Explosion démographique, quel avenir pour Gaïa ?

Face à l’explosion démographique que connaît la Terre (Gaïa) et dont les chiffres ne cessent d’augmenter, les pays riches vont devoir non seulement se poser des questions importantes mais également envisager un changement de mentalité incluant une vision mondiale. Sont-ils prêts ?

Pour 2030, l’O.N.U. (Organisation des Nations unies) annonce une population mondiale de 8,5 milliards qui devrait se stabiliser à 11, 5 milliards d’habitants entre 2040 et 2050.

Pour 2030, l’O.N.U. (Organisation des Nations unies) annonce une population mondiale de 8,5 milliards qui devrait se stabiliser à 11, 5 milliards d’habitants entre 2040 et 2050.


La population de la Terre n’a pas cessé d’augmenter, depuis que l’homme y habite. Au début de l’ère chrétienne, la Terre était peuplée de 225 millions d’habitants. En 1820, la population a dépassé le milliard d’âmes et en octobre 2011, le chiffre est passé à 7 milliards. Pour 2030, l’O.N.U. (Organisation des Nations unies) annonce une population mondiale de 8,5 milliards qui devrait se stabiliser à 11, 5 milliards d’habitants entre 2040 et 2050.

Cette explosion démographique pose le problème délicat des ressources qui elles, ne sont pas infinies. Comment la population vivra-t-elle dans cet environnement si les ressources ne peuvent suffire à ses besoins ? Quel sera l’avenir des 1,3 milliards d’êtres vivant aujourd’hui dans une pauvreté extrême quand l’excédent de population sera concentré dans le Tiers monde, c’est-à-dire dans l’hémisphère Sud ? Ces questions sont extrêmement importantes et devraient obliger les pays riches de l’hémisphère Nord à changer radicalement leur politique, leurs préoccupations et leur façon de vivre.

En effet, ceux-ci sont tournés vers la façon de résoudre les pressions fiscales d’un vieillissement radical de la population

(en baisse continue ou en stagnation) (1) tout en gardant le monopole du pouvoir. Cet égocentrisme serait probablement responsable au XXIe siècle des conflits liés à l’accès de la terre et à l’eau disponibles et nécessaires à la survie. Ainsi, la Pax Americana (2) sera durement mise à l’épreuve par un hémisphère Sud, jeune (3) pauvre, frustré et colérique.

Ce problème d’explosion démographique n’est pas nouveau. En effet, l’Histoire montre que l’Empire romain s’est effondré en 476 av. J.-C., à cause de facteurs démographiques similaires. Comme l’a dit Jorge Santayana (4), «ceux qui n’apprennent pas de l’Histoire sont condamnés à la répéter».

 Quelle évolution démographique pour l’avenir ?

L’évolution démographique dépend de quatre paramètres :

. Le taux de natalité : nombre de naissances sur 1000 de population totale : en France et en 2012, il est de 12,2/1000.

. Le taux de mortalité : nombre de personnes décédées sur 1000 habitants) : 8,85 /1000 en France en 2012

. Le taux de fécondité : nombre de naissances sur 1000 en se basant sur une population de femmes âgées de 15 à 49 ans : en France et en 2012, il est de 20,8 /1000.

. La pyramide d’âges : bien que la science en sache peu sur les causes d’évolution du taux de fécondité, il a été établi que celui-ci, compris entre 2,05 et 2,10 sur 100 est une condition nécessaire pour assurer la stabilité absolue d’une population.

En théorie, la population semble à suivre quatre stades :

– Un taux de natalité et fécondité forts, un taux de mortalité élevé (taux de natalité et mortalité de 5+/ 100 personnes) et une population limitée et jeune (le Tiers-monde avant 1900, mais rare aujourd’hui),

– Un taux de natalité et fécondité forts, un taux de mortalité en chute rapide, produisant une explosion de population jeune (Afrique et Pays arabes aujourd’hui),

– Un taux de fécondité en chute rapide à moins de 2,1, un taux de mortalité bas, produisant une population en croissance faible ou en décroissance avec une tendance radicale vieillissante (les pays riches aujourd’hui),

– Un taux de fécondité en lente augmentation pour rétablir une population stable (ne se produit pas dans les pays sauf aux États-Unis, en France et en Irlande).

