Les Maîtres de Sagesse, protecteurs de l’Humanité

«Ce que l’homme a perdu est réel et ce qu’il a gagné est illusoire». H.P. Blavatsky

 

Qui sont les maîtres de Sagesse dont parle Héléna Pétrovna Blavatsky dans la Doctrine Secrète ? Détenteurs de la sagesse archaïque, ils sont chargés de veiller sur l’humanité mais également d’éveiller la conscience de l’homme.

 

Une humanité orpheline ? La question peut se poser au regard des défis planétaires qu’elle doit assumer actuellement. Lorsqu’au XIXe siècle, la grande ésotériste Héléna Pétrovna Blavatsky (1) témoigna de l’existence de guides occultes de l’humanité, appelés adeptes, Mahatmas ou Maîtres de Sagesse, comme sources de connaissance et d’inspiration de son œuvre gigantesque, elle fut tour à tour adulée et conspuée puis accusée d’imposture. Ni les sciences positivistes ni les dogmes religieux de l’époque ne pouvaient tolérer de telles remises en question.

Les Maîtres de sagesse existent-ils ?

«Les doctrines philosophiques et enseignements éthiques donnés au monde par le canal de la Société Théosophique, émanaient de certains instructeurs orientaux, que l’on disait appartenir à une Fraternité Occulte (ou Grande Fraternité Blanche). Héléna Petrovna Blavatsky  reconnut ces Frères orientaux comme ses Instructeurs et spécifia non seulement qu’ils existaient mais qu’elle-même avait été formée et instruite par eux pendant son séjour au Tibet». (2)

Des êtres initiés

«Un adepte le devient, il n’est pas fait». Selon les enseignements de l’Orient, il existe un escalier d’or reliant l’humanité à des êtres ayant dépassé, par leur propre mérite, l’étape humaine et développé une conscience transcendante des grandes lois de la vie, que les anciens appelaient les Mystères. Mentalement et parfois concrètement, quand la connexion devient possible grâce au discipulat, ils inspirent aux hommes la direction de leur propre perfectionnement, selon les lois immuables de l’évolution. «Malgré leur sainteté et leur avance dans la science des Mystères, ils restent des hommes, membres d’une Fraternité, dont ils sont les premiers à observer les lois et les règlements.»(3)

Accomplir des missions sur terre

Certains d’entre eux, initiés de haut niveau, s’incarnent périodiquement pour accomplir des «missions» terrestres soit pour fonder des religions soit pour impulser des mouvements initiatiques : dans le premier cas, ils apportent à l’homme des codes moraux (comme dans le bouddhisme ou le christianisme) ou civilisateurs (comme dans l’islam) ; dans le second cas, ils offrent l’opportunité à ceux qui le peuvent, de gravir par leurs propres efforts l’échelle qui relie l’humanité aux sources divines de la connaissance. La tâche s’avère plus rude en cet âge noir ou Kali Yuga, qui correspond, selon les traditions hindouistes des Védas, à une période d’occultation de la réalité spirituelle au bénéfice d’une matérialité croissante, génératrice de séparativité et de nombreux conflits. Il existerait donc des périodes plus propices à l’éveil et il nous appartient de voir et de saisir les opportunités que nous offrent parfois les circonstances, de modifier la trajectoire de notre vie.

La voie discipulaire

Une voie de libération existe : c’est la voie discipulaire, fleuron de la quête philosophique. «La tâche principale du disciple est de se détacher de ce sentiment de la personnalité qui constitue le voile épais qui cache notre partie immortelle, l’homme réel». Car, «le sentier du disciple conduit au cœur de la Nature elle-même […]. Devant ces lois immuables, même l’adepte le plus élevé doit s’incliner avec humilité.» (4)

La sagesse, une denrée rare ?

Acropolis 274 - maitres de sagesseBut ultime de la démarche philosophique, elle englobe tout ce que l’on peut concevoir de beau, de bon, de vrai, de juste tant au niveau conceptuel que du vécu. Être sage, n’est-ce pas être en adéquation avec la réalité et les clés occultes de son fonctionnement que l’on appelle  lois de la nature ? Comme l’a énoncé J.A. Livraga, «la Sagesse n’a pas de Maîtres mais ses serviteurs sont les Maîtres de l’univers». Quelques paroles d’un Maître aux authentiques chercheurs de vérité : «Aperçois la vérité devant toi : une vie saine, un esprit ouvert, un cœur pur, un intellect ardent, une perception spirituelle sans voile, un sentiment de fraternité pour ton co-disciple, de la facilité à donner et recevoir conseil et instruction, un sens loyal du devoir envers le professeur, […] un œil constant sur l’idéal de la progression et perfection humaines que la science secrète Gupta-Vidya, dépeint. Telles sont les marches d’or sur lesquelles l’apprenti doit grimper pour atteindre le temple de la sagesse divine.» (5)

La responsabilité, clé de la fraternité

Les directives des Maîtres ne seront suivies librement que par ceux qui auront suffisamment éveillé leur discernement et leur intuition pour en reconnaître la filiation. «D’après les règles de la fraternité, il faut accorder aux élèves la pleine et entière liberté d’action, la liberté de créer des causes même si celles-ci, en temps opportun, deviennent leur châtiment. Nos chélas (disciples) ne sont aidés que lorsqu’ils sont innocents des causes qui leur valent des ennuis.»(2) Autrement dit, la protection des Maîtres ne peut aller à l’encontre des causes (karma) que les hommes ont eux-mêmes générées par ignorance ou négligence. Leur action dans les coulisses du monde invite chacun de nous à se redresser et à se prendre en main, à vivre dignement son destin d’humanité qui commence par la connaissance de soi et le service aux autres. Et l’une des clés de cette émouvante aventure humaine est la fraternité : «Les Maîtres ne peuvent donner que peu d’assistance à un groupe qui n’est pas complètement uni dans les mêmes buts et sentiments et qui brise sa première règle fondamentale – l’amour fraternel universel sans distinction de race, de croyance ou de couleur.»(6)

 

Par Sylvianne CARRIÉ

 

(1) Lire article de Chantal Hérion, H.P. Blavasky, aventurière de l’esprit, page 11
(2) A.T. Barker, Lettres des Mahatmas, M et KH à Sinnet, éditions Adyar, 1990, page 11
(3) H.P.Blavatsky, réflexion sur l’actualité de ses enseignements ésotériques, page 66, Éditions Nouvelle Acropole, 1991
(4) A.T. Barker, Lettres des Mahatmas, M et KH à Sinnet, éditions Adyar, 1990, page 14
(5) H.P.Blavatsky, réflexion sur l’actualité de ses enseignements ésotériques, page 89, Éditions Nouvelle Acropole, 1991
(6) op cit page 77