Édvard Munch, la danse de la vie

Présenté comme un documentaire d’époque et une fiction (car il n’y a pas de séparation entre les deux), le film, Edvard Munch, la danse de la vie, paru en 1974, retrace les débuts de la carrière artistique du peintre norvégien Edvard Munch (1863-­1944).

Edvard Munch, la danse de la vie de Peter Watkins

Edvard Munch, la danse de la vie de Peter Watkins

De ses recherches picturales à la réception de son œuvre par le public et les critiques, des drames amoureux à la peur de la maladie qui s’abat sur sa famille telle une malédiction, de son rejet de la société bourgeoise à son accueil par des groupes anarchistes où d’artistes révolutionnaires : le film brosse le portrait subjectif et intime de Munch, tout en liant l’artiste à son époque et aux grands mouvements culturels et sociaux qui agitent cette fin de XIXe siècle notamment en peinture avec Van Gogh, Gauguin, Cézanne, Picasso… en littérature avec Ibsen, Max Reinhard…

Le film évoque toutes les recherches artistiques et formelles que Munch a développées durant près de vingt ans, et c’est également l’époque où il investit le plus de lui-­même et où perce aussi sa colère face au monde. Sous le portrait du célèbre peintre surgit constamment l’autoportrait du cinéaste anglais, Peter Watkins.

Peter Watkins décrit l’ambiance de cette fin du XIXe siècle. Un univers puritain, religieux et bourgeois dont la richesse s’appuie sur le travail d’un tiers des enfants, travail dont la durée maximum légale est fixée sur le même plafond que celui des travaux forcés. Une société policée qui, derrière une façade éduquée et raffinée, entretient un réseau de prostituées, dénie toute forme de culture et croît sur la pauvreté. Une société qui s’abrite derrière la Bible pour asservir les femmes et étouffer toute velléité de mettre à bas les masques.

Peter Watkins fait sien Le Cri de Munch, un cri d’angoisse qui anticipe les dirigeants à venir dans le monde, ce cri qui a pris naissance dans le carcan familial et social.
Avec Geir Westby, Gro Fraas, Kersiti Allum, Susan Trosldmyr.

Par Lionel TARDIF
Projection le mardi 16 mai 2017 à 19 h
Espace Sorano : 16, rue Charles Pathé – 94300 Vincennes – Tel : 01 43 74 73 74 – www.espacesorano.com