Donner sens à nos pas

 

L’auteur s’interroge sur le sens de nos actions. Agir pour quoi ? Pour aller où ?

Lorsque nous nous déplaçons, nous devons avoir une direction spécifiée, claire et bien tracée devant nous.

Lorsque nous nous déplaçons, nous devons avoir une direction spécifiée, claire et bien tracée devant nous.

Parmi d’autres nombreuses maladies psychologiques, notre temps est témoin de fréquentes crises d’indécision et de désarroi parmi les gens. Nombreuses sont les personnes qui laissent courir la vie dans une constante inquiétude du fait de ne pas savoir quoi faire, ni comment le faire pour que les résultats soient effectifs.
Il y en a qui, pour fuir ce vide, se lancent dans des activités déterminées, en espérant que ce soit elles qui donnent une finalité à leurs vies. C’est ainsi qu’ils font des études ou d’un travail les sauveurs d’une situation qui trouve sa racine, sans doute aucun, dans le fond de ces mêmes individus. Toute activité pratique est privée de valeur si celui qui la réalise ne connaît pas le motif de ses actions.

Il nous faut toujours nous demander pour quoi et pour aller où. Pour quoi : parce que nous devons connaître la véritable utilité des choses que nous faisons. Rien de ce qui a comme finalité de combler un vide ou une angoisse, sans plus, ne donnera pas les résultats souhaités. Une fois que se termine cette période artificiellement remplie et uniquement pour se fuir soi-même, reviennent l’inquiétude et le désarroi.

On croit s’être trompé de vocation et d’activité, et l’on en cherche une autre pour corriger l’erreur ; peu après, on découvre qu’on se trouve à nouveau dans le même état psychologique. On accusera ceux qui nous enseignent, la société qui ne fait pas de place aux nombreux travaux que nous pourrions faire mais – sans omettre de reconnaître que, dans certains cas, ce peut être vrai – la faute revient presque toujours à celui qui, ne sachant pas pourquoi il fait quelque chose, le fait sans savoir ce qu’il veut obtenir.
Pour quoi ? je veux en savoir plus ? m’améliorer intérieurement ? grandir psychologiquement ? maîtriser une matière pour l’appliquer dans des travaux concrets ? aider les autres ? ou, dans le plus simple des cas, gagner de l’argent ? acheter des objets dont j’ai besoin ? pouvoir voyager… ?
Pour quoi ? cette question ne peut manquer, mais la réponse ne peut pas manquer non plus, à condition que ce ne soit pas « pour occuper le temps ». La finalité de nos œuvres doit être pratique, applicable, avoir un sens qui puisse combler des vides et des besoins dans le monde et en nous-mêmes.
Pour aller où : lorsque nous nous déplaçons, nous devons avoir une direction spécifiée, claire et bien tracée devant nous. Le « pour quoi » nous donne une finalité, et le « pour aller où » nous indique les pas à parcourir  et le sens dans lequel il faudra les parcourir pour qu’ils nous conduisent vers le but proposé. Sans direction, nos actes courent le risque de se diluer dans un vide de l’espace et du temps, tout en augmentant l’angoisse lorsque nous constatons que nous ne pouvons pas parvenir à des objectifs concrets.
Qui dit « pour aller où » établit aussi les moyens d’arriver, parce que connaître le point final donne l’habileté nécessaire pour obtenir les outils adéquats.

Extrait du livre, Que hacemos con el corazon y la mente (Que faisons-nous avec le cœur et le mental), publié en Espagne.
Traduit de l’espagnol par Marie-Françoise Touret
N.D.L.R. Le chapeau et les intertitres ont été rajoutés pas la rédaction
Par Délia STEINBERG GUZMAN