Comment ils sont faits, les gens ?  

Chacun connaît le précepte, inscrit sur le fronton du temple de Delphes dans la Grèce antique et dont se réclamait Socrate : « Connais-toi toi-même ».
Convaincus par l’expérience que l’enfant est apte à comprendre tout ce que l’adulte est capable d’exprimer dans un langage qui lui soit accessible, nous pensons que dès le plus jeune âge, il lui est possible et profitable d’être mis face à cette invitation.

La fête de la Terre a pour but de aire vivre aux enfants le fait d'avoir une partie terrestre et une partie céleste.

La fête de la Terre a pour but de faire vivre aux enfants le fait d’avoir une partie terrestre et une partie céleste.

Dans un premier temps, nous présentons ci-dessous, à titre indicatif, la première étape que nous avons expérimentée avec des enfants, pour leur permettre de faire progressivement connaissance de la manière dont ils sont constitués en tant qu’êtres humains. (1)

 La fête de la Terre

 L’objectif était de faire vivre aux enfants, de manière symbolique – sans aucune explication – le fait que nous avons en nous une partie terrestre et une partie céleste ou divine.
Dans un premier temps, le texte, Comment sont nés les Hommes, a été lu à tous les enfants présents, de 2 ans 1/2 à 7 ans 1/2. Le lendemain, après une reformulation de ce dernier, un deuxième texte, C’est quoi, Dieu ?  a été lu aux plus grands, à partir de 5 ans. (1)

 La fête elle-même

Une première partie a permis de mettre les enfants en contact avec l’élément Terre à travers les cinq sens et la préparation d’une offrande à la Terre : chacun a modelé à son gré un morceau d’argile pour lui donner une forme.
La deuxième partie, le moment ritualisé proprement dit, les a mis en contact avec la planète. Un espace qualifié a été délimité par les parents, chantant en boucle la phrase suivante : « La Terre accueille l’Esprit, qui lui donne la vie ». Le centre est occupé par une grosse sphère d’argile (sphère de polystyrène recouverte d’argile), représentant  la Terre.

Les enfants arrivent, 2 par 2, se tenant par la main, sur un chemin délimité par des pierres blanches, conduits par le maître de cérémonie. Chacun dépose son offrande au pied de la Terre puis va se placer devant un de ses parents. Individuellement, à l’appel de son nom, chacun trempe ses mains dans l’eau, nourrit et lisse la Terre. Une petite terre en argile lui est alors remise avant qu’il regagne sa place.
Spontanément, après que tous sont passés, ils se dirigent ensemble vers la grande Terre, versent de l’eau dessus avec leurs mains et la caressent. Puis, la responsable du séjour et les animateurs du rite embrassent la terre et on finit par une ronde alternant enfants et adultes sur le même chant, plus enlevé.

L’impact sur les enfants

L’impact du texte, C’est quoi Dieu, (dont la lecture a été préparée à l’avance par des jeux sur ce qui est plus près, plus loin, plus grand, plus petit, etc.) peut être apprécié par les deux questions qui ont fusé, immédiatement à la fin du texte, de la bouche d’un enfant de 7 ans, par l’intensité de son regard et de sa voix, à l’adresse de l’adulte qui a fait la lecture : « Tu es son enfant ? – Oui. – Je suis son enfant ? – Oui. »

Les enfants, sauf les plus grands, n’ont pas compris grand chose (ils l’ont dit eux-mêmes) au texte, Comment sont nés les hommes, ce à quoi nous leur avons répondu que cela n’avait pas d’importance, mais ils ont été marqués par ce qui y est dit de l’étincelle, y compris les  plus petits. Ils ont fait des remarques ou posé des questions le jour suivant. (Ex. « L’étincelle, est-ce qu’elle est branchée ? » (3 ans 1/2) ou « L’étincelle, elle ne nous brûle pas ? » (7 ans)
Or, dans la petite terre qu’on leur a remise était cachée un grosse perle de verre à facettes (représentant respectivement leur personnalité et leur âme sans qu’ils en sachent rien).

Le premier à découvrir la perle de verre à l’intérieur de sa boule de terre l’a fait dans la voiture pendant le voyage de retour chez lui. Du coup, son petit frère, dans sa hâte de découvrir s’il en avait une aussi, s’est fait mal aux doigts avec l’argile. Quelques semaines plus tard, deux frères (7 ans et presque 4 ans), en voulant planter des graines dans la leur, l’ont cassée. Ils ont téléphoné à la responsable du séjour : « On a trouvé un diamant dans notre boule, dit le plus grand. C’est l’étincelle ? – Oui. – Est-ce que tu le savais ? – Oui, mais chacun doit la découvrir tout seul. » Le soir, ils se sont couchés avec et le plus petit a dit qu’il voulait la protéger des voleurs.
Le plus jeune participant du week-end en âge de parler (2 ans et demi), quand il a découvert la perle quelques mois plus tard, sa boule s’étant cassée parce qu’il la faisait rouler, s’est écrié : « Cadeau ! Cadeau ! » Un autre (5 ans) a dit que c’était son trésor et l’a mis dans une boîte spéciale. Une fillette, qui avait alors 6 ans et dont la boule est restée rangée dans un coin de sa chambre, n’a toujours pas trouvé ce qu’elle recèle.
Depuis, à l’occasion, l’un ou l’autre fait allusion à l’étincelle, par exemple, lors d’une mort.

Tous les jeunes participants à ce week-end savent qu’ils ont en eux une étincelle divine, un morceau de ciel. (2)

(1) Dans les prochains numéros de notre revue, seront présentées les 2 étapes suivantes
(2) Voir, dans notre revue, les numéros 282 (février 2017), C’est quoi Dieu ? et 283 (mars 2017), Comment sont nés les hommes
par Marie-Françoise TOURET