Le Printemps, symbole du renouveau et de la résurrection

 

« Assieds-toi au bord du ruisseau, et contemple l’écoulement de la vie,
Car ce signe sur le monde passager nous suffit ».
« Échanson ! Voici l’ombre des nuages, et le bord du ruisseau au printemps.
Je ne te dirai pas que faire. Si tu es un fervent du cœur, dis-le toi-même ! »
Hafiz de Chiraz – poète persan

L’équinoxe de printemps manifeste le renouvellement de la force vitale de la nature. Le printemps invite chacun de nous, analogiquement, au renouveau, à la renaissance et à la résurrection.

Le Soleil du Printemps apporte avec lui expansion, croissance et lumière.

Le Soleil du Printemps apporte avec lui expansion, croissance et lumière.

Dans toutes les civilisations, les fêtes des saisons, associées aux solstices et aux équinoxes, symbolisaient et préparaient au passage des quatre grandes portes de l’année du cycle de la lumière et de la vie. La porte de l’aube et de la naissance, l’équinoxe de printemps ; la porte de midi, de la maturité et de l’apogée, le solstice d’été ; la porte du crépuscule et de la vieillesse, l’équinoxe d’automne et la porte de minuit et de la mort, le solstice d’hiver.
Ces événements se déroulent en même temps dans le cosmos, sur la terre et dans le cœur des hommes. Par l’imagination et le vécu du sacré à travers les fêtes, nous apprenons à connaître et à vivre consciemment les cycles de la Nature.

Le réveil et le renouveau

Dans la nature, le printemps impulse une énergie nouvelle, symbolisée en astrologie par l’entrée dans le signe du Bélier qui repousse de ses cornes le manteau hivernal qui recouvrait la nature et initie un nouveau jaillissement. Le printemps est en relation avec une énergie sauvage, rustique, gouvernée par le Dieu Mars selon la tradition romaine, qui a donné son nom au mois de Mars, mois de l’équinoxe de printemps. Le Soleil du Printemps apporte avec lui expansion, croissance et lumière.
De nombreuses légendes antiques racontent que l’équinoxe de printemps coïncide avec le retour d’une divinité sur terre, ou avec le réveil d’une divinité. Les Grecs disaient que le jour de l’équinoxe de printemps était aussi la résurrection du Soleil après les longs mois d’hiver. Apollon revient du pays des Hyperboréens, pays où les êtres divins sont éternellement jeunes et ainsi, dans les premiers jours du printemps, les rayons du Soleil sont habités de l’énergie de ces Hyperbores et ont le pouvoir de réveiller toute la nature.

Comme le décrit si bien Jean-Marie Pelt (1) « La magnificence des floraisons massives, alors que les arbres sont encore défeuillés, est le rare et splendide privilège des régions tempérées. La vie végétale, en chômage pendant le long hiver, devient brusquement une ruche bourdonnante. Tandis que le soleil remonte dans le ciel, la nature fidèle lit dans ce signe le retour des beaux jours. Le soleil déclenche alors l’immense marée végétale… Tout se joue en l’espace de quelques semaines entre les blanches aubépines de Pâques et le sommet végétal marqué par les pivoines de la Pentecôte. En cinquante jours, la nature a joué son va-tout pour l’année entière. Après elle se repose bien vite, toute préoccupée de la maturation des fruits, donc de sa propre perpétuation. »

Osiris chez les Égyptiens, Dionysos chez les Grecs, dans les traditions des mystères, le Christ dans la tradition chrétienne sont des Dieux et des êtres divins en rapport avec ce mystère de la mort et de la résurrection.

Osiris chez les Égyptiens, Dionysos chez les Grecs, dans les traditions des mystères, le Christ dans la tradition chrétienne sont des Dieux et des êtres divins en rapport avec ce mystère de la mort et de la résurrection.

Le mythe de la résurrection, la grande espérance

Avec la résurrection de la Nature, on fête aussi la résurrection de l’homme, l’accession de l’âme à l’immortalité. Dans de nombreuses traditions religieuses, des dieux ou des personnages sont en rapport avec ce grand mystère de la mort et de la résurrection, symbole d’espérance, car indiquant que la mort n’est pas une fin mais une étape qui permet à l’âme humaine d’atteindre l’immortalité. Il faut que l’homme meure à sa nature matérielle, pour ressusciter, c’est-à-dire renaître à sa nature divine et immortelle. Osiris chez les Égyptiens, Dionysos chez les Grecs, dans les traditions des mystères, le Christ dans la tradition chrétienne sont des Dieux et des êtres divins en rapport avec ce mystère de la mort et de la résurrection.
Nous touchons là au mystère central de l’existence, celui de l’évolution spirituelle pour l’homme, symbolisé par la décomposition de la graine dans la terre et sa réapparition sous la forme d’un être vivant qui s’élève vers la lumière.

Les symboles du renouveau

Les symboles de Pâques sont étroitement associés au renouveau, à la renaissance, à la fertilité et à la vie. Le lapin ou lièvre que l’on retrouve dans l’Est de la France et dans beaucoup de pays d’Europe est le symbole de la vie, de la fertilité et de la victoire de la lumière de l’amour sur les ténèbres des enfers.
L’œuf est communément considéré comme l’un des symboles du renouveau de la nature qui coïncide avec l’arrivée du printemps. Il illustre le mythe de la création périodique, de la renaissance, de la résurrection. L’évocation de cette unité et du centre caché en son sein est probablement à la source de la quête des œufs à l’époque de Pâques et de la coutume de les dissimuler dans le jardin pour la plus grande joie des enfants.

(1) Auteur de Fleurs, fêtes et saisons, Éditions Fayard, 1988, 360 pages
Par Françoise BECHET