« Au-delà des étoiles, »Le mysticisme et l’art au tournant du XXe siècle

Dans un premier article (1) nous avons évoqué la place de l’homme dans la nature à travers l’exposition « Au-delà des étoiles » organisée par le Musée d’Orsay, faisant apparaître les quêtes mystiques des peintres, à travers les paysages, au tournant du XXe siècle. Dans cet article, l’accent est mis sur cette recherche spirituelle voire mystique qui baigna le XIXe voire le XXe siècle.

Une recherche spirituelle voire mystique baigna le XIXe et le XXe siècle.

Une recherche spirituelle voire mystique baigna le XIXe et le XXe siècle.

Dans son sens actuel, le mysticisme caractérise surtout l’expérience spirituelle qui se produit en dehors de toute religion institutionnelle, le substantif ne date que du XVIIIe siècle.
Avant, il n’existait que l’adjectif : mystikos : « secret, caché ou relatif aux mystères ».

Le développement du mysticisme au début du XIXe siècle a été fortement influencé par les écrits du philosophe allemand Friedrich Schleiermacher (1768-1834), qui situe le phénomène en dehors de toute religion particulière. Il constitue l’essence de toute religion et correspond à la conscience immédiate du « monde infini », expérience sensorielle, cognition et phénomène naturel. Pour Robert Alfred Vaughan (1856), il définit « un tronc commun » à toutes les traditions mystiques. Cette conception du mysticisme est confortée au XIXe siècle par le développement du transcendantalisme et la création de la Société Théosophique.

Le transcendantalisme américain

Le mouvement transcendantal se caractérise par une mystique panthéiste, influencé par les américains Walt Whitman, Henri David Thoreau et Ralph Waldo Emerson. Ils croient à la fois en l’existence d’une divinité rédemptrice dans l’espèce humaine et en la présence de l’esprit dans le monde naturel, comme les traditions hindoues, Goethe et Swedenborg.
Emerson parle d’une « sur-âme » ou âme suprême de l’humanité qui correspond au Un éternel dans lequel tout es mystiquement interconnecté.
Ils ont choisi leur nom en référence à Kant et à sa théorie des catégories transcendantales. Ils reprennent l’héritage du romantisme allemand mais aussi de la pensée de Jean-Jacques Rousseau dans sa critique de la société corrompue et le besoin du retour à la nature. L’influence du transcendantalisme est énorme outre-Atlantique et demeure une référence pour les mouvements d’avant-garde.

Le courant théosophique

Helena Petrovna Blavatsky réhabilita et introduisit en Occident les sources archaïques de la pensée orientale, tout en cherchant la Sagesse Une derrière toutes les religions du monde.

Helena Petrovna Blavatsky réhabilita et introduisit en Occident les sources archaïques de la pensée orientale, tout en cherchant la Sagesse Une derrière toutes les religions du monde.

La Société Théosophique, fondée à New York en 1875 par Héléna Petrovna Blavatsky prône plutôt une discipline ou école de pensée qu’une religion. Elle réhabilite et introduit en Occident des sources archaïques de la pensée orientale tout en cherchant la Sagesse Une qui est derrière toutes les religions du monde. Dans ce sens, cette pensée peut apparaître comme syncrétique alors qu’elle se définit plutôt comme éclectique, cherchant à valoriser ce qu’il y a d’universel derrière chaque courant de pensée de l’histoire humaine.
Elle réfléchit à tous les domaines de l’activité humaine, dont l’Art et son influence sera très forte dans le tournant du XXe siècle naissant.  Pour les théosophes, l’important est que les artistes dans leur synthèse créatrice de couleurs et leurs compositions formelles, se servent des outils du plan sensoriel-matériel pour représenter les plans spirituels et sous-jacents de la réalité.

La personnes humaine est un ensemble des différents plans de la réalité, visibles et invisibles , tout comme l'univers.

La personnes humaine est un ensemble des différents plans de la réalité, visibles et invisibles , tout comme l’univers.

Car pour la théosophie, la personne humaine est un ensemble des différents plans de la réalité, visibles et invisibles, tout comme l’univers. L’idéal de l’évolution humaine consiste à réaliser son être individuel uni à la source spirituelle dans une intégration créatrice avec la réalité.

