La vie est belle de John Franz Capra

 

« La vie est belle » est un film de Franck Capra, adapté d’un conte de Noël qui reprend un thème cher au réalisateur, David contre Goliath, sur un fond de clivage social entre laissés pour compte et privilégiés.

 

La vie est belle de Franz Caara, adapté d'un conte de Noel.

La vie est belle de Franz Caara, adapté d’un conte de Noel.

La petite ville de Bedford Falls est en émoi. Chaque habitant prie pour le cas désespéré de George Bailey qui a tenté de mettre fin à ses jours. Les prières montent au ciel, où l’on décide de dépêcher sur terre l’ange de seconde classe Clarence, afin de sortir Bailey de ce mauvais pas. Clarence prend connaissance de son passé et découvre que le malheureux a consacré toute sa vie au bien. Sans discontinuer, il s’est effacé pour privilégier le bonheur des siens et aider les autres. Une ultime malversation de Henry Potter, le banquier cupide, a conduit George au bord de la faillite.

Ce film, sorti en 1946 est une adaptation d’un conte de Noël.
Dieu proposera à son ange de seconde classe en attente de l’acquisition de ses ailes, d’aider une personne de grand cœur, mais avant d’accomplir sa tâche, il se doit d’entendre une présentation de celui dont la vie ne tient qu’à un fil. Franz Capra met incontestablement en scène un personnage sacrificiel. Tout au long de sa vie, il a en effet accompli nombre de dévouements pour redonner espoir à ses concitoyens, au détriment de son existence même. Cet altruisme débordant va même jusqu’à constituer un frein à ses ambitions. La vie de George Bailey est ainsi faite : sans cesse motivé par sa générosité viscérale, il en oublie de vivre pour lui et laisse sur son passage une foule d’actes manqués.

Le scénario quant à lui reprend l’éternelle lutte de David contre Goliath, véritable leitmotiv de l’œuvre de Capra. Le jeune héros, ayant reçu l’héritage idéaliste de son père, est confronté à l’hégémonie du despotique Henry Potter. Ce personnage incarnant à la perfection la mainmise du capitalisme sur les petites gens et la lutte qu’il entretient avec les habitants de Bedford Falls, permet au cinéaste de dresser un constat du clivage social existant entre laissés pour compte et privilégiés. Capra dénonce les effets pervers de tout rouage économique. Les politiciens qui défendent cette conception du monde sont cupides, véreux et ne sont motivés que par le pouvoir, sur un portrait de la bannière étoilée finalement bien loin d’être reluisante. Air connu jusqu’à aujourd’hui et plus que jamais.

Le film possède un goût d’amertume d’après-guerre et laisse fréquemment poindre un pessimisme incontestable, même si l’humanisme et l’optimisme, de par la volonté de Capra, en ressort triomphant. Mais il y a incontestablement une double lecture.
Avec grâce et un brio déconcertant, La vie est belle crée au final une symbiose parfaite entre des tons et genres radicalement différents.

Avec une magie indéfinissable, gageons que cette œuvre par son humanisme et sa vitalité continuera à enchanter les générations à venir.

Avec James STEWART, Donna REED, Lionel BARRYMORE, Karolyn GRIMES, Thomas MITCHELL, Ward BOND, Henry TRAVERS, Gloria GRAHAME

Le mardi 3 avril 2018 à 19h
Espace Sorano
16, rue Charles Pathé – 93400 Vincennes – Tel : 01 43 74 73 74 – www.espacesorano.com
par Lionel TARDIF