Si la population mondiale arrive à se stabiliser, des questions complexes se posent : le taux de fécondité mondial de 2,56 (en 2011) diminuerait-il naturellement et assez rapidement pour éviter les conflits et guerres ? Le changement de comportement égoïste et gaspilleur des pays riches arriverait-il à sauver Gaïa ? Si les États appliquent la politique d’éducation et de justice prônée par Platon dans son ouvrage La République, cela suffirait-il, ou n’est-il pas indispensable de changer de façon profonde les valeurs des sociétés ?

La surpopulation, mythe ou réalité ?

En 1798 l’économiste Thomas Malthus (5) a prévu que la population croîtrait toujours plus vite que les moyens de subsistance ; ainsi les résultats seraient la peste, la misère et les guerres sans fin, dans une lutte pour l’espace et la survie. De ce fait, pour éviter une catastrophe, le contrôle de la population, notamment dans le milieu pauvre, était une priorité. Malthus a légué à l’économie la réputation de «la science sombre» ou pessimiste !

Jusqu’à récemment, les pessimistes avaient tort. En effet, depuis 1820 la technologie a avancé à une vitesse phénoménale. Au début, cela était dû à l’exploitation fulgurante d’énergie de charbon ; ensuite, à la Révolution industrielle (6), le pétrole et électricité ont remplacé la force humaine et animale. Cette accélération a été renforcée en même temps par la propagation rapide de l’éducation pour tous dans les pays riches et s’est ensuite amplifiée par une diffusion de plus en plus rapide de nouvelles technologies (7). Mais en vérité, la technologie est un faux-ami qui retarde simplement les pressions démographiques de Gaïa. La terre cultivable et l’eau fraîche nécessaire pour la vie sont déjà épuisées (par exemple en Chine, Inde, Indonésie, Bangladesh, Pakistan, Égypte…). Depuis plusieurs décennies, le monde frôle les limites de révolte de Gaia (voir l’augmentation de tempêtes importantes, sécheresse prolongée et inondations sans précédents (8).

Quel choix de vie pour l’avenir ?

La capacité de Gaïa à donner une vie décente à tout être humain est intégralement liée à la vitesse à laquelle la population du monde pourra se stabiliser (malgré la baisse rapide de taux de fécondité déjà en cours, avec l’avancement du programme d’éducation des femmes dans le Tiers-monde). Pour réussir ce défi, il serait nécessaire d’obtenir le plus vite possible, un taux de fécondité mondiale compris entre 2,05 et 2,10 dans le Tiers-monde. Le problème est que, malgré le progrès de science, l’état de conscience des hommes a peu évolué depuis son arrivée sur terre, pour y inclure une vision mondiale. Ainsi, les bénéfices de l’avancée technologique ont été détournés dans un parcours matérialiste frénétique qui a servi à enrichir les riches, au détriment des pauvres.

La question fondamentale qu’il faut se poser ici est de savoir quel choix prendre concernant la qualité de vie dans les années à venir.Même si nous suivons les recommandations sages et politiquement correctes de l’O.N.U. pour stabiliser les populations du Tiers-mondes (par l’Éducation et la justice dont parle Platon), ces efforts sont condamnés à l’échec ! Car le progrès serait toujours basé sur un modèle de valeurs matérialistes occidentales qui a mené le monde dans une impasse et un gaspillage voire une surconsommation (9). Les grands écarts entre les pays riches et pauvres ne peuvent pas êtres résolus seulement en copiant le modèle du Nord. Seulement un saut de conscience individuelle et collective sera capable à sauver Gaia. Ceci sera difficile, mais pas impossible. Comme a dit Gandhi «Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde». Les premiers gestes et premiers pas en avant commencent avec nous-mêmes, ici et maintenant ; et encore demain.