Pour eux, les artistes jouent un rôle important en stimulant spirituellement l’humanité par leur aptitude à représenter une réalité supérieure fascinante et inspiratrice.
Jinarajadasa (2) dira : « Chaque fois qu’il y a un envol vers le plan bouddhique (3), il y a immédiatement un retour, et un flux de Buddhi descend vers la conscience. C’est cette descente qui caractérise l’art dans ses vraies manifestations. » (4)

L’art au service de la vie spirituelle

Le peintre canadien Lawren Harris pense que l’art est « la plus haute formation de l’âme, essentielle pour sa croissance, pour son déploiement », et Kandinsky fait remarquer : « la vie spirituelle, à laquelle l’art appartient également et dont il est l’un des agents les plus puissants, est un mouvement […] vers l’avant et vers le haut. » (5)
« Les thèmes de la Société théosophique ont intéressé un certain nombre de peintres, parmi lesquels Paul Gauguin, Fernand Khnopff, Hilma af Klint et Paul Sérusier, et certains aspects de la théosophie et du transcendantalisme ont influencé Emily Carr, Lawren Harris, Jock Macdonald, Arthur Dove et Georgia O’Keeffe. » (6)

L’intégration des sources orientales dans ces pensées, en particulier, les sagesses bouddhistes et taoïstes réhabilitent la nature dans une vision panthéiste et bienveillante, par rapport à l’image de la chute de la tradition judéo-chrétienne. À cela s’ajoutent également les traces de la spiritualité ésotérique occidentale à travers la Kabale, l’hermétisme, l’alchimie et l’occultisme.

La mission de l’art selon Kandinsky

« Projeter la lumière dans les profondeurs du cœur humain, telle est la vocation de l’artiste » a écrit Robert Schumann. « L’art, dans son ensemble, n’est pas une création sans but de choses qui se dissolvent dans le vide, mais une force qui tend vers un but et doit servir à développer et affiner l’âme humaine. […] Il est le langage qui, dans sa seule forme particulière, parle à l’âme des choses qui constituent son pain quotidien et qu’elle ne peut recevoir que sous cette forme. L’art se dérobe-t-il à cette tâche, rien ne saurait combler le vide de cette absence, car il n’existe aucune autre puissance capable de le remplacer. » (7)
Kandinsky croit à un temps de l’accomplissement du progrès divin. La nécessité intérieure est à la fois subjective et objective. Elle est issue de nécessités mystiques, donc de modes de connaissance étrangers et supérieurs à la connaissance et à l’existence normale.  L’art est à la fois connaissance et projet moral et il débouchera sur une transformation du monde.

Les nécessités mystiques qui sont à la source de la nécessité intérieure sont au nombre de trois :

  1. Chaque artiste, en tant que créateur, doit exprimer ce qui lui est propre (sa personnalité).
  2. Chaque artiste, en tant qu’enfant de son époque, doit exprimer ce qui est propre à son époque (style, langage de l’époque et de la nation).
  3. chaque artiste, en tant que serviteur de l’art, doit exprimer ce qui est propre à l’art en général (élément de l’art pur et éternel que l’on retrouve chez tous les hommes, peuples, époques et qui ne connaît ni espace ni temps).
Les sagesses bouddhistes et taoïstes réhabilitent la nature dans une vision panthéiste et bienveillante.

Les sagesses bouddhistes et taoïstes réhabilitent la nature dans une vision panthéiste et bienveillante.

Nous devons traverser avec l’œil spirituel les deux premiers éléments pour apercevoir ce troisième élément mis à nu.  […] Seul ce troisième élément reste éternellement vivant. Non seulement il ne perd pas sa force avec le temps mais en gagne constamment. Une sculpture égyptienne nous émeut certainement plus aujourd’hui qu’elle n’a pu émouvoir les hommes qui l’ont vu naître. […] Et c’est pourquoi des siècles sont parfois nécessaires pour que la résonance du troisième élément atteigne l’âme des hommes. Ainsi, la prépondérance du troisième élément dans l’œuvre est-elle le signe de sa grandeur et de la grandeur de l’artiste. […] La force spirituelle intérieure à de l’art ne se sert de la forme d’aujourd’hui que comme d’une marche afin d’en atteindre de suivantes. » (8)

Les cinq phases de la transformation mystique

Les expériences mystiques sont des états modifiés de conscience éphémères qui conduisent à un oubli de soi, la volonté se laissant inspirer et diriger par une force supérieure.

Les expériences mystiques sont des états modifiés de conscience éphémères qui conduisent à un oubli de soi, la volonté se laissant inspirer et diriger par une force supérieure.

