La crise est dans les êtres humains : nous devons retrouver l’équilibre

Rendre les circonstances responsables de la crise est une illusion. La crise vient des êtres humains. La solution serait-elle en eux-mêmes ?

 

Une année de plus, nous commençons, plongés dans un processus historique que nous avons convenu de nommer «moyen-âge» du fait de ses caractéristiques. Nous vivons précisément des caractéristiques typiques selon lesquelles l’individualité mal comprise est devenue de la séparativité. La séparativité est devenue affrontement, agressivité, elle est devenue fanatisme. Personne ne veut écouter l’autre, personne ne veut comprendre l’autre.

C’est évident que ce moyen-âge ne se vit pas de la même manière dans tous les pays du monde. Mais nous sentons tous ces formes mentales qui nous pénètrent et nous détruisent. Il ne sert à rien de se dire «dans mon pays on vit mieux», car le monde entier est plongé dans cette nuée de grande séparativité et de grande fragmentation.

The remains of destroyed houses at sunset

La crise est dans les êtres humains

On parle de crise et on adopte toujours l’attitude la plus confortable qui est de rendre les circonstances responsables de la crise.

Je crois que non, parce que les circonstances ne sont pas une entité étrangère aux êtres humains. La crise est dans les êtres humains, et la crise provient des êtres humains. Elle vient de nous, soit parce que nous l’avons provoquée, soit parce que nous l’avons laissée être provoquée par un grand confort matériel ou par une grande paresse spirituelle.

Nous laissons courir l’histoire comme si cela n’avait rien à voir avec nous. Cependant, tout ce qui arrive dans le monde est le résultat de ce qui se passe en nous. S’il y a crise chez les êtres humains, il y a crise dans le monde.

Mais cela présente un grand avantage, c’est que, si le problème vient de nous, la solution aussi est en nous.

Au départ, un immense déséquilibre

Nous vivons dans un monde inquiétant, très déséquilibré, déséquilibre qui se manifeste autant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

À l’intérieur, nous, les êtres humains, quoi que nous ayons, nous ne sommes pas satisfaits. Toujours il y a un désespoir, un manque de quelque chose que nous ne pouvons définir. Un manque de confiance en nous-mêmes, un manque de confiance dans les autres. Et cela engendre, comme il est normal, un immense déséquilibre en chacun de nous.

Et du déséquilibre extérieur, que puis-je vous dire ? Il suffit de voir ce qui se passe jour après jour partout sur terre. Le 31 décembre,  jour supposé joyeux et festif et où les gens se réunissent pour le célébrer, les grandes capitales du monde ont multiplié leurs mesures de sécurité. Cela parle du grand déséquilibre que nous sommes en train de vivre et de la façon dont nous avons permis que ce déséquilibre progresse.

C’est curieux : nous voulions arriver au bien-être total, c’était le grand rêve et nous sommes parvenus à l’insécurité totale, c’est la grande réalité.

Personnellement, je ne crois pas que, dans ces situations, sortir dans la rue pour protester, pour crier, présente aucun intérêt car cela ne sert  qu’à se soulager un moment.

Ce n’est pas l’heure de crier ni de protester, c’est l’heure d’agir. Il faut faire quelque chose.

Je sais que nous n’avons pas accès à toutes les formes d’action nécessaires en ce moment. Mais chacun de nous peut développer une petite forme d’action qui ne soit pas seulement une protestation mais une action positive.

Retrouver l’équilibre et l’harmonie

Il faut récupérer l’équilibre. Tout ce qui se perd peut se récupérer.

Il faut récupérer l’harmonie. Si on l’a perdue, on peut aussi la récupérer.

Il faut parvenir à ce que notre monde devienne un accord harmonique, parfait, qui remplisse nos âmes et nous permette de sortir de cet enfermement de folie, de désespoir et d’inquiétude.

Je sais que tous sont très préoccupés par les crises économiques, par les crises politiques, par les crises religieuses. Mais c’est plus inquiétant en ce moment de l’histoire est qu’il y ait tant de personnes déséquilibrées psychologiquement et mentalement. Cela ne veut pas dire qu’il y a plus de malades. Cela veut dire que nous vivons dans un monde malade, et cela même pénètre en nous et nous fait perdre la stabilité.

L’attention est attirée par le fait de voir que tant de gens et si jeunes, qui n’ont pas encore commencé à faire leurs premiers pas dans la vie, ne sachent qu’en faire. C’est cela la crise car, quand on ne veut plus vivre ou qu’on ne sait pas vivre, tout le reste va se briser sous nos pas.

C’est pourquoi il est si important de récupérer l’équilibre, l’harmonie et la beauté.

Ce sont des qualités qui font partie de l’être humain, mais qu’on a laissé de côté au nom de l’absurde, de la banalité, de la laideur et du grotesque, comme un masque pour cacher notre désenchantement.

Cependant, l’harmonie existe. Chacun de nous peut émettre un son différent, mais il faut parvenir à ce qu’entre tous nous puissions créer une très belle symphonie et pas un ensemble isolé de sons qui n’ont pas trouvé l’accord et l’union.

Il reste beaucoup à faire, mais ce qu’il faut faire est beau, juste, naturel, harmonieux. C’est humain.

 

Par Délia STEINBERG GUZMAN
Présidente de l’association internationale Nouvelle Acropole
N.D.L.R. Le chapeau et les intertitres ont été rajoutés par la rédaction