant athée britannique, éditeur de Nature, membre de l’association de la presse rationaliste et de la principale organisation sceptique américaine, le Comité pour l’investigation scientifique des affirmations sur le paranormal (CSIOP)
(11) Né en 1929, professeur de biologie appliquée à la médecine à l’Université collège de Londres, travaille sur la biologie cellulaire
(12) L’héritabilité est une statistique estimant le degré d’influence probable des facteurs génétiques pour un phénotype donné, dans une population donnée
(13) Le repliement de protéine est le processus physique par lequel un polypeptide se replie dans sa structure tridimensionnelle caractéristique dans laquelle il est fonctionnel
(14) relatif à la téléologie, doctrine selon laquelle le monde obéit à une finalité
(15) Philosophe britannique des sciences (1902-1994), il rejette d’abord la métaphysique comme système irréfutable et invérifiable et admet par la suite la nécessité de fonder les recherches scientifiques sur des «programmes de recherche métaphysique» et inscrit son propre travail dans le cadre de l’épistémologie évolutionniste
(16) ‪Procédé dit photographie Kirlian ou effet kirlian, découvert par le russe Semvon Kirlian, montant un halo lumineux autour d’un objet, résultat de l’effet corona, (une ionisation gazeuse engendrée aux abords immédiats du sujet plongé dans un fort champ électrique alternatif), présent entre autres dans les lampes à plasma.
(17) Appelée également hypothèse biogéochimique, hypothèse scientifique controversée, initialement avancée par l’écologiste anglais James Lovelock, selon laquelle la Terre serait un vaste organisme Gaïa, réalisant l’auto-régulation de ses composants pour favoriser la vie. Lire l’article de Délia Steinberg Guzman dans la revue Acropolis n° 203
(18) Philosophe, logicien et mathématicien britannique (1861-1947), s’oriente vers la philosophie de la Nature et est un des fondateurs de la théologie du Processus (théologie du dynamisme créateur de Dieu)

Bibliographie

  • L’Âme de la nature, traduction Paul Couturiau, Albin Michel, collection Espaces libres, 2001, 277 pages
  • Ces chiens qui attendent leur maître et autres pouvoirs inexpliqués des animaux, Editions du Rocher, 2001, 411 pages
  • La Mémoire de l’Univers, traduction Paul Couturiau, Editions du Rocher, 2002, 370 pages
  • Une nouvelle science de la vie, Editions du Rocher, 2003, 233 pages
  • Sept Expériences qui peuvent changer le monde, 2005, 265 pages
  • Les pouvoirs inexpliqués des animaux, traduction Jérôme Bodin, Editeur : J’ai Lu, 2005, 443 pages

 Site Internet : www.sheldrake.org

  • Le 22 juin 2015

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