Carmen

Carmen

Carmen

L’histoire d’une danseuse de flamenco Carmen, tirée de la nouvelle de Prosper Mérimée.

Jamais sans doute la danse n’avait été filmée d’aussi près, filmée dans la fusion des corps et avec une brûlante sensualité.

Le film, datant de 1983, combine la musique de l’opéra de Bizet aux sons enflammés du flamenco et brille par ses chorégraphies éblouissantes. Le chorégraphe Antonio Gades – une légende – joue lui-même le protagoniste aux cotés d’une autre gloire du flamenco, une icône, Cristina Hoyos. À l’image également, le grand guitariste Paco de Lucia.

Antonio trouve dans une école de flamenco la danseuse qui incarnera Carmen dans l’opéra. C’est Laura del Sol. De plus elle s’appelle Carmen dans la vie. Elle en a d’emblée le coté passionné, flamboyant. C’est le visage de la Carmen de l’écrivain français Prosper Mérimée (1808-1870) à la beauté sensuelle et provocante. Au cours des répétitions, elle se heurte à la jalousie de Cristina qui espérait le rôle, mais Antonio s’obstine car il est amoureux de son héroïne. Peu à peu la fiction du ballet se mêle à la réalité de leur amour. Carmen l’ensorceleuse, la femme libre qui n’en fait qu’à sa tête et ne respecte rien ni personne, Laura del Sol l’incarne d’une manière forte, puissante. – «Et si je t’aime, prends garde à toi !»-. Dans un sursaut de fureur et de jalousie, Antonio nous fait douter de son rôle. Est-ce l’opéra ballet, le cinéma, la vie, le tout étant totalement imbriqué ?

Ici les chorégraphies ne sont pas pensées pour être dansées puis filmées, mais elles sont travaillées avec Carlos Saura, qui veut que sa camera collabore à la chorégraphie et ne lui reste pas extérieure. Une scène de répétition est ainsi filmée au niveau des pieds et prend une densité incroyable. L’inévitable miroir de la salle de danse est aussi exploité avec beaucoup de subtilité à la fois par la chorégraphie et la caméra. Le ballet n’est entravé par aucune fioriture, juste le choc des êtres dans une danse qui joue entre la rage et la grâce. Il y a le scénario et chorégraphie : Carlos Saura et Antonio Gades.

Ce film a été réalisé d’après la nouvelle éponyme de Prosper Mérimée, l’opéra de Georges Bizet et la musique flamenco de Paco de Lucia.

Par Lionel TARDIF

Mardi 7 octobre 2014 à 19 

Espace Daniel Sorano 16, rue Charles Pathé – 94 300 Vincennes

Tel : 01 43 74 73 74 – www.espacesorano.com