Le philosophe et psychologue William James décrit dans une clé psychologique les étapes de la transformation mystique. Les expériences mystiques sont analogues aux sensations, elles se vivent et ne peuvent pas se décrire facilement. Ce sont des états modifiés de conscience éphémères qui conduisent à un oubli de soi, la volonté se laissant inspirer et diriger par une force supérieure.
Évelyne Underhill (9) complète cela en privilégiant la dimension spirituelle et transcendante. Pour elle, le véritable mysticisme renforce l’amour dans sa relation à l’absolu spirituel et il est orienté vers la transformation du moi dans cette union avec l’absolu.
Elle distingue cinq étapes dans la dynamique mystique de la transformation.
D’abord, la personne vit « l’éveil » à la vie mystique lors d’une expérience de conversion avec conscience d’un Dieu immanent dans l’univers.
Ensuite, une « purification » se soumettant à diverses disciplines et pratiques. Elle cultive des attitudes comme l’humilité, la simplicité et la réceptivité qui aident à l’évolution intérieure de la conscience en détachant son égo des passions mondaines.
La troisième étape est celle de « l’illumination » contemplative qui peut prendre de nombreuses formes : conscience contemplative ; expériences visionnaires ; conscience cosmique ; repos contemplatif ; ravissement ; nuit noire.
La quatrième est « l’unité contemplative » où les éléments purificateurs se transforment pour atteindre leur réalisation dans une union spirituelle avec l’absolu, plus table.
Et la cinquième est dénommée « la vie théopathétique », qui se vit dans une authentique union mystique où la personne « se soumet à l’influx de sa vitalité céleste », qui donne une expression créatrice et individuelle à la réalité spirituelle dans sa vie active quotidienne.

Le mysticisme et l’art

Évelyne Underhill considère le mysticisme proche de l’art dans la mesure où il inclut une ouverture inventive et intuitive. L’art suppose une pratique, un talent et une créativité. Il a aussi ses maÎtres et mobilise une vision inhabituelle de la réalité sous-jacente à laquelle il donne expression. Les grandes œuvres d’art possèdent des qualités mystiques et tous les grands artistes sont des mystiques. Pour des philosophes comme G.W.F. Hegel ou Henri Bergson, les grands artistes sont les médiateurs entre la vérité spirituelle et la beauté de « l’Être essentiel et transcendant ». Il voit la réalité au-delà du voile des apparences, il se rapproche de l’essence des choses. L’artiste transmet une émotion esthétique au spectateur qui peut le transporter jusqu’à une extase.
Rudolf Otto définit le « sublime » comme le moyen le plus efficace de représenter le numineux dans les arts. « Le sublime nous rend humbles et, en même temps, nous exalte, nous entoure et nous fait sortir de nous-mêmes ; d’un côté il libère en nous un sentiment analogue à la crainte, de l’autre, il nous réjouit. » (10)
Le sublime est un sentiment esthétique qui mêle attraction et répulsion, caractérisant   le sentiment humain face à l’immensité d’un paysage ou au déchaînement des éléments de la nature. Présent déjà dans la tragédie antique, ce concept réapparaît avec Kant qui le considère comme un symptôme d’une faillite de l’entendement dépassé par une expérience suscitant des idées qu’il ne saurait penser. La puissance, l’immensité et la volupté suggérées par le sublime le rapprochent du sentiment mystique, bien que son caractère inquiétant l’en distingue.
De tous temps, les hommes se sont interrogés face à l’inconnu, se sont livrés à une quête spirituelle voire mystique, cherchant ainsi des réponses à leur origine et leur devenir et tentant de trouver un sens à l’existence, au-delà de la réalité matérielle. Que ce soit à travers l’ésotérisme, la théosophie, le transcendantal, les philosophies orientales…,cette quête semble plus que nécessaire, voire un défi pour l’humanité à venir, ce qui fera dire à André Malraux : « Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas ».

(1) Lire article Au-delà des étoiles. Le paysage mystique de Monet à Kandinsky de Laura WINCKLER paru dans la revue Acropolis n°287 (Juillet 2017)
(2) Président mondial de la Société théosophique et auteur prolifique
(3) Plan de l’intuition/Sagesse
(4) Arts as Will and Idea, Adyar, Madras, Théosophical Publishing House, 1954
(5) Du spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier, Wassily KANDINSKY, Éditions Denoël, 2016
(6) Concepts mystiques, contextes artistiques, Michael STOEBER, in Au-delà des étoiles, Catalogue de l’exposition, Éditions Réunion des Musées Nationaux, 2017, page 50
(7) Opus cité
(8) Opus cité
(9) The Essentials of Mysticism, J.M. DENT and Sons, 1920, Londres
(10) The Idea of de Holly, Rudolf OTTO, Oxford University Press, 1978

 

Légende des photos :

Photo n°1 : Wenzel Hablik (1881 – 1934), Nuit étoilée, 1909
Photo n°2 : Helena Petrovna Blavatsky (1831-1891)
Photo n°3 : Théo van Doesburg (1883-1931), Corps causal
Photo n°4 : Mardsen Hartley (1877-1943), Cosmos
Photo n°5 : Odilon Redon (1936-2007), Le Bouddha
Photo n°6 : Charles-Marie Dulac (1866-1989), Soleil Levant à Assise

Par Laura WINCKLER
Helena Petrovna Blavatsky
L’actualité de ses enseignements ésotériques
Par un collectif
Éditions Acropolis, 2016, 256 pages, 18 €
Plus d’un siècle après sa disparition, Helena Petrovna Blavatsky, fondatrice de la Société Théosophique et auteur de nombreux ouvrages, reste toujours un personnage énigmatique qui ne laissa personne indifférent. À la fin du XIXe siècle, elle ramena d’Orient des enseignements de sagesse atemporelle développés à travers différentes philosophies et religions, qui furent oubliés ou perdus avec le temps. Redécouverts par l’Occident aux XXe et XXIe siècles, ils sont mieux compris aujourd’hui, en raison d’un cadre conceptuel et bibliographique plus large et du développement de la science. Leur compréhension permettra peut-être de retrouver une dimension spirituelle pour ré-enchanter le monde et créer une nouvelle civilisation.

