Calliope, Muse de la poésie épique L’inspiration des héros

L’auteur s’intéresse aux Muses. Après avoir découvert Clio, la Muse de l’Histoire (1), elle évoque aujourd’hui Calliope, muse de la poésie épique. Elle appelle les héros de son chant poétique et inspirant.

Callliope, Muse de la poésie épique.

Callliope, Muse de la poésie épique.

Aujourd’hui, j’ai vu Calliope. Les anciens l’appelaient la Muse de la poésie épique, et ils avaient une bonne raison pour cela. Parce que son nom même conserve le rythme caché des fougueux coursiers, portant sur leur dos d’éminents chevaliers.

Rien de mieux que de laisser apparaître, de temps à autre, ces mystérieuses et lointaines images du passé. Ces visions servent de miroirs qui nous permettent de comparer les reflets de mondes en allés et les lumières actuelles. Bien que j’aie tenté, des milliers de fois, de me répéter qu’il n’est pas forcément certain que « tout temps passé a été meilleur », je ne parviens pas à en trouver une bonne justification.

La force guerrière

Je suis sortie par les rues. J’ai parlé avec les gens. J’ai ouvert des pages et des pages de livres, et je n’ai rencontré Calliope nulle part au jour d’aujourd’hui. J’ai pensé que, possiblement, il existe une autre Calliope, passant inaperçue à mes yeux sous des vêtements modernes. Mais je n’ai pas non plus rencontré ce vieux rythme de coursiers et de chevaliers sous les formes actuelles.

Ce fut alors que je levai les yeux et, parmi les nuages colorés de l’imagination, j’ai vu Calliope. Son visage serein et ferme porte l’expression de la force guerrière, la vaillance de la confiance intérieure, la transparence d’une âme illuminée par le courage. Sa voix… émet un son de trompettes d’airain, chantant le passage des héros. Ses yeux sont des soleils radieux, où étincelle l’éclat des épées, de tous les écus, de tous les casques de ceux qui ont donné leur vie pour un idéal. Sa tunique flotte au vent, agitée par le souffle que produisent les montures des paladins de la justice, par ceux qui parcourent le monde en tentant de faire prévaloir la lumière sur l’obscurité

J’ai vu en Calliope les walkyries elles-mêmes, sauvant les guerriers sur les champs de bataille.

J’ai vu en Calliope les walkyries elles-mêmes, sauvant les guerriers sur les champs de bataille.

Ses formes se diversifient en multiples facettes. Soudain, j’ai vu en elle les Walkyries elles-mêmes, sauvant les guerriers sur les champs de bataille. Je l’ai vue sous la forme d’un batelier, émettant des sons doux et magiques au rythme de ses rames, tandis qu’il transportait les âmes victorieuses à travers le Styx. Je l’ai vue comme un ange puissant, appelant par ses sons poétiques tous les êtres endormis dans le marasme de la matière.

La muse des chevaliers

Ah ! les anciens chevaliers… Sans doute est-il certain qu’ils avaient aussi leurs défauts ; mais ils sont si loin dans le temps… Sans doute est-il certain qu’ils sentaient et pensaient presque comme les hommes d’aujourd’hui… Mais il y avait en eux quelque chose de différent : une étincelle de beauté, une goutte d’harmonie, une dose de noblesse, une somme de courage et de vaillance, une part d’ambition et de puissance et une aptitude infinie au sacrifice. C’est pourquoi les anciens chevaliers avaient une muse qui chantait pour eux du haut du ciel, alors qu’aujourd’hui seules crissent les pierres du chemin au passage d’un homme triste et aboulique, consommateur et étiolé, dénué d’imagination, de poésie, d’intrépidité et de bravoure.

La muse de la poésie

Les anciens chevaliers avaient une muse qui chantait pour eux du haut du ciel.

Les anciens chevaliers avaient une muse qui chantait pour eux du haut du ciel.

Aujourd’hui, j’ai vu Calliope mais plus que la voir, je l’ai écoutée. J’ai pu entendre le rythme vibrant de son poème fait vie. J’ai pu sentir sa puissante énergie me parcourir toute entière, invitant à sortir de la triste prison du temps, pour affronter, de façon chevaleresque, les périls de la vie.

L’absence de poésie ne m’a plus attristée ; la rime imbécile des mots les plus laids ne m’a plus fait souffrir. Le parcours quotidien de l’existence ne m’a plus paru lassant. Calliope était là, chantant des mots de victoires, des mots sublimes d’élan spirituel.
Comme j’avais mal vu au début ! Je croyais que c’était mon imagination qui avait dessiné les traits fins de la muse ; mais, néanmoins, elle était là, plus splendide que ma pauvre image, plus forte que mes mots, plus auguste que tous les hommes ensemble, rimant de sa voix claironnante le triomphe divin de ceux qui, par honneur, ont su chevaucher sur les ailes du destin inexorable.

Entendez-la : elle continue à appeler les hommes. Sa rime est infinie comme le temps… Elle chante la vertu et la beauté… Y a-t-il quelqu’un qui veuille m’accompagner jusqu’à son royaume ?

(1) Lire l’article de l’auteur, Clio, Muse de l’histoire, paru dans la revue Acropolis N°293 (Février 2018)
Traduit de l’espagnol par M.F. Touret
N.D.L.R. : Le titre, le chapeau et les intertitres ont été rajoutés par la rédaction
Par Délia STEINBERG GUZMAN

 

20e édition du Printemps des Poètes

Printemps des Poètes

Printemps des Poètes

Du 3 au 19 mars 2018, aura lieu la vingtième édition du Printemps des Poètes sur le thème de l’Ardeur.
Imaginé à l’initiative de Jack Lang, et créé à Paris en 1999 par Emmanuel Hoog et André Velter, Le Printemps des Poètes est vite devenu une manifestation d’ampleur nationale. La voix des poètes s’est propagée en France et à l’étranger et s’adresse aux poètes, éditeurs, enseignants, élèves, bibliothécaires, chanteurs, comédiens, musiciens, lecteurs…
Ce sont près de 15.000 initiatives — lectures, rencontres, spectacles, expositions… — qui fleurissent en mars, en France et à l’étranger, auxquelles 65 pays participent chaque année.

Le thème l’Ardeur, rappelle l’allant, la passion, la vigueur, la fougue, l’emportement. Un vocable vaste et généreux qui, à lui seul, condense l’élan et l’inspiration poétiques, le souffle de la Poésie.
L’affiche représente un être ailé : un homme ? une femme ? une chimère ? Zélos, le dieu grec du zèle et de l’ardeur, frère méconnu de Niké, la Victoire ?

 

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