(1) Selon le Max Planck Institut (Financial Times du 26/2/2013), en 2030, l’âge médian prévu dans les pays riches sera supérieur à 45 ans et compris entre 25 et 35 ans dans les pays pauvres. L’avancée de l’espérance de vie entre 1900 et 2012 est si radicale que 72 ans est devenu dans les pays riches, le nouveau «30». Ainsi, un homme né en 1870 avait la même espérance de vie à 30 ans (environ 14 ans) qu’un homme de 72 ans en 2012 ! Les conséquences imprévues du prolongement de l’espérance de vie seront énormes pour les systèmes de retraite et de santé mises en place après la guerre (en France et en 1950, l’espérance de vie d’un homme était de 63,4 ans, celui d’une femme est de 69,2 ans alors qu’en 2011 elle est de 78,2 ans pour un homme et 84,8 ans pour une femme. Pour une illustration audiovisuelle, voir le Zero Population Growth Inc. 2012 sur : http://www.youtube.com/watch?v=4BbkQiQyaYc
(2) Hégémonie américaine dans le monde
(3) Les différences dans la pyramide d’âge sont illustrées par la République démocratique du Congo où l’espérance de vie homme/femme était 37,5/40,6 ans en 1950 et seulement 47/51 ans en 2011
(4) Jorge Agustín Nicolás Ruiz de Santayana y Borrás, écrivain et philosophe américain (1863-1952)
(5) Auteur de Essais sur le principe de population, 1798
(6) Le développement du téléphone, du transport aérien, de l’automobile, de la télévision s’est accéléré pendant un certain temps, provoquant des changements dans la société mais s’est ensuite installé dans un rythme de changement plus prévisible
(7) La nature de la technologie semble changer avec les ordinateurs de dernière génération, le génie génétique et la nanotechnologie. Les nouvelles technologies ne fonctionnent pas comme avant. Leurs processus se sont accélérés de plus en plus vite. Lorsque des nanorobots arrivent à une réalisation très performante, ils produisent de nouveaux nanorobots encore plus performants et plus sophistiqués
(8) Des signes, avertissant d’un désastre écologiques en perspective, sont apparus : de 2000 à 2009, la température mondiale a été à son point le plus haut depuis 11 300 ans, en se basant sur un échantillon de glace de la région Antarctique, probablement à cause de l’accumulation rapide de gaz CO2. En plus du réchauffement planétaire imprévu, il faut souligner la pénurie chronique d’eau potable dans le Tiers-monde, l’air irrespirable dans les grandes villes et l’effondrement alarmante du pôle Nord. Voir Sparing Nature : The conflict between Human Population Growth and Earth‘s Biodiversity, Jeffrey.K. Mc Kee, Rutgers university press, 2005
(9) L’Américain est le plus grand consommateur d’énergie au monde : 23,6 kep/p/j (kilos d’équivalent pétrole par jour et personne), alors que les Européens consomment 10,6 kep/p/j, les Africains,1,5 kep/p/j, et les Chinois, 2,5 kep/p/j ! Si le Tiers-monde suivait le modèle occidental, Gaïa ne pourrait jamais fournir assez d’énergie
 James H. LEE 

 

Encadré n°1

Evolution des taux de fécondité dans le monde en 2011

Pays riches     Pays en voie de développement
. États Unis 2,06 Chine 1,50
Asie Est 1,60
Europe 1,56
. France 2,08 Amérique Latine 2,30
. Irlande 2,09 Afrique 4,60
. Allemagne 1,44 Côte d’Ivoire 3,80
. Espagne 1,48 Niger 7,16
. Italie 1,40 Ligue des pays arabes 3,20
. Japon 1,39 Iran 1,87
. Russie 1,60 Inde 2,62
. Europe Est 1,35 Pakistan 3,17

Ce tableau illustre l’énorme paradoxe d’une implosion démographique dans les pays riches mais une explosion dans le Tiers-monde, notamment en Afrique et au Moyenne-Orient où l’âge médian est le plus jeune et la zone géographique la plus instable politiquement.

(Source : Banque mondiale, indicateurs de développement, 2012)

 

Encadré n°2

Évolution de la population depuis l’ère néolithique

Pour 2030, l’O.N.U. (Organisation des Nations unies) annonce une population mondiale de 8,5 milliards qui devrait se stabiliser à 11, 5 milliards d’habitants entre 2040 et 2050.

Pour 2030, l’O.N.U. (Organisation des Nations unies) annonce une population mondiale de 8,5 milliards qui devrait se stabiliser à 11, 5 milliards d’habitants entre 2040 et 2050.