« Le sens de l’hospitalité » une proposition de réponse aux maux d’aujourd’hui

Dans son dernier livre « Le sens de l’hospitalité », Jacqueline Kelen introduit la notion de l’hospitalité. Un sujet toujours d’actualité dans un pays qui a accueilli de nombreux peuples, de passage ou venus s’y installer.

"Le sens de l'hospitalité" de Jacqueline Kelen.

« Le sens de l’hospitalité » de Jacqueline Kelen.

Dans notre époque, où le temps pressé l’emporte sur le temps rythmé. Dans la civilisation du tout connecté, où comme l’anticipe Antoine de Saint-Exupéry en mai1944, lorsqu’il écrit à Madame Françoise de Rose « une dictature de la présence remplace la vraie présence ». Dans cette frénésie de début du XXIe siècle où les relations humaines s’emballent sur des claviers malmenés par des pouces surexcités. Des pouces, en recherche d’un cœur toujours plus aimant. Mais, relié à distance celui-ci semble plutôt en sommeil qu’en activité. Alors, dans cette atmosphère à la cadence effrénée, qu’avons-nous oublié ?

Jacqueline Kelen, avec sa culture de femme de lettres et son talent d’écrivain, vient nous parler d’une altérité tombée dans l’oubli : le sens de l’hospitalité. Tiens donc, le sens de l’hospitalité, quel sens lui donner ? Notre temps lui prête-t-il de l’importance ? Peut-il être un bien fondé à l’action politique du « vivre-ensemble » ? Pouvons-nous le considérer comme une solution à nos problèmes ?
Voilà, autant de questions que soulève cet essai.

Les valeurs de l’hospitalité

Notre premier contact avec le livre se fait par l’intermédiaire de sa couverture, une splendide nature morte de Pieter Claesz (1). Un premier appétit de lecture nous est proposé mais aussi une première réponse. La nature morte, nous rappelle à la saveur des mots partagés autour de mets qui portent le goût et les odeurs du Souverain Bien platonicien : le Bon, le Beau, le Juste et le Vrai.

Puis, on tourne les pages. La lecture nous saisit. Nous comprenons le devoir sacré du sens de l’hospitalité. Les dieux eux-mêmes l’ont vénéré. Puis, il devient un sens moral, un élan de générosité, un rite de vie au cœur de toutes les traditions. Nous saisissons qu’il est source d’inspiration pour les tablées de chevalerie d’hier et d’aujourd’hui. Mais aussi qu’il n’est pas naïf. Qu’il satisfait au bon dosage entre confiance et discernement, entre charité et justice.

C’est au rythme de la philosophie antique, des récits bibliques, des mythes grecs, d’histoires vécues que Jacqueline Kelen nous conduit à la richesse de cette réflexion. Le sens de l’hospitalité, une proposition de réponse pour les maux d’aujourd’hui ?
Qui y aurait cru ?

Laissons les derniers mots à Saint Exupéry cité par Jacqueline Kelen : « Car sache que l’hospitalité et la courtoisie et l’amitié sont rencontres de l’homme dans l’homme ».
Merci, Jacqueline pour ce livre. Que sa lecture nous inspire pour faire grandir notre joie portée, par le sens de l’hospitalité.

(1) Peintre néerlandais (1596/1597-1661) dont la peinture a pour thème la nature morte. Il a exercé son art pendant le siècle d’or néerlandais (1584-1702), période où les Pays-Bas sont devenus l’un des centres du savoir, notamment avec le développement des sciences humaines et des sciences naturelles et la présence de nombreux écrivains et érudits venus dans ce pays pour enseigner et publier en toute liberté. Pieter Claesz fut l’un des représentants du baroque
Le sens de l’hospitalité
Jacqueline KELEN
Éditions Guy Trédaniel, 2017, 139 pages, 15€
Jacqueline Kelen est écrivain, auteur d’une quarantaine d’ouvrages. Elle a suivi des études supérieures de lettres classiques et pendant vingt ans a été productrice d’émissions à France Culture. Ses livres sont consacrés au déchiffrement des mythes, aux richesses de la vie intérieure et aux figures de la mystique.
Par Olivier LARREGLE