Critiques et bons exemples

L’auteur s’interroge sur la critique et ses conséquences. Plutôt que de critiquer, mettons-nous en action.

Bien qu’ils soient nombreux – et en de nombreuses occasions – ceux qui ont parlé des critiques constructives et des critiques destructives, nous osons manifester notre désaccord à ce sujet car l’expérience quotidienne nous montre que les critiques sont toujours destructives. Et ce n’est pas la faute de la critique en tant que démarche rationnelle mais celle des personnes qui agissent sous l’impulsion de leurs émotions subjectives, plutôt que guidées par la raison et le bon sens.

Nous vivons dans un monde qu’on a maquillé de certitudes et d’assurance mais la contrepartie se joue dans les profondeurs de chaque être humain, où se manifeste de manière plus ou moins explicite l’insécurité, le doute et la peur. Le potentiel d’action et de création est notablement réduit ; la capacité de comprendre et de surmonter les problèmes se voit amoindrie par l’ignorance qui existe dans ces domaines. Et c’est ainsi que l’homme se protège, en camouflant également ses craintes et son incapacité sous la forme de critiques. D’une manière générale, tout est objet de critique, et destructive à coup sûr car, pires sont les autres, mieux se sent celui qui se défend inconsciemment en cachant ses propres défauts. Celui qui critique est automatiquement celui qui sait, celui qui, bien entendu, peut faire les choses mieux que les autres et celui qui a les solutions à tous les problèmes.

L’attitude critique destructive

Celui qui critique ne se préoccupe jamais de chercher quoi que ce soit de bien en rien ni en personne, il n’excuse aucune erreur ni ne pardonne la moindre faute ; celui qui critique est donc celui qui se croit en possession de toute la vérité et qui se considère exempt de toute erreur. Tout au plus gardera-t-il ses éloges – plus ou moins poussés selon les besoins – pour la personne, le groupe ou la structure sociopolitique dans laquelle il se sent protégé. Celui qui critique, dans tous les cas, se garde de bien de mettre en pratique ses idées car il n’y a rien de mieux que la mise en action pour démontrer qu’il pourrait également être l’objet de critiques semblables ou pires que celles qu’il a formulées. La critique engendre des critiques ; de la mauvaise volonté ne naît que de la mauvaise volonté.

Sans que ce qui vient d’être exposé veuille dire fermer les yeux, les oreilles et la bouche en laissant passer tout ce qui est honorablement considéré comme erroné, nous croyons qu’il y a manière et manière de signaler des erreurs et manière et manière d’exercer l’esprit critique à son propre égard, à la recherche d’un perfectionnement qui au moins cautionne cette critique.

Au-delà des tromperies délibérées envers ceux que nous voyons soumis au cadre diabolique de vie actuel que nous menons, ce qui est certain est qu’il continue à exister des êtres de bonne volonté dans le monde. Ce qui est certain est qu’il n’y a rien de plus beau que de reconnaître les réussites de ces êtres et de les encourager. Et ce qui est certain aussi est que, si nous ne trouvons rien qui vaille la peine, il n’y a pas de critique plus constructive que de se mettre au travail dans ce que nous croyons bon et possible.

Par Délia STEINBERG GUZMAN

Présidente internationale de l’association Nouvelle Acropole

Traduit de l’espagnol par M.F. Touret

N.D.L.R. : le chapeau et l’intertitre ont été rajoutés par la rédaction

Celui qui critique ne se préoccupe jamais de chercher quoi que ce soit de bien en rien ni en personne

Celui qui critique ne se préoccupe jamais de chercher quoi que ce soit de bien en rien ni en personne