Le castor et la raie manta, liés par l’étrangeté

Comment deux animaux, d’espèces très différentes deviennent amis et tentent de se compléter.

Un castor et une raie font connaissance

Un castor et une raie font connaissance

 

 

À l’embouchure d’une rivière
Le cadre est étonnant
Se rencontrent l’eau de la Terre
Et l’eau de l’Océan.

Ici tout se termine et tout commence.
Un castor et une raie font connaissance.

«- Quel étrange animal vous êtes !
Où sont vos pattes, où sont vos dents ?
Et sans cela comment vous faites
Pour avoir barrage, tanière et enfants ?»
«- Oh rien de tout ceci pour moi n’est important
Ma vie n’est qu’une balade dans le grand Océan.»

«Je vois l’immensité en surface
Je visite l’infini par le fond.
Dans ma bouche il y a bien la place
Pour capter les choses en suspension.»

«- Oh j’envie quand même vos ailes
Qui vous donnent liberté là dedans.
Mais je n’ai pas été conçu comme tel
Nous sommes vraiment différents.»

«- Et bien moi sans les pattes il me manque le palpable.»
Ils se taisent ils ressentent les lois de l’immuable.

La manta trouve une idée
«Et si nous devenions amis ?
Nous pourrons nous compléter
Et puis tu verras mon pays.»

Le Castor est d’accord, «avançons l’un sur l’autre
Nous verrons mieux le monde, nous vivrons mieux les choses.»

Ainsi est née leur longue amitié.
Leur étrangeté les a liés,
Alors qu’elle pouvait les éloigner.
Mais dans cet’ fable la chance va tourner.

Une violente tempête éclate et sépare les compères.
Chacun à l’autre coin du globe ils ne se reverront guère.

Comment vont-ils survivre sans leur alter égo ?
Heureusement la vie fait parfois des cadeaux.
Un matin la raie avec des pattes se réveille
Un soir le castor se voit pousser deux belles ailes.

Quand ils étaient ensemble ils surent se compléter,
En se retrouvant seuls, ils savent se recréer.

Il y a des changements qu’on estime improbables.
Même les galaxies ne sont pas immuables.

Par Frédéric